‹ Le péril de la langue françaiseChapitre 118 sur 142 · RIEN MOINS QUE · texte numérisé non relu

RIEN MOINS QUE

Donc rien moins que a parfois un sens positif et affirmatif.

En étudiant encore plus à fond ce dernier cas et les cas analogues, on constate que la négation ne porte pas sur le mot tnen , comme lorsque rien signifie quelque chose et que rien moins que a un sens négatif. La négation composée porte sur toute la partie de phrase : moins que votre bienfaiteur. Or, dire de quelqu'un : il est moins que votre bienfaiteur, c'est affirmer qu'il ne l'est pas du tout : moins étant ici, comme minus en latin, une sorte de négation ; comparez l'expression cela me fait moins que rien. Si, devant la partie négative : moins que votre bienfaiteur, au lieu du verbe affirmatif il est, j'emploie la négation : il n'est pas, ou il n'est rien, la première négation : il n'est rien, détruit la seconde : moins que votre bienfaiteur; cela équivaut à : Je nie qu'il ne soit pas votre bienfaiteur. Ici, comme en latin, deux négations se détruisent et valent une affirmation. Alors il n'est rien moins que votre bienfaiteur équivaut à : il est votre bienfaiteur.

RISQUER DE, pour : AVOIR DES CHAN- GES DE.

Risquer, signifie courir un risque et, par conséquent, un certain danger. On ne dira donc pas : Il risque d'être heureux un jour ; car on a en vue tout le contraire d'un péril. M. Stapfer cite, comme emploi à contresens du verbe risquer, cette phrase de M. Albalat, l'auteur de V Art d'écrire enseigné en vingt leçons : « Daudet risque de demeurer un de nos auteurs les vlus français ». « 0

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