‹ Le péril de la langue françaiseChapitre 94 sur 142 · PARTIR · texte numérisé non relu

PARTIR

petite pièce de monnaie, et partir signifiant partager; avoir maille à partir a pris, au figuré, le sens d'avoir un différend avec quelqu'un. Le sens de partager a subsisté dans le composé départ : faire le départ entre diverses opinions, faire le partage, la séparation, et dans le verbe départir, distribuer.

Au moyen âge on employait même se partir, comme verbe réfléchi, pour se séparer : « Lors se partent communément > (Eustache Deschamps, Ballade). « Théseus se partit pour aller combattre le taureau » (Amyot, Vie de Thésée, 16). On disait de même, se départir : « Ils se départirent : Bétehisac demoura » (Froissart). Après la suppression du pronom réfléchi, partir a gardé le sens primitif.

Or, de même qu'on se sépare, qu'on s'éloigne pour (gagner) Paris, et non à Paris, ce qui n'aurait plus le même sens; de même on part pour Paris. Les expressions courantes : partir en voyage, en campagne, en guerre contre quelqu'un, sont aussi contraires à l'usage des écrivains classiques. Il faut dire : Partir pour un voyage, pour la campagne, pour la guerre contre quelqu'un.

Paru, pour : publié (d'après l'Académie).

L'Académie condamne l'emploi de paru, dans les locutions comme : Les livres, les journaux parus aujourd'hui, pour : publiés ou qui ont paru. D'après l'Académie le verbe paraître n'a pas de participe passé proprement dit.

Cependant pourquoi ne dirait-on pas paru, comme on a dit péri, au participe passé?* Ame

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