SE SUICIDER
sui, de soi, et de caedere, tuer. Le verbe suicide?', s'il existait, signifierait donc, à lui seul, se donner la mort. En le faisant précéder du réfléchi se, on commet un pléonasme absurde. Aussi le Dictionnaire de l'Académie, avec une logique parfaite, ne donne-t-il que le participe substantif : un suicidé, un homme qui s'est tué lui-même.
Au lieu de l'expression incorrecte se suicide)', l'usage classique exige : se donner la mort, se tuer, se détruire, se défaire. « Dire quil était mort d'apoplexie, lorsqti' il était évident qu'il s'était défait lui-même » (Voltaire).
Donner un suif : pour réprimander.
Donner un suif est une expression d'argot, tirée sans doute du langage des marins : Donner un suif à un vaisseau, c'est en enduire la carène d'une préparation où entre du savon. Donner un suif à quelqu'un, serait donc synonyme de donner un savon, que l'Académie cite comme étant populaire, et qui signifie réprimander.
De suite, pour : tout de suite, à l'instant, surle-champ.
De suite, signifie la succession non interrompue : « La Russie a été gouvernée par cinq femmes de suite » (Voltaire). J'ai voyagé vingt jours de suite (sans arrêt). Pour marquer qu'un fait suit un autre fait sans retard, il est nécessaire de préciser et de renforcer de suite, par l'adverbs tout, qui, ici, signifie tout à fait. Au xvii« siècle et au xviii*^, tout de suite se prend quelquefois pour de suite, lorsqu'on veut insister ; mais jamais