GAGEURE
Gageure, pari, prononcez gajurc.
Garçonnière, pour : logement de garçon.
Une garçonnière est une jeune fille qui aime à jouer avec les garçons. L'expression nouvelle garçonnière, pour désigner une habitation, a été formée sur gentilhommière, expression très française, pour désigner la petite habitation d'un gentilhomme.
Gare aux coups, pour : gare les coups.
Interjection pour avertir qu'on ait à se garer de quelqu'un ou de quelque chose : « Gare la cage ou le chaudron » (La Fontaine, Fables, I, Yiii). Voltaire : « Gare le printemps ». Gare aux coups a été mal formé sur prenez garde aux coups.
Gare de devant, pour : gare devant.
Gare devant est l'expression correcte, quand on veut faire écarter quelqu'un qu'on a devant soi ; de même on doit dire : gare dessous; il y a exception pour gai^e de là. Gare de devant indiquerait plutôt que la personne qu'on avertit doit se garer de quelque chose qu'elle a devant soi, tandis qu'en réalité elle l'a derrière.
Genèse, pour : origine, formation.
La genèse d'une œuvre, pour : l'origine, la formation d'une œuvre, etc., est un néologisme prétentieux.
Génial, pour : avoir du génie.
On dit : un homme de génie, qui a du génie, ou
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une œuvre de génie. L'adjectif génial existe dans l'ancien français ; mais, conformément à l'étymologie latine genialis, il a le sens d'abondant, de gai.
Glissière, pour : glissade et mieux glissoire.
L'endroit glacé où l'on s'amuse à glisser. Glissade exprime aussi l'action de tomber : faii^e une glissade.
Gouderon, gouderonner, pour : goudron, matière huileuse, goudronner.
Goudron vient du provençal catran, tiré luimême de l'arabe gatran.
Se gondoler, pour : gondoler, se bomber, se jdéjeter.
On dit : un bateau gondole, quand les extrémités s'en relèvent comme celles d'une gondole; du bois qui gondole, du bois qui se tord.
Grand'. (Simple remarque.)
Dans les expressions comme grand père, grand mère, grand messe, grand rue, grand pitié, on devrait écrire grand sans apostrophe, quoi qu'en disent les grammairiens et l'Académie. Ces vieilles expressions sont les restes de l'ancienne déclinaison du latin grandis, qui avait, comme tous les adjectifs en is, la même terminaison au masculin et au féminin. Ici la logique et l'histoire de la langue devraient réagir contre l'usage, l'apostrophe n'ayant pas de raison d'être, car elle ne remplace aucune lettre élidée.