COÛTÉ
Cela prouve surtout que nos ancêtres n'étaienj; pas aussi méticuleux que nous sur les questions d'orthographe.
Si couler était un verbe actif, il pourrait, comme le remarque Littré, s'employer au passif. Or, l'on ne saurait dire : Les vingt mille francs qui m'ont été coûtés par cette maison. Coûter vient, en effet, du verbe neutre latin constare, subsister, consister, coûter, qui régit l'ablatif. Qu'on se rappelle la vieille règle de Lliomond : Hic liber constat viginti assibus, « ce livre coûte vingt sous ». Cette expression vingt sous n'a que l'apparence d'un complément direct; elle est, en réalité, un complément indirect équivalant à pour vingt sous. C'est la même construction qu'avec le verbe vendre : J'ai vendu ce livre vingt sous, où //rre est le complément direct et l'expression vingt sous équivaut à pour vingt sous, qu'on emploie également et correctement.
Par conséquent dans : Les vingt mille francs que cette maison m'a coûté, et dans les phrases analogues, que n'est pas plus complément direct que dans : Les vingt mille francs que (pour les quels) j'ai vendu cette maison; les années que (pendant lesquelles) j'ai vécu avec vous; « Je vendrai mes grains à Noël prochain aux prix qu' (auquel) ils se trouveront •», (M™« de Sévigné 22 nov. 1692) ;
Me voyait-il de l'œil qu'il me voit aujourd'hui?
Racine, Andromcu/itc, II, i.
Qu'il me voit, pour : avec lequel il me voit, ou dont il me voit.