‹ Le péril de la langue françaiseChapitre 100 sur 142 · PERIODE · texte numérisé non relu

PERIODE

lence). « Les temps destinés à cette attente sont dans leur dernier période » (Bossiiet, Hist. univ.^ II, 10).

Dans tous ces cas, le masculin s'explique parfaitement. Période signifie l'ensemble des degrés que parcourt un être dans son développement. Par une espèce de métonymie, le mot a fini par désigner un point de ce développement. L'Académie veut même qu'on dise un long période de temps, pour désigner un temps indéterminé ; mais, pour ce cas, l'usage contraire s'est établi.

Période, comme le grec ;:£p(ooo;, est féminin, quand il signifie, non plus un point, mais un circuit, un cycle parcouru; en astronomie : la période solaire, la période Julienne ; en géologie : la période quaternaire ; en histoire : la période révolutionnaire ; en littérature et en art : une période carrée^ une période musicale, quoiqu'on dise mieux une phrase musicale.

Personnalités, pour : personnages.

Néologisme. On dira donc : les plus hauts personnages, et non, les plus hautes personnalités.

PERSONNIFIER, pour : PERSONNIFIER EN SOI, quand on veut parler de quelqu'un qui a telle qualité, tel défaut.

Personnifier, tout seul, signifie, d'une façon générale, prêter le langage, les actes d'une personne à un être inanimé : Personnifier la nature, la guerre, les faire agir ou parler comme des personnes; il faut donc ajouter en soi, en lui, en elle, etc., si l'on veut exprimer qu'une qualité ou qu'un

13i PERSONNIFIER.

défaut est dans la personne dont on parle : Lamartine personnifie en soi la poésie.

Pichenette, pour : chiquenaude.

Néologisme, peut-être pour pinchenelte (de pincer); mais pinchenelte n'est pas français non plus et serait une prononciation auvergnate {che pour

ce).

Pichorgner, pour : pignocher, manger du j bout des dents et sans appétit.

A cent pics, pour : à cent piques. i

On doit dire : e/re à cent piques au-dessus de i quelqu'un, lui être bien supérieur. Il en est à cent 1 piques, il en est bien loin. La pique, sorte d'arme, i était anciennement une mesure de longueur.

Piquer un phare, pour : avoir un coup de soleil, ou avoir un soleil (au figuré).

Au sens figuré, ces locutions signifient la rou- '. geur qui monte au visage, comme à quelqu'un j qui a eu un coup de soleil. Littré cite piquer un \ phare comme familier. L'Académie n'en parle ■ pas et avec raison. C'est une de ces nombreuses ] et bizarres expressions d'argot, créées pour sur- ; prendre et en imposer, qui souvent n'offrent au- \ cun sens à l'analyse. On ne voit pas ce que peut \ signifier ici le verbe piquer dont le vrai sens est : entamer, percer légèrement, prendre un objet avec une pointe. '

PIRE, pour : PIS. - î

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