‹ Le péril de la langue françaiseChapitre 25 sur 142 · CAUSER · texte numérisé non relu

CAUSER

me causa longtemps » ; mais la langue de Rousseau n'est pas très pure. Il est genevois et a couru le monde. Au contraire, Voltaire dit : « Le duc d'Orléans daigna un jour causer avec moi. » (Lettre à M""" du Deffand, 13 oct. 1759.) Causer à quelqu'un de la peine signifie lui donner de la peine, du mal; mais causer avec quelqu'un de la peine qu'il a, lui en parler. On ne dira donc pas : Je lui ai causé pendant une heure; mais '.fai causé avec lui pendant une heure. Grâce à cette double construction, les deux sens de causer, produire et s'entretenir, sont absolument tranchés. 11 n'y a pas d'équivoque possible.

Céans, employé à tort pour l'adverbe vieilli léans.

Céans, de çà ici, et ens {intus), désigne l'endroit où l'on est :

Je n'aime point céans tous vos] gens à latin.

Molière, Femmes savantes.

c'est-à-dire Je n'aime point ici. Le maître de céans, c'est le maître de la maison où l'on est, auquel s'opposait le maître de léans {là et ens, de intus) de la maison éloignée où l'on n'est pas. La différence de sens s'est conservée dans le patois lyonnais : Viens céans (viens ici, où je suis) ; va-t'en léans (va-t'en là-bas, où je ne suis pas).

Ceci, pour : cela, et inversement.

Ceci indique un objet rapproché, comme ici, celui-ci; et cela, un objet éloigné, comme /à, celui-

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