VIE DU P. PIERRE CHAUMONOT
C’est ici que finit le récit que le P. Chaumonot lui-même a écrit de sa vie jusqu’en 1688, et auquel il ajoute encore des choses assez considérables, soit de sa manière d’oraison, soit des vertus de quelques sauvages dont il a eu soin ; mais pour ne pas interrompre l’abrégé de son histoire , nous ne mettrons qu’à la fin ce qui regarde ses vertus et celles de ses néophytes. Avant même de continuer cette narration qui doit contenir ce qu’il y a eu de plus remarquable dans les dernières années de sa vie, nous avertirons ici, que, pour suppléer à ce que le Père, en parlant de lui-même, a, ou omis tout à fait, ou touché en peu de mots, on peut consulter soit l'Histoire du Canada, par le Père du Creux, soit les Relations de la Nouvelle- France imprimées ou manuscrites.
Depuis l’année 1639, il a eu bonne part à tout ce qui s’est fait de bien dans le Nouveau-Monde, nommément dans les missions huronnes. Parexemple
on verra, dans le P. du Creux (p. 257), comment le M. | $
Er
Co ——— mn
ET
22 de juillet 1639, le P. Chaumonot fut par miracle préservé d’un naufrage funeste, où il auroit péri en pleine mer avec les PP. Vimont et Poncet, avec trois mères Hospitalières, trois Ursulines et Madame de la Peletrie. Cette dame venoit fonder le couvent des Ursulines de Québec, et les hospitalières , envoyées par Madame la duchesse d’Aiguillon, leur fondatrice, venoient aussi s'établir en Canada.
On verra dans le même historien (pp. 425, 438). avec quel succès il a travaillé chez les Hurons, puisque le néophyte dont la foi est comparée par le Père du Creux à celles de Saint Louis, étoit disciple du P. Chaumonot, ainsi que nous le déclarons plus bas.
On y verra aussi qu'il a souflert les mêmes maux, couru les mêmes dangers, exercé les mêmes emplois et eu du moins la même part aux nombreuses conversions des Hurons que nos autres missionnoires, dont il est parlé dans le même auteur (pp. 492, 523, 583, ete), C’est lui pareillement à qui appartient ce qui est dit dans la page 527, où il esl rapporté que le P. Antoine Daniel, après son martyre, apparut à un des nôtres avec qui il avoit passé quelques
années dans une grande union.
Le P. Chaumonot nous a quelquefois raconté, à la gloire de cet illustre confesseur de J.-C., qu’il s’étoit fait voir à lui dans la gloire, à l’âge d'environ trente ans, quoiqu'il en eut près de cinquante, et
acle péri \vec ame vent enfon-
puis- Père le du ; bas.
maux, nplois CONaires, (pp: 492, apparpporté appaielques
nté, à
mn ., qu il environ nte, et
avec les autres circonstances qui se trouvent là. Il y ajoutoit seulement qu’à la vue de ce bienheureux tant de choses lui vinrent à lesprit pour les lui demander, qu'il ne savoit par où commencer son entretien avec ce cher défant, Enfin, lui dit-il : « Apprenez-moi, mon Père, ce que je dois faire pour être bien agréable à Dieu. » « Jamais », répondit le martyr, «ne perdez le souvenir de vos péchés. » Cest ce que le P. Chaumonot à observé depuis, très-fidèlement, puisqu'il ne trouvoit point d'occasion de se confesser pour la première fois à quelque prêtre que ce fut, qu’il ne lui déclarät tous les plus gros péchés de sa vie. Et même tous les jours, il ajoutoit à l'accusation de ses nouvelles fautes la confession de quelques-uns des péchés qu’il avoit cominis avant son entrée en religion.
Son confesseur ayanteu crainte une fois qu’il ne fit cela par scrupule, il lui répondit :« Mon Pere, je ne suis point scrupuleux, grâces à Dieu ! mais je ne me confesse jamais de ce qu'il y a de plus criminel et de plus humiliant dans ma vie, que je ne ressente sur-le-champ un sure 1 de grâces, de paix et de consolations dans mon âme : aussi ai-je encore autant de répugnance et de peine à faire ces sortes d’aveux de mes péchés et de mes misères, que la première fois que je m’en suis confessé, » Voilà sans doute bien profiter des visites des gens de Pautre monde |
intre ces visites on ne doit pas oublier que lors qu’il demeuroit dans notre maison de Sainte-Marie, au pays des Hurons, Saint Ignace lui apparut la nuit durant son sommeil : « Notre cher Père », lui dit-il, « quel sujet vous amène ici? » « J’y suis venu », répartit le Saint, « pour emmener au ciel deux de « mes enfants. » C’étoient deux de nos domestiques, qui s’étoient donnés à nous et consacrés pour toujours au service de nos missions. Il n’y avoit que deux jours qu’ils avoient été tués, l’un par un traitre huron et l’autre par un de ses amis qui ne pensoit à rien moins. Nos autres serviteurs à qui le Supérieur jugea qu’on devoit faire part de cette apparition, ne furent pas peu encouragés à s’exposer avec nous, en considérant que saint Ignace les regardoit aussi comme ses enfans.
C’est le même père Chaumonot qui a eu après Dieu la meilleure part à tout le bien qui est dit des Hurons dans le livre neuvième du père du Creux (depuis la page 716 jusqu’à la 725), où l’on voit en vérité une fidèle image de l'église primitive et où l’on donne à ce digne missionnaire le nom de Héchon. Ce mot signifie un arbre qui, quoique petit, est d’une très-grande utilité parmi les sauvages , même pour des remèdes ou des médecines. Le premier Jésuite qu’on a nommé Héchon, a été le trèsillustre père Jean de Brebeuf, auquel le père Chau-
RE DNS Sc De à
lors rie, nuit it-il, u », x de ques, tou- IL que raitre soit à érieur nn, ne nous, t aussi
après dit des
Creux
roit en e et où de Hée petit, vages , Le prele très-
Chau-
UT monot ayant succédé, il a pris jusqu’au même nom : car c’est la coutume de nos barbares lorsqu'une personne considérable est morte d’en choisir une dans sa parenté, où même d’en adopter une autre, pour la réprésenter, non-seulement en prenant son nom, mais aussi en entrant dans ses droits, et c’est ce qu'ils appellent d'ordinaire ressusciter un mort. Voyez encore"le livre dixième du père du Creux (depuis la page 748 jusqu’à la 794, et les Relations de la Nouvelle-France, depuis l'année 1655 jusqu’en l’année 1657 inclusivement), et vous trouverez qu’il a préché en apôtre l'Évangile aux Cinq Nations Iroquoises assemblées dans des Conseils publics, qui sont comme leur États Généraux (1). Vous trouve-
(4) Pour donner une idée de la manière dont le P. Chaumonot annonçait l'Évangile aux pauvres sauvages, nous transcrirons la courte allocution qu’il adressa aux cinq nations iroquoises réunies, pour traiter de la paix avec les Français et recevoir leurs présents.
Avant que le P. Chaumonot donnât l'explication des présents, « tous nos Peres et nos François 5e jetterent à genoux, mirent bas leurs chapeaux, et ioignirent les mains, entonnant à haute voix le Veni Creator tout au long; ce qui surprit et rauit toute l’assistance, à laquelle nous fismes entendre que nous ne traitions d’aucune affaire importante, sans demander auparauant le secours de l'Esprit qui regit tout l’vniuers.
« Le Père Ioseph Chaumonotse leuanten suitte, expliqua huit ou dix presens faits pour adoucir les regrets de la mort de plusieurs capitaines, et pour faire reuiure dans la Foy de leurs enfants et de leurs amis quelques braues Chrestiens et Chrestiennes passées
hs D Le rez qu'il a convaincu ces barbares de la vérité et de À la sainteté de notre religion. Vous trouverez qu'il y 1! a fait un bon nombre de conversionset de baptêmes : | qu'il y a travaillé avec un zèle infatigable et qu'il y a souflert avec une constante intrépidité °s persécutions fréquentes qui l'ont mis plusieurs fois en danger de sa vie.
ti Comine il possédoit en perfection les langues sau- 1418 vages, nommément le Huron et lOnnontagué , il a | presque toujours eu le principal soin des missions
ir depuis peu de la terre au ciel. Il ioignit les Algonquins et les Hu- 4 } ’ Ù rons dans ses presens, pour ne faire qu’vn cœur et vn peuple auec
« Enfin le Pere prenant vn ton de voix plus éleué et animant
L: sa parolle, s’écria : Ce n’est point pour le commerce que vous
|:1 nous voiés paroistre dans vostre pays,nos pretentions sont bien plus À releuées : vos pelleteries sont trop peu de chose pour nous faire
1 entreprendre vn si long voiage auec tant de trauaux et tant de |