‹ Le péril vénérien dans les famillesChapitre 3 sur 26 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

pauvre médecin auquel le vénérien en danger de submersion conjugale s^est cramponné avec Tinconsciente énergie du naufragé ; car s'il ne nous entraine avec lui dans Tabtme, on peut du moins dire que, pour le commim des praticiens, il sera presque aussi difficile de répondre efficace* ment à son appel désespéré que d'y rester sourds. Quelles que soient, en effet, leur perspicacité et leiir expérience, que pourront-elles contre les complications extra-médicales que crée pour le vénérien son entrée en ménage ; complications qui, du mal le plus connu, le mieux réglé dans son cours font en quelque sorte, pour nous, une maladie toute nouvelle à étudier et à combattre.

Ces changements, cette transformation que le sacrement imprime aux maladies vénériennes, j'en définirai la portée par une formule effrayante dans sa simplicité, en disant de ces maladies que, par le mariage, leur traitement est entravé dans Vexacte proportion où leur gravité s'accroît. Il suffit, malheureusement, d'un coup d'oeil pour voir à quel point cette décourageante sentence est l'expression de la vérité.

Sous le régime du célibat, l'homme et la femme, malgré la contrainte qu'exercent certaines conventions sociales, restent libres cependant, celui-là de ne rien entreprendre, celle-ci de ne rien accorder. Mariés, et surtout jeunes mariés

vin PRÉFACE.

— c'est presque toujours ainsi que la question se pose — cette liberté, de toutes la moins exigeante^ la liberté de s'abstenir, n'est plus qu'un mot. Il faut agir. Le code a édicté la loi ; l'épouse fait la jurisprudence ; la belle-mère a rédigé le règlement administratif et, cumulant pour la circonstance, en surveille de près l'exécution.

Voilà donc, par le fait de ces rapports obligatoires, la maladie fatalement entretenue, aggravée chez l'époux, non moins fatalement transmise à l'épouse. Et, comme pour compléter la trilogie classique, voici, s'interposant à l'insu du mari^ au-dessus de la mère, un pouvoir occulte, interprète, il le dit, de la parole divine, mais n'en appliquant à l'usage des époux que le multiplicamini; impératif sans appel qui, en bon français médical, ne peut ici se traduire que par un mot (titre du plus triste de nos chapitres) : infection des nourrissons et des nourrices.

En même temps qu'il la propage, le mariage aggrave la maladie. Je l'ai dit et je le prouve en deux lignes. D'une part, entretenue par Yinconiinence, obligatoire de par la loi, la blennorrhagie aboutit presque forcément à la goutte militaire, aux rétrécissements, aux jetées et localisations vésicales, prostatiques, utéro-ovariennes, etc. De l'autre, par la naissance d'enfants contaminés, la syphilis acquise (celle qui ne fait guère que flétrir) engendre la syphilis cone^énitale

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