RÉUSSIR
Puis, comme le mot succès, réussir n'a pas tardé à signifier issue heureuse.
Tout vous a réussi; que Dieu voie et nous jufje. Racine, Athalic II, 7.
RENTRER, pour : ENTRER.
Un étranger entre chez quelqu'un pour faire une visite. Le maître de la maison rentre chez lui. Le verbe rentrer, qui marque la répétition, indique qu'on est sorti d'abord du lieu et que l'on y revient. On tend à confondre entrer et rentrer, comme on a confondu emplir et remplir^ s'éjouir (La Fontaine) et se réjouir, éveiller et réveiller, etc. Les gens du peuple aiment à remplacer, sans rime ni raison, les verbes simples par les verbes à répétition, formés avec le préfixe rc.
Se renvenir, pour : s'en revenir.
Ils s'en revinrent, et non, ils se renvinrent.
Rêver à, pour : rêver de, et réciproquement, Bêver de s'emploie, au sens propre, pour signifier un rêve réel : j'ai rêvé de vous cette nuit. Rêver à, au figuré, pour penser, réfléchir à. Tel est l'avis de Littré et les exemples que cite l'Académie semblent justifier cette distinction. A. Chénier a confondu les deux sens : « Ce bocage où je rêve de lui » {Muazile et Chloé). Mais Boileau a observé la règle : « Je rêvais, en marchant, à un poème » (Discours sur la satire), c On rêve dans l'église à Dieu et à ses affaires » (La Bruyère). « Dans cette solitude on rêve à Dieu » (M'"® de Se vigne). Rêver, au sens actif, s'emploie au propre et au
UKVEH. 151
figuré : « Si nous rêvions toutes les nuits la même chose » (Pascal, Pensées, III). « Rêver (imaginer) quelque accident » (Corneille, Le Menteur^ III, vi):
RÉPARTIE, RÉPARTIR, pour : REPAR TIE, REPARTIR, réplique, répliquer.
// a la repartie prompte. Répartir, c'est partager, distribuer.
Respect, prononcez respé.
Ressembler, prononcez re-sambler. C'est la prononciation des mots qui commencent par ress..., sauf ressusciter ( ré-susciter) et ressuyer (résuyer).
Ressembler quelqu'un, pour : ressembler à quelqu'un.
Ressembler quelqu'un est une vieille construction qui est encore en usage dans le peuple, et qu'on retrouve chez Malherbe, chez Régnier, et chez Bossuet. Régnier parle d'un maussade qui « ressemble un des dieux de ces couteaux de Chine » (Satire X). c Cette majesté infinie... ne ressemble pas les grandeurs humaines » (Bossuel).
Mais déjà alors cette tournure était rare :
Quand sur une personne on prétend se régler. C'est par les beaux côtés qu'il faut lui ressembler. Molière, Les Femmes savantes, I, i.
Aujourd'hui ressembler est considéré comme un verbe neutre et équivaut à être semblable, tandis que jadis on y voyait l'idée de rappeler,