‹ Le péril de la langue françaiseChapitre 46 sur 142 · DESCENDRE · texte numérisé non relu

DESCENDRE

Pourquoi pas les autres? Dans le cas qui nous occupe, affectation, affecter sont admis par l'Académie; désaffectation, désaffecter sont dans la logique et dans le génie de la langue.

Descendre en bas, pour : descendre.

Pléonasme très fréquent : on descend forcément en bas. Ce sont également des pléonasmes vicieux que les expressions monter en haut, rentrer dedans, sortir dehors, unir ensemble, etc.

Déveine, pour : mauvaise chance. Néologisme.

Déverser le blâme sur quelqu'un, pour : verser le blâme, Tinjure, etc.

Déverser se dit, activement, au sens de faire couler des eaux d'un lieu dans un autre. Au figuré, on ne voit pas la justesse de l'image déverser le blâme.

Devineuse, pour: devineresse, quand il s'agit d'une sorcière.

Devineuse désigne soit une somnambule, soit une personne qui devine des charades ou qui prévoit un événement par conjecture.

Autrefois on confondait devine, devineuse, devineresse. On trouve devine dans La Fontaine.

DÉVISAGER, pour : regarder attentivement.

Dans ce sens, dévisager est un néologisme mal fait et pourtant admis par l'Académie, en 1878.

56 DEVISAGER.

Il est vrai qu'elle le donne comme popiilaire. Chez les classiques, dévisager signifie déchirer, abîmer le visage à quelqu'un, le défigurer.

... Ces prudes sauvages Dont V honneur est armé de griffes et de dents Et veut au moindre mot dévisager les gens.

Molière, Tartufe,

Le suffixe dé indique plutôt que l'on défaitquelque chose, comme dans le vers de Molière (on dit encore un visage défait), ou que l'on cesse l'action. Dans ce dernier cas, dévisager devrait donc logiquement être le contraire de envisager et signifier cesser de regarder.

Diable, masculin, pour le féminin, ou pour diablesse, dans certaines locutions.

On dira, par exemple, cette diable d'affaire cette diable de femme; <tune grande diablesse de femme » (M™® de Sévigné). Dans ces cas, le mas culin : ce diable de femme, n'est pas usité. D'à près Littré, diable est employé ici adjectivement comme l'est drôle, dans une drôle d'idée.

Mais diable s'emploie très bien au masculin lorsqu'il est attribut, et placé après un verbe : Cette femme est un vrai diable (Acad.).

« Une femme d'esprit est un diable en intrigue * (Molière, Critiq. de VÉc. des Femmes),

AU DIABLE "VERT, au diable au vert, pour : AU DIABLE VAUVERT,

On dira donc : Envoyer quelqu'un, aller au diable Vauvert, envoyer, aller très loin, dans un

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