‹ Le péril de la langue françaiseChapitre 56 sur 142 · ENTORSE · texte numérisé non relu

ENTORSE

Telle est l'expression admise, comme : donner, se donner un coup.

Entrer, verbe actif, pour : introduire.

Les locutions comme : entrer un troupeau à l'étable, entrer des marchandises par fraude dans un pays, ne sont pas admises par l'Académie, qui ne donne pas entrer comme verbe actif. Cependant elle admet sortir comme verbe actif : sortir une voiture, les enfants. Mais l'étymologie explique et justifie cette différence de syntaxe. Entrer (du latin intrare) signifie pénétrer dans : c'est donc un verbe neutre. Sortir (du latin sortiri) signifie tirer, obtenir par la voie du sort : c'est étymologiquement un verbe actif, que l'on retrouve dans le composé assortir.

AUX ENVIRONS DE, marquant le temps, pour : ENVIRON.

Aux environs de ne se rapporte qu'à l'espace : aux environs de la ville; mais on doit dire : J'irai vous voir environ Pâques; environ deux heures, ou vers deux heures.

C'est-à-dire environ le temps Que tout aime...

LaFonlaine, Fables, IV, xxii.

ÉPATER, ÉPATEMENT, pour : ÉTON- NER, ÉTONNEMENT.

Épater (de patte) signifie priver d'une patte : épater un chien, épater un verre, en briser le pied; ou encore aplatir : nez épaté.

EPATER. m

De là l'expression populaire : faire une chute à plat, sur ses quatre pattes.

Je vins au beau milieu m'épater lourdement, V. Hugo, Ruy-Blas.

De là encore, au sens figuré, la locution d'argot : être épaté, être renversé, consterné par une nouvelle, etc. Quant à épatement, il n'est pas dans le dictionnaire de l'Académie.

Ëpistolier, pour : épistolaire (d'après l'Académie).

Un épistolaire est celui qui a cultivé le genre épistolaire, et dont les lettres forment un recueil. L'Académie ne donne pas épistolier, qui est cependant employé, au xvi*-' siècle, par Ch. Fontaine et, au xvn« siècle, par Ménage, qui appelle Balzac « le grand épistolier ». Le mot est d'ailleurs très bien formé ; il a au surplus l'avantage de laisser épistolaire pour le genre épistolaire.

Équerre, masculin, pour le féminin.

ÉQUIVALOIR, verbe actif, pour le verbe neutre.

On dit : La lire italienne équivaut à un franc, et non : équivaut un franc; ce traitement équivaut (lune insulte, et non : une insulte.

ERREMENTS, pour : ERREUR.

Suivre les errements de quelqu'un, c'est se conformer aux habitudes de quelqu'un; suivre les anciens errements, c'est suivre les vieilles tradi-

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