‹ Le père Pierre Chaumonot de la Compagnie de Jésus [microforme]Chapitre 28 sur 62 · PE TN · texte numérisé non relu

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auprès de mes chers Hurons qui étoient lors en deça de Beauport , sur nos terres de Notre Dame des Neiges, à une petite lieue de Québec. Mais il fallut bientôt les replacer ailleurs , où ils fussent encore plus commodement. On leur fit donc faire de grands et beaux champs à la côte de St. Michel; les françois abattant les arbres dont ils vendoient le bois à Québec, qui n’en est qu'à cinq quarts de lieue , et les sauvages nettoyant la terre, qui leur a, sept années durant , apporté d’excellent blé d'Inde.

D'abord nous n’eûmes là pour chapelle qu’une cabane d’écorce , et encore étoit-elle trop petite pour contenir les François et les Hurons ensemble. C’est pourquoi Mgr l’'Evêque me permit de dire deux messes tous les dimanches et toutes les fêtes , jusqu’à ce que nous eussions une église plus grande. Voici comment elle fut bâtie sous le nom de Notre-Dame de Foye.

Le père de Vérencourt , Jésuite , m’ayant envoyé d'Europe une vierge faite du bois même du chêne où l’on avoit trouvé la miraculeuse Notre-Dame de Foye, près de Dinan, je formai le dessein de bâtir sous le même nom de Notre-Dame de Foye une chapelle à la Sainte Vierge. Mais comme ce que

- j'avois d’aumônes pour ma mission , et ce que notre maison de Québec m'ofiroit de secours n’étoit pas

encore assez pour l'exécution de mon entreprise,

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j'invitai les François des environs à y contribuer aussi de leur travail. Ils le firent volontiers et par dévotion à la Vierge et pour leur propre corimodité, Ainsi pendant l’hyver , ils préparèrent tout le bois de la charpente, et l’apportèrent sur le lieu. Ensuite je fis travailler à cet édifice avec tant de diligence, qu’en peu de mais il fut en état. On commença aussitôt à y avoir de la dévotion , laquelle s’augmenta extrêmement par les miracles que la Sainte Vierge a bien voulu y opérer. Je n’en marquerai ici que deux : Le premier fut accordé par la Mère de Dieu à un soldat qui tomboit du haut mal. Il fit vœu de venir, neuf jours durant, en pélérinage à notre chapelle, et à chaque fois qu’il s’y rendit , il sentit son mal diminuer , de cette sorte que les derniers jours il n’avoit plus que de petits frémissements au bout des doigts, aux heures de son accès, et même ils le quittèrent tout à fait à la fin de sa neuvaine.

Le second Miracle dont je parlerai ici, se fit en faveur d’uneFrançoise, habitante de la côteSt. Michel etnommée la Dasné. Il y avoit huit jours qu’elle étoit en travail d'enfant , désespérée de tout le monde , et ne pensant plus qu'à se préparer à la mort. J'y fus appelé pour l’y disposer. Après l'avoir confessée, je lui conseillai de faire un vœu à N. D. de Foye, et d’en mettre sur son sein l’image que je lui prétai : qu'elie n’eut pas plutôt fait qu’elle accoucha heureu-

| | | hi is — 10 — | Le. sement d’un garçon, qui vit, qui se porte bien , qui est fort et robuste. Ces merveilles et plusieurs autres { [88 excitérent la dévotion et la libéralité même des fidèles qui, ne se contentant pas de faire des vœux à la 1 i mère de Dieu dans sa nouvelle maison , contribuoient 1 à l’achever,, à l’embellir et à l’orner par leurs offranï des.

Ë | Nous crûmes que nous devions remercier le P. de Vérencourt de nous avoir envoyé une N. D. de Foye. Pour cela je lui fis faire un collier de porcelaine blan- | che et noire où étoient ces paroles : Beata quæ credi- | disti : le fond du collier estant de porcelaine blanche, et les lettres de noire. Nous prions le P. de le présenter de la part des Hurons, à l’originaire de N. D. à de Foye , près de Dinan. Les Jésuites qui ont là un 4 | collége , se servirent de cette occasion pour exciter 14! 1 de plus en plus le monde au culte et à l'amour de la 4 HT Sainte Vierge. Ils firent done faire un char où le col- : | lier et quelques autres ouvrages des Hurons étoient (1 portés comme en triomphe et soutenus par deux hom- | mes couverts de peaux d'ours pour représenter nos | | sauvages qui faisoient ce présent. Ce char étoit traîné 4 Fi par quatre chevaux et escorté par une troupe d’éco- 3 | liers forts lestes et bien montés. Une autre quadrille 4 de leurs compagnons , qui ne leur cédoit en rien, 4 fl leur vinrent à la rencontre, à quelque cent pas de 4 l'Eglise, et tous ensemble firent plusieurs décharges. 4

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