‹ Le péril de la langue françaiseChapitre 133 sur 142 · TRAC · texte numérisé non relu

TRAC

Avoir le trac, pour : avoir peur. Expression d'argot des théâtres.

Trac est un vieux mot qui signifie l'allure d'un cheval ou la piste des animaux.

TRAINTRAIN, pour : TRANTRAN, dont il est une altération.

Le trantran des affaires, la marche ordinaire, le cours habituel des affaires : « Le trantran du palais » (Saint-Simon). C'est un vieux terme de chasse pour désigner l'air du cor indiquant la direction à suivre. Traintrain a été amené par train.

TRÈS, pour : BEAUCOUP, FORT, dans certaines locutions.

L'adverbe très modifie seulement les adjectifs, les participes et les adverbes : Cet homme est très bo7i, très estimé, très modestement savant.

Très ne peut modifier un verbe, ni un substantif. On dira : Je l'aime beaucoup, fort (fortement) ; mais non pas : Je l'aime très. Avec les substantifs, les locutions comme : J'ai eu très peur, très mal à la tête, sont incorrectes ; il faut employer les adverbes beaucoup, bien, fort, etc. : J'ai eu bien peur, fort mal à la tête.

Cependant on trouve chez nos classiques, quoique l'Académie ne parle pas de cet emploi, l'adverbe très joint à un substantif, dans les cas assez rares où ce substantif est pris adjectivement : Oui, vous êtes sergent, Monsieur, et très servent.

Racine.

Avant Racine, Balzac avait écrit : « Il ne laisse

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