S'EN SUIVRE
de suite n'est synonyme de tout de suite, pour marquer le temps. (D'après l'Académie et Littré.)
S'en suivre^ pour : s'ensuivre, en un seul mot.
D'après les meilleurs auteurs, s'ensuivre forme un seul mot, comme s'enfuir. Aussi trouve-t-on chez eux des constructions comme les suivantes : « Quels inconvénients auraient pu s'en ensuivre » (Molière). « D'oii il s'ensuit que la liberté vient toujours de Dieu » (Bossuet, Traité du libre arbitre, 8). « // s'ensuit de là que... » (Bourdaloue, Sermon sur la vraie et la fausse piété, 1).
Si l'on veut éviter cette construction, qui paraît vieillie, on doit dire : D'où il suit que; il suit de là que...
Suppléer quelque chose, pour : suppléer à quelque chose, et réciproquement.
D'après l'Académie, suppléer une chose, c'est simplement ajouter ce qui y manque, c'est la compléter. De là, suppléer une somme d'argent insuffisante, suppléer une lacune, une expression sous-entendue chez un auteur. Suppléer à, c'est réparer, corriger un défaut : Suppléer au nombre par le courage.
Suppléez au peu d'art que le ciel mit en moi.
La Fontaine.
Littré prétend que l'usage contredit cette distinction.
Supporter, pour : porter, dans certaines locutions.
sus. 173
On dira : porter bien le vin, et non, supporter le vin, pouvoir boire beaucoup sans s'enivrer; ce vin porte bien Veau, quand l'eau qu'on y met en diminue peu la force.
Sus, prononcez sa : Courir sus à quelqu'un.
Suspect, prononcez suspé.
Synctactique, pour : syntaxique (Académie).
Remarques syntaxiques, qui se rapportent à la syntaxe. Syntaxique est un dérivé de syntaxe; syn tactique est formé directement sur le grec TJVTa/.Tixoç, mais il n'est pas admis par l'Académie.
Tâcher que et le subjonctif, pour tâcher de et l'infinitif.
Tâcher est un verbe neutre qui s'emploie avec l'infinitif : Tâchez de le contenter, ou, à le contenter; mais, en tant que verbe neutre, il ne peut être suivi du subjonctif. Le subjonctif, dit Littré, (au mot tâcher) constitue un régime direct, et le verbe tâcher n'en prend pas. On ne dira donc pas : Tâchez qu'il soit content, pas plus qu'on ne dirait : Travaillez, appliquez-vous qu'il soit coîitent. Du moment que l'on dit tâcher à; tâchez à ce qu'il soit content serait logique et correct, mais il n'est pas usité.
Nous ne parlons pas de la locution populaire dans tout le midi de la France : Tâchez moyeu qu'il soit content, où moyen forme un pléonasme et une grossière incorrection.
TANT A FAIRE, TANT QU'A FAIRE, TANT QUE FAIRE, pour : A TANT FAIRE.
IWNT. 175
Telle est cette phrase vicieuse de Loti : « Tant qu'à faire, il me semble que ce serait indiqué » {Les Désenchantées). L'Académie donne seulement : Si je faisais tant que d'aller à Rome, je voudrais... Au sujet de/««^ à faire, M. Faguet dit : € C'est un solécisme irréductible à toute syntaxe. Tant qu'à faire et tant que faire ont contre eux qu'ils ne sont pas plus français, qu'ils ne sont pas plus réductibles à une syntaxe quelconque et qu'ils ne sont pas usités.
« La véritable locution est« à tant faire que cfe... » ou * si l'on fait tant que de... ». « Si vous faites tant que d'aller à Bout g -la- Reine, poussez jusqu'à Robinson. ». « ^ tant faire que d'aller à Étampes, on peut pousser jusqu'à Paris ». Tant qu'à faire est évidemment une ellipse gauche et boiteuse de « ^4 tant faire que de... » (Emile Faguet, Inlerm. des chercheurs et curieux, 10 nov. 1900, col. 700).
On dit aussi : à faire tant de : « Quand on fait tant de leur écrire » (M™^ de Sévigné). « A un âge oii les autres radotent, quand ils font tant d'y parvenir » (Saint-Simon).
Il nous semble que « à tant faire », condamné par M. Faguet et dont l'Académie ne parle pas, est une abréviation logique et française de : à tant faire que de... Voxis allez jusqu'à Étampes; à tant faire (sous-entendu : que d'y aller), poussez jusqu'à Paris. Littré, sans citer d'exemple, remarque qu'on peut dire absolument : Puisque vous avez tant fait, il faut continuer.
D'ailleurs, dans l'Intermédiaire du 20 nov. 1906, col. 764, on lit : « J'ai souvent entendu dire, et par