MUE
seulement des animaux qui, à certaines époques, changent de peau, de plumes, de cornes, etc.
Musarder, pour : muser, perdre son temps à des riens (de muse, bagatelle).
C'est encore ici la tendance fâcheuse à former des verbes nouveaux avec des mots dérivés euxmêmes d'un verbe qui avait le même sens que le nouveau verbe. De la sorte se composent des séries de dérivés, lesquelles, si on n'y prenait garde, pourraient se prolonger indéfiniment et encombrer le vocabulaire. C'est ainsi qu'on a déjà : Muse, muser, et J'adjectif musard, d'où l'on a tiré inutilement musarder; comme de mouvement, mouvementer, et d'émotion, émolionner, en attendant qu'on poursuive la série par émotionnement et émotionnementer .
MUTUELLEMENT, forme pléonasme avec les expressions comme : s'entr'aider, s'entr'aimer, s'entr'appeler, s' en tr' avertir, etc.
Ces verbes, par eux-mêmes, indiquent la réciprocité, comme en latin, inter se adjuvant, inter se amant. Par conséquent, on dira : Ils s entr' aident: ils s'entr'aiment, ou : ils s'aident entre eux; ils s'aiment entre eux, sans ajouter les adverbes mutuellement, ou réciproquement, qui sont inutiles. Mais on dira très bien, avec les verbes simples, comme s'aider, s'aimer, etc., ils s'aident mutuellement ou réciproquement.
Nacre, masculin, pour le féminin.
On dira donc : de belle nacre.
Nature, pour : au naturel. Les expressions comme bœuf nature, sont empruntées du vocabulaire des cuisiniers et tendent à passer dans le langage courant. On dit maintenant : un portrait nature.
Quoique Littré donne bœuf nature, l'expression n'en reste pas moins peu française. D'après l'Académie, on doit dire : du bœuf au naturel; des côtelettes au naturel; peindre au naturel.
NAGUÈRE, pour : JADIS, au sens de longtemps.
Jadis, du latin y«m et dies, jour, signifie : il y a longtemps. Naguère signifie, au contraire, il y a peu de temps ; c'est une abréviation de : il n'y a guère de temps; Montaigne écrit encore : n'a guères. On ne dira donc pas : Les Romains naguère conquirent la Gaule; tcislis, Jadis.