‹ Le Pérou avant la conquête espagnoleChapitre 25 sur 38 · DE © LATE · texte numérisé non relu

DE © LATE

"0 — divinité hindoue €Câli cu Bhâvani, symbole de la mort et de la destruction et à laquelle on faisait des. sacrifices humains et celle de Mictlancihualt, déesse de l'enfer, au Mexique.

Chez les Muyscas, habitants du plateau de Bosota, le grand Bochica était l’incarnation du soleil. H réglait le temps et avait inventé le calendrier appelé sua, mot par lequel on désigne aussi les Européens , dans la langue Muysca, parce qu'on les considérait comme fils du soleil.

Pour en revenir à la religion du soleil établie au Cuzco à une époque ancienne, et qui demeura le culte national du Pérou pendant toute la durée du gouvernement des incas, elle avait son temple principal dans Îa capitale religieuse et politique de l'empire. L’astre était représenté dans une des chambres du temple, dite chambre du soleil, par une grande plaque d’or. Ce n’était pas une idole. dit Garcilaso, c'était la figure du Dieu. Elle était si grande qu’elle couvrait tout le fond de la pièce. Lors de la conquête, elle échut en partage à un cer-

tain Mancio Serra de Leguicano, joueur effréné qui

la perdit en une nuit et fut réduit pour vivre à se faire, dans la suite, alcayde de la municipalité du Cuzco.

On voyait de chaque côté de l'image d’or, les momies des rois incas, embaumés , assis sur leur chaises d’or et paraissant encore vivants, tous la face tournée vers Îles assistants à l'exception de Vi racocha qui se trouvait vis-à-vis du disque d’or du

Post = soleil. Les Indiens, à l'approche des Espagnols, cachérent avec soin les gt de leurs anciens rois. On n'en a retrouvé qu’un petit nombre. Cette découverte est due au licencié Paulo, en 1559.

Une autre pièce du temple était consacrée à la lune, Mama-Colla, qui y était représentée par une plique d'argent figurant un visage de femme et de chaque côté a taqiells'ésieht té corps des reines ; Mama-Oelle seule faisait face à Vimage de Ta divinile.

. Une autre pièce était consacrée à la planète de Vénus, Chasca (cheveux crépus), honorée comme suivante du soleil ;

Une autre, au tonnerre, Täpa, serviteur du s0- . leil, espèce de trinité non représentée et rappelant à la fois le brurt de: la foudre, Péclair (4) etla foudre elle-même ;

Une autre SRE à l'arc-en-ciel, comme procédant du soleil; il était figuré dans cette chambre. C'était le symbole de Fa puissance des incas qui Pauratent même, ditson, adoplé pour blason.

Rien, comme on le vôit; dans le temple du Cuzco, qui ressemble à une idole. C’étaient dé pures représentations ‘du soleil, de la lune, de l’arc-en-ciel, et ces anciennes divinités n'étaient elles-mêmes, sous les derniers incas, que des manifestations du grand Pachacamac."Fel était le culte reconnu par l'Etat et renseigné aux peuples, Mais ces notions d’un Dieu immatériel, infini et éternel n'avaient pas dù péné-

(4) L'éclatr se disait plus particulièrement chhogqueylla. LE. A.

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trer facilement dans l'esprit de la foule qui conserva toujours ses antiques superstitions.

Les prêtres du soleil, au Cuzco, étaient tous du sang royal. Dans les provinces, ils appartenaient aux familles les plus illustres. Le grand prêtre était toujours frère ou oncle de l’inca, qui lui-même avait un caractère sacré et réunissait en sa personne la puissance temporelle et spirituelle comme le grand lama du Thibet. C'était lui qui réglait les cérémonies et faisait connaître au peuple, par la voix des prètres, ses arrêts augustes concernant la religion.

Il existait au Pérou, comme au Mexique, de nombreux couvents de vierges. Le principal était au Cuzco. On l’appelait Aclla-Huaci (maison des filles choisies). Elles étaient choisies en eflet parmi les

plus belles et les plus nobles. On les consacrait au

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oleil avant qu’elles eussent huit ans accomplis. îles étaient du sang des incas et étaient considérées comme les épouses du soleil. Leur nom était Collas(1). Les plus âgées, véritables abbesses, s’appelaient Mama-Cunas (2) et faisaient l'éducation des jeunes novices comme cela se pratiquait dans le collége des Vestales de Rome. D’autres étaient charsées de pourvoir aux besoins de la maison. La rèle, très-sévère, était rigoureusement observée. La claustration surtout ne pouvait, dans aucun cas, être enfreinte. L'inca lui-même ne pénétrait jamais

{i) De kolla, jeune enfant,

(2) Sans doute de cuni, haut, élevé, et, par suite, ancien, vieux.

Mamacune veut dire proprement matrone, femme de rang élevé. L, À,

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dans la demeure des vierges. La reine et ses filles seulement y étaient admises. La Colla qui manquait à son vœu de virginité était enterrée vivante et le coupable était pendu. Sa femme, ses parents, ses domestiques, tous les habitants de son village ou de son quartier subissaient le même sort; leurs maisons étaient rasées et l’on semait des pierres à la place. Garcilaso ajoute que l’on n'eut jamais lieu d'appliquer ce châtiment terrible.

Après les deux portes d'entrée qui donnaient accès au couvent, on trouvait un long corridor étroit de chaque côté duquel étaient les chambres communes où les vierges se réunissaient pour travailler. À loutes les portes intérieures étaient des tourières que l’on choisissait parmi les plus éprouvées. A l’extrémité du corridor étaient les appartements des épouses du soleil, Vingt portiers étaient préposés à l'entrée principale : ils déposaient à la seconde enirée tous les objets introduits dans la maison, et prenaient ceux qui en devaient sortir. Ils ne poutvaient jamais franchir cette seconde porte sous peine de la vie.

Cinq cents filles vierges d’une condition inférieure à celle des Collas étaient commises au service de la maison.

Les occupations des Collas consistaient en diffécents travaux : elles filaient et tissaient tous les vétements de l’inca et toutes les étoffes destinées au soleil.

Elles fabriquaient le Hautu ou coiffure de l’inca ;

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elles faisaient encore luncu, ou chemisette de l'inca: le yacolla, mantean à deux pointes ; le chuspa, saccarré dans lequel on mettait Ja coca ; enfin elles fa briquaient aussi les paychas, glands jaunes et rouses attachés à une tresse mince et longue de deux. coudées. Cet insigne était réservé aux parents de l’inca (+).

Les Collas pétrissaient de leurs mains le zancu (2) ou pain sacré offert en sacrifice au soleil pendant les grandes fêtes de Raimi et de Cittua. Elles préparaient lPaka, boisson de l’inca et de la famille royale pendant ces mêmes jours de fêtes.

T'ousles ustensiles qui servaient aux Collas étaient d'or ou d’argent, ces métaux étant réservés à tout ce qui touchait de près ou de loin au culte du soleil. L'inca seul pouvait accorder aux curacas ou- chefs le droit de se servir de vases d’or où d'argent.

Il y avait, attenant au couvent des vierges, un jardin artificiel comme celui qui touchait au temple du Guzco. Les arbres et les plantes, les insectes et les oiseaux qui s’y trouvaient étaient d’or et d'argent.

Les couvents des provinces suivaient la même règle que celui da GCuzco et étaient en tout semblables ; seulement les vierges étaient prises soit dans la famille royale, soit dans celles des euracas et même parmi le peuple, par faveur spéciale. On choisissait alors celles qui se faisaient remarquer

(4) Voy. au Musée des Antiquités américaines du Louvre. 2) Les dictionnaires donnent Canceu. L, A.

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