‹ Le péril vénérien dans les famillesChapitre 2 sur 26 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

doux rêve des fiancés n^aura pas même eu sa nuit pour éclore. D'où naîtra Fintimité, vers quelle pente le moindre épanchement pourrait-il trouver son cours, lorsque, à chaque minute, le besoin de se sentir compris fait place à l'épouvante de se voir découvert !

Arrêter par prudence chez soi tout élan, le réprimer par calcul chez sa compagne ; voir, près de la couche nuptiale, poindre, grandir, éclater rétonnément, le reproche, l'accusation; se dérober non moins soigneusement à la bouche qui voudrait consoler qu'à la bouche dont on appréhende les trop justes plaintes ; fuir les explications, mais fuir avant tout les raccommodements auxquels manque forcément le seul sceau qui les rende valables ; à travers le cri passionné de la jeune épouse et le cri de délivrance de la jeune mère, à travers ces deux cris qui vous ont si délicieusement salué vainqueur et père, toujours entendre en soi la voix secrète qui murmure le nom d'empoisonneur.,. Voilà, pour le malheureux, victime d'un instant d'oubli, les prémices et le couronnement de la félicité conjugale !

Que je plaindrais sa détresse, hélas! si je n'avais un meilleur emploi de la meilleure part de ma commisération. Quand un homme tombe à l'eau, vous savez ce que presque infailliblement il advient du passant qui sait nager I Tel est ordinairement le sort de ce sauveteur improvisé, tel celui du

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