HERPÈS GÉNITAL
^/î7^/ton/iderheq>étisine, il n'y faut point tant de finesses. LMnstinct leur suffit pour faire d'emblée ce diagnostic. 11 existe — et ils la connaissent par expérience — une sensation toute spéciale de picotement prurigineux, prélude constant de Fherpès et faisant défaut dans la chancrelle, dans la balanite simple. A ce compte, — mais seulement s'il ne perd pas la tête — l'herpétique, on peut le dire, est à lui-même, et sous tous les rapports, son meilleur médecin.
Mais parfois le client voudrait plus. Il voudrait à la fois le salut et la lumière, c'est-à-dire : faire avorter la chancrelle si c'en était une, mais en même temps savoir si c'en était bien une?...
Pour cela il n'y a qu'une chose à faire : pardon, il y en a deux. Recueillez un peu du liquide de la lésion, et inoculez-le. Puis cela fait, appliquez immédiatement sur la lésion de la pâte de canquoin.
Mais il est un autre diagnostic d'autant plus commode, quand il est possible, que ses éléments sont entièrement à la disposition du malade, surtout du malade dont nous nous occupons spécialement ici, du mari qui s'est dérangé.
A moins d'ajouter à son péché la circonstance aggravante de l'habitude, le mari sait où et quand il a fauté. Si donc une érosion simulant la chancrelle apparaît sur son prépuce quinze, vingt jours au plus après qu'il a eu un coït suspect,
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il est par ce fait seul rassuré, car la période où une chancrelle issue de ce coït pouvait naître est largement dépassée. — J'insiste sur cette remarque que ce qui lui suffit à lui, ne nous suffit pas à nous médecins ; car combien de fois, malgré leurs protestations de sincérité, n'avons-nous pas pris en défaut le témoignage de nos clients. Mais s'ils ont leurs raisons — que j'avoue ne pas toutes connaître et ne pouvoir toutes comprendre — s'ils ont leurs raisons pour nous en imposer, par exemple sur le nombre et le quantième de leurs écarts, ils n'en ont point pour se mentir à eux-mêmes. Dévoilez donc à votre malade ce moyen infaillible d'arriver à la certitude. Précisez-lui la date à laquelle il doit remonter pour être autorisé à ne point s'effrayer de la lésion qui vient d'éclore. Puis suivez-le du coin de l'œil, pendant qu'il fait à part lui, son petit travail d'arithmétique. C'est plaisir de le voir, selon le résultat de l'addition, sortir de votre cabinet, radieux ou tête basse !
Pour compléter le diagnostic entre la chancrelle et l'herpès, ajoutons que celui-ci ne provoque que très rarement une adénite sympathique, jamais l'adénite suppurée. Rappelons aussi que le petit ulcère qui succède à ses vésicules se distingue en ce que sa circonférence est constituée non par un contour à courbe ininterrompue, mais par une succession de petits cercles.
Mais le rôle que l'herpès joue dans un ménage
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nous offre d'autres sujets d'étude ; sujets non moins dignes d'intérêt car ce rôle est toujours, par la force des choses, essentiellement moralisateur. Je m'explique :
Un homme marié est sans doute retenu dans le droit chemin par la crainte qu'il a, s'il prend du mal, d'être exposé à le transmettre à sa femme dans le cas où il aurait des rapports avec elle. — C'est là le cas que je viens d'examiner.
Mais, marié ou non, nous connaîtrions bien mal notre semblable si nous ignorions qu'il est encore plus solidement retenu par la crainte qu'il a de prendre lui-même du mal. Or, à propos de l'herpès, c'est là ce qui l'attend, et presque à coup sûr, s'il déserte le lit conjugal. Et c'est à ce point de vue que l'herpès génital, cet insignifiant mais toujours redouté bobo, contribue à garantir l'union des ménages. 11 est d'observation — j'en ai, le premier, fait la remarque — que le coït avec une femme nouvelle constitue la cause occasionnelle la plus active des récidives de l'herpès. Un homme prédisposé à ces récidives voit impunément sa femme. Se dérange-t-il? aussitôt la punition lui tombe du ciel sous forme d'un de ces menaçants groupes de vésicules qui, une semaine durant, vont nuit et jour troubler son repos. Et la contre-épreuve n'est pas moins fréquente. J'avais l'habitude d'en donner, dans mes leçons,
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riiistnictif exemple que je résume ici en quelques lignes :
Je possédais, vers 1847, le modèle des clients. C'était un riche négociant, célibataire. Riche, ai-je dit, par conséquent pouvant choisir et se flattant de savoir le faire. Il n'était pas, à Lyon, à' occasion tant soit peu sortable qu'il ne s'empressât de mettre à profit. Pas une Déjazet ou une Taglioni de passage sur notre scène, sur qui il ne prélevât son tribut amoureux. Mais invariablement, hélas ! chacune de ces bonnes fortunes avait son dénouement dans mon cabinet. Chaque fois, du deuxième au quatrième jour, je le voyais accourir plein d'effroi. Et chaque fois je diagnostiquais un simple herpès, que d'un commun accord lui et moi nous laissions s'éteindre spontanément ; ce qui n'exigeait pas plus d'un septénaire !
Sur ces entrefaites, la quarantaine sonnant, notre homme songea à faire une fin ! Il la fit, et les herpès l'ont faite du même coup. C'est ce qu'il m'apprit en me rencontrant au bout de deux ans durant lesquels j'étais tout étonné d'avoir perdu de vue ce client-là, que j'avais baptisé : le client, à son docteur seul fidèle 1