‹ Le péril de la langue françaiseChapitre 123 sur 142 · SI TANT · texte numérisé non relu

SI TANT

On dira : si tant est que (à supposer que) cela soit vrai. Il y a une nuance de doute. Donc le subjonctif est nécessaire.

Simplet, simpliste, pour : simple.

Néologismes : le premier, pour désigner des personnes crédules, naïves; le second, pour signifier un esprit qui n'entend point les subtilités, les détours. Dans les deux cas, les classiques emploient simple. Le contexte, comme il arrive souvent, donne au mot général sa nuance particulière : « Ce ris dédaigneux qu'excitent les person7ies simples (crédules), lorsqu'on leur voit croire des choses impossibles » (Bossuet, Or. fun. d'Anne de Gonzague). « Infectant cette simple (naïve) jeunesse », (Racine, Athalie, II, vu).

SOI-DISANT, pour : PRÉTENDU.

Soi-disant ne peut se rapporter qu'à des personnes; jamais à des choses. C'est le participe du verbe se dire., affirmer ou prétendre que l'on a soi-même telle ou telle qualité. Or, les personnes et non les choses peuvent faire cette action. Des soi-disant savants, des gens qui se disent savants. Au xyii*^ siècle, soi-disant pouvait être adjectif ou substantif : « Quand on revient de chez ces soixières ou soi-disantes (sous-entendu : sorcières) (M"^e de Sévigné).

Mais, parler des soi-disant bienfaits, c'est se servir d'une locution on ne peut plus illogique. Des bienfaits ne se disent pas eux-mêmes bienfaits. II faut dire : les prétendus bienfaits. Pour la même raison, on ne saurait employer soi-

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