MONSIEUR
l'expression avait été écrite en deux mots : mon sieur, avec r final sonore.
Mondial, pour : universel. j Mondial est un néologisme, ou plutôt un vieux '; mot oublié et remis à la mode dans ces derniers '\ temps. Voici comment, dans une revue, on prend la défense de ce mot : « Univers a son adjectif. ; Pourquoi monde, au même sens, n'aurait-il pas , le sien? On se demande si l'Académie va « natu- i raliser » ce mot. Mais il est naturalisé depuis quatre cents ans. 11 se trouve dans les Épîtres de ; J. Boudrel, dans les vers de Pierre Gringoire, ] dans ceux d'Octavien de Saint-Gelais et jusque • dans les Chronicques margariticques de Julien i Fossetier, qui naquit au milieu du xv*^ siècle. \ « On nous demande enfin si le mot est bien i formé et d'où vient Vi de sa désinence. 11 vient i tout simplement du latin. Mundialis est un mot • du second siècle, qui est dans tous les dictionnaires », Intermêd. des chercheurs et curieux du ^ 10 nov. 1906, col. 699, 700 (Candide). \ Universel semble, en effet, usé par l'abus qu'on ] en a fait dans les emplois comme : bazar universel, maison universelle; mondial est plus neuf v et plus fort : Cet homme a une réputation mondiale.
MONSTRE, pour : MONSTRUEUX, PRO- ' DIGIEUX. !
On dira donc : Un dîner prodigieux, et non : ) un dîner monstre. Monstrueux a un sens gêné- \ ralement défavorable; prodigieux, doit le rem- ^
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placer souvent. Quant à monstre, c'est un substantif et non un adjectif.
Mont de, pour : mont.
D'après l'Académie, mont n'est jamais suivi de la préposition de, quand il désigne une montagne déterminée : le mont Calvaire, le mont Sina'L Cependant Racine a dit : « 0 mont de Sinaï » [Alhalie, 1, iv).
Se faire moquer de soi, pour : se faire moquer.
La locution que nous signalons est condamnée avec raison parLittré, comme étant illogique, quoiqu'elle soit consacrée par l'usage, par l'Académie et par les auteurs : « .1 moins qu'il ne voulût... se faire moquer de lui » (La Fontaine, Vie d'Esope) ; « Se faire moquer de soi » (La Bruyère, ch. vu).
De lui, de soi, dans ces exemples, sont des pléonasmes que rien ne justifie : moquer ayant déjà comme complément le pronom réfléchi se. A l'origine, moquer a dû être verbe actif, comme le prouve encore le participe passé être moqué: par conséquent se faire moquer équivaut à faire moquer soi (de soi). Il est donc préférable d'employer la tournure se faire moquer^ qui, elle aussi, est française et a, au surplus, l'avantage d'être logique.
Morte-née, pour : mort-née, morte avant de naître.
Dans cette locution, mort reste invariable : Une fille mort-née ; une comédie mort-née.