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me M tous les symptomes de mon mal, ayant dit à mon infirmier que le lendemain matin l’accès me reprendroit
le heure, je répondis que j’étois quitte de ma ..vre et qu’elle ne reviendroit plus. Je m’assurois sur la parole que m’avoient donné quelques uns de nos frères novices, Comme à l’occasion de la fête ils devoient visiter l’église de St, Pierre, ils m’avoient promis de demander ma santé au grand apotre, Mon espérance ne fut pas vaine, le médecin revenu après l’heure marquée me trouva sans fièvre et je n’eus plus besoin de lui.
Cependant un Marquis nous fondoit à Florence
maison de noviciat , où je fus envoyé avec trois a. :S novices,six mois aprèsmon entrée dans la Compagnie ( : 2mbre 1632). Je trouvai là un Recteur avec qui j'eus bien plus d'ouverture de cœur qu'avec mon recteur de Rome. Celui ci me paroissoit trop grave et trop sévere au lieu que celui-là avoit une affabilité et une douceur charmante : tant il est vrai que les saints n’ont pas tous un même caractère de grace et de vertu.
Une des premières choses que je demandai à ce second maitre de novices, fut qu’en punition de mon orgueil, il m’interrogeat en public de la qualité de mes parents , de ma venue en ltalie et des emplois que j'avois exercés. Je prétendois par là expier en quelque manière mes fautes et nommément les menson-
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ANT à Pre ges que j'avois débité pour cacher la bassesse de mon extraction, Il m’accorda ma demande , et un jour que tout le noviciat étoit assemblé, il m’interrogea sur tous ces articles. Dieu me fit la grace de pratiquer l’humiliation qu'il m’avoit inspiré et je déclarai publiquement qui j’étois , comment et pourquoi j’avois quitté la France et quelles avoient été mes aventures en ltalie. Ce saint hmme ajouta à cet aveu que je m'étois proposé de faire un autre acte de mortification auquel je ne w’attendois pas. Il me dit: de chanter une chanson de mon village et pour cela il me fit monter sur un coffre, comme sur un théatre. Je me mis aussitôt en devoir d’obéir, mais la musique ne fut pas longue : ma memoire ne me fournissant qu'un air de la guimbarde , je Pentonnai. Des le premier couplet , le père m’arresta , en s’écriant : € Fi! la ridicule chanson! si vous n’en savez pas de meilleure , n’en chantez jamais plus. » Ce bon père ne voulant pas me permettre de me confesser à lui géné- ‘alement de toute ma vie, parce qu’à mon entrée au noviciat j'avois fait une confession générale, je le priai de me permettre que je lui donnasse mes péchés par écrit. Il reçut à la vérité le catalogue que j’en avois fait et que je lui donnai afin qu’en connaissant mes crimes il connut à quel vice j'étois plus enclin et de quelles pénitences et mortifications j'avois plus besoin, mais il ne voulut point lire mon papier.
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