GUERE
GUÈRE, pour ; PEU.
On ne dira pas, sans négation : // s'en est guère fallu, ou fallu de guère, pour : il s'en est peu fallu, ou fallu de peu. Guère, contrairement à ce que l'on croit communément, signifie beaucoup.
Quiconque ne voit guère, N'a guère à dire aussi.
La Fontaine, Fables, IX, ii.
Ici, La Fontaine veut donner à entendre que quiconque ne voit pas beaucoup n'a pas beaucoup à dire.
Il faut donc dire, avec la négation : Il ne s'en est guère fallu, ou il ne s'en est fallu de guère, comme on dirait : il ne s'en estpas fallu de beaucoup.
Guanipe, pour : guenipe, femme sale ou de mauvaise vie.
Tirer ses guêtres, s'enfuir; laisser ses guêtres^ mourir. (Simple remarque.)
Les vraies expressions françaises sont : tirer ses guègres ; laisser ses guègres.
Dans l'ancien français, les guègres signifiaient une espèce de culotte.
Le galant aussitôt Tire ses guègres.
La Fontaine, Fables, U, \\. «
On a confondu ^Mé/?'es et guègres; l'usage et l'Académie ont consacré cette confusion. L'Académie ne cite plus que l'expression : tirer ses guêtres; laisser ses guêtres.
GUIGNE. s:
GUIGNE, pour : GUIGNON, mauvaise chance.
J'ai du (juignon. et non, delà guigne : la guigne étant une sorte de cerise. C'est un de ces à peu près, comme les aime l'argot, qui dit Mathieu salé pour Mathusalem.
Hameçon, avec h aspiré, pour : hameçon, sans aspiration.
Il faut dire : mordre à V hameçon^ la pêche à Vhameçon, et non : au hameçon.
HARDES, pour : GUENILLES, mauvais vêtements.
Ilardes désigne les vêtements en général, le linge, et n'a pas le sens défavorable qu'on lui donne souvent.
Hiéroglyphes, avec h aspiré, pour : hiéroglyphes, sans aspiration. Prononcez : des {z) hiéroglyphes.
Horripiler, pour : irriter, exaspérer.
L'Académie admet seulement horripilation, comme terme de médecine, « frissonnement accompagné de froid, qui fait hérisser les poils ».