‹ Le péril de la langue françaiseChapitre 132 sur 142 · TOUCHER · texte numérisé non relu

TOUCHER

C'est mettre sa main dans la main d'une personne, en signe de politesse, d'accord, etc. « Touchez-lui dans la main » (Molière, Le Bourgeois gentilhomme, \, v).

En effet, toucher de la main indiquerait simplement qu'on touche quelqu'un avec la main et n'importe où. Toucher la main n'indiquerait qu'un simple attouchement et non la poignée de main.

D'ailleurs l'expression française, au vrai sens du mot, est serrer la main à quelqu'un : c'est la cordiale poignée de main : c Ce vieux capitaine serre la main à son homme » (D'Aubigné, Hist.). Toucher dans la mai7i sent un peu son dégoûté ou son maniéré. A ce propos, Littré avait remarqué que, à Toucher, l'Académie écrivait : Ils se sont touches dans la main, mais qu'à Main elle écrivait : ils se sont touche dans la main. Littré notait que la vraie orthographe était la dernière : « quand il s'agit d'un accord, d'un acquiescement, on ne touche pas quelqu'un dans la main ; on touche à quelqu'un dans la main. Toucher quelqu'un dans la main, c'est lui faire un attouchement dans la main ». En 1878, l'Académie a tenu compte de cette remarque.

Tour de bâton, pour : tour du bâton.

Petits profits illicites et secrets, qu'on tire d'un emploi. L'Académie ne donne pas de pluriel : Cet employé double son traitement avec le tour du bâton. D'après Littré, l'expression est empruntée à l'escrime du bâton. D'après d'autres, ce serait une allusion à la baguette de l'escamoteur. D'où, savoir, connaître le tour du bâton.

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