‹ Le père Pierre Chaumonot de la Compagnie de Jésus [microforme]Chapitre 33 sur 62 · MES · texte numérisé non relu

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N’étant revenu des Iroquois qu’en 1657, il eut encore près de cinq ans de suite , le soin de la mission huronne refugiée à Québec et aux environs, ainsi qu’il est rapporté dans les relations de ce tems là. Ensuite en 1662, il fut envoyé à Montréal d’où étant revenu vers l'automne de 1663 il passa encore une année ou environ à Québec , soit à diriger des personnes françoises , soit à cultiver ses pauvres sauvages , jusqu’à ce qu'il allast en 1664 avec les Cinq Compagnies de soldats qu’on envoyoit en garnison au fort de Richelieu. Il eut beaucoup à souffrir dans cette mission militaire , mais il prit avec tant d'égalité, de patience et de douceur les croix qui lui arrivoient et qu'il se procuroit lui-même , que les officiers et les soldats eurent bientôt de l'admiration pour un homme qu’ils voyoient dans un continuel exercice de mortification, de charité et d’oraison. Il en fit presque tout ce qu’il voulut, en les portant à mener ane vie reglée et chrétienne , à renoncer aux juremens et aux blasphèmes , à se conserver en paix les uns avec les autres et à fréquenter les sacrements. Il en gagna même entièrement à Dieu quelques uns qui quitterent tout pour se consacrer au service de Notre Seigneur.

Le père Chaumonot passa dans cet emploi deux ans environ, puis il reprit ensuite le soin de ses chers Hurons, comme on le peut voir üans les

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Relations du Canada , soit imprimées où manuscrites depuis 1666 jusqu’en 1692 inclusivement, puisqu'il ne quitta que l'automne dernier cette mission qu’il a suivie pendant ces vingt-six années à Beauport, à Notre Dame de Foye, et à Lorette, c’est-à-dire, à une lieue, à une lieue et demie et à trois lieues de Québec. C’est pour cela que dans les Relations on lui donne des noms différents , tels sont ceux de la Mission Huronne auprès de Québec, de la Mission Huronne de l’Annonciation de Notre-Dame, de la Mission de Notre Dame de Foye et de la Mission de Lorette.

Deux raisons obligent les sauvages à changer ainsi de lieu, de tems en tems. La première est que comme ils ne fument point la terre elle n’est plus propre à porter du bled d’inde après six ou sept ans. La seconde est que comme ils brülent beaucoup de bois dans leurs cabanes et qu’ils Py portent sur leurs dos, lorsque la forêt est éloignée de leur bourg, ils la quittent pour s’en aller bâtir ailleurs dans le milieu des bois.

Or la vie que le père Chaumonot a mené durant tout ce tems là et dont plusieurs des nôtres ont éte témoins étoit proprement partagée entre Dieu et le prochain. Dès ‘es deux heures du matin, il se mettoit en prière et faisoit une méditation ou plutôt une contemplation de quatre ou cinq heures au moins :

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