‹ Le péril de la langue françaiseChapitre 101 sur 142 · PIRE · texte numérisé non relu

PIRE

On confond souvent pis et pire. Pis (du neutre latin pej'us, comparatif de pejar) s'emploie, à l'exclusion de pire, comme adverbe et comme substantif. 1" Adverbe : // a fait pis (plus mal) que cela; aller de mal en pis (de mal en plus mal); taiit pis, et non, tant pire; un pis-aller. 2'* Substantif : Par crai^ite de pis.

Pire est la forme masculine ou féminine {pejorem) du comparatif latin pejor. Par conséquent il ne peut s'employer que comme adjectif ou comme attribut :

Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un

pire (mal)

Roileau.

« Les femmes sont extrêmes : elles sont meilleures ou pires que les hommes » (La Bruyère).

Pire ne saurait donc jouer le rôle d'adverbe ou de substantif. Cependant, comme exemple du dernier emploi, M. Hatzfeld, dans son Dictionnaire (au mot Pire), cite le vers de Boileau :

Il n'est point de degrés du médiocre au pire.

Art poét., cil. IV.

où pire serait employé substantivement. La citation n'est pas convaincante, si l'on se reporte au contexte :

Il est dans tout autre art des degrés différents.. On peut avec honneur remplir les seconds rangs. Mais dans fart dangereux de rimer et d'écrire, Il n'est point de degrés du médiocre au pire.

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