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Dansle MOIS coya-raymi (septembre), on célébraït entre autres grandes fêtes, celle de pilua.
Toutes les idoles étaient réunies dans une place, avant le lever de la nouvelle-lune. Aussitôt qu’elle paraissait à l'horizon, les Indiens poussaient de srands cris en disant : « que le mal s’en aille!» puis ils se frappaient les uns les autres avec des brandons de paille enflanmés qu’ils nommaient pancones (1). Ils allaient ensuite se laver à un ruisseau ou à une fontaine, et après cette ablution, ils immolaient cent lamas à laine blanche. Ils s'enivraient ensuite pendant quatre jours et mangeaient des gateaux que les Collas avaient pétris avec le sang des victimes. On en donnait un morceau à tous les étrangers, et l’on en envoyait à tous les curacas de l'empire. |
Dans le mois oma-raymi-puchacquiz (octobre), on sacrifiait une hécatombe de lamas. Puis, si la terre souffrait trop de la sécheresse, les prêtres prenaient un de ces animaux, lui attachaient les quatre pieds et le portaient au milieu d’une plaine. Là, ils chantaient un cantique dont le sens était inconnu au vulgaire. Ensuite ils répandaient de la chicha autour du lama, etlelaissaient en ce lieu sans lui donner aucune nourriture jusqu à ce qu'il tombât
(1) Ce mot est évidemment un pluriel espagnol composé du mot ppanceaæ qui veut dire la feuille du maïs qui enveloppe l’épi. De ce mot on aurait fait l’augmentatif pancon , grosse feuille de maïs, paquet de feuilles de maïs (ce qui est parfaitement dans l'esprit ae la
langue espagnole) ; et au pluriel , pancones, paquets de feuilles, turches, quand il s’agit de feuilles qui servent à brüler, L. à.
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de la pluie, On invoquait aussi le‘tonnerre pour fui demander la fin de la sécheresse (P. Arriaga).
C'était pendant le mois aya-marca-raymi (uovembre), que l’on perçait les oreilles aux jeunes gens qui devaient recevoir les armes dans le mois suivant,
Huayna-Capac établit la cérémonie du sevrage des premiers nés. Les incas héritiers du trône n'étaient sevrés qu’à l’âge de deux ans. On leur coupait les cheveux et on leur imposait un nom. Tous les parents étant réunis, on choisissait parmi eux le parrain de lenfant. C'était lui qui donnait le premier coup à sa chevelure avec un couteau en silex, Tous les parents coupaient une mêche de che veux jusqu'à ce que l'enfant füt entièrement tondu On lui offrait des présents consistant en vêtements bétail, armes, vases d’or et d'argent. Après lPoffrande, on buvait et l’on chantait jusqu'à la nuit Ces cérémonies, qui duraient quatre jours, avaient lieu pour les premiers nés de toutes les familles; mais l’offrande des vases d’or et d’argent était réservée à l'héritier du sang royal dont le parrain était, de droit, le grand prêtre du soleil.
IT. Gouvernement et administration. Nous avons vu que l'empire du Pérou se divisait en quatre parties d’après les quatre points cardinaux, et que cette division s’étendait aux pays conquis aussi bien qu'aux pays à conquérir ; c’est-à-dire à la terre entière.
Foute. la population était divisée en décuries,
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Parmi les dix individus qui la composaient, le gouvernement en choisissait un qui était le chef des neuf autres. Cinq décuries avaient à leur tête un décurion ; dix décuries, un décurion d’un ordre supérieur ; cinquante décuries, un chef qui commandait ainsi à cinq cents hommes; deux compagnies de cinq cents hommes, un général. La plus petite division était donc de dix hommes ; la plus grande, de mille.
Le décurion avait deux devoirs à remplir envers ses administrés : 1° Il devait les assister dans tous leurs besoins, leur faire distribuer des semences, de la laine, faire réparer leurs maisons; 2° Il devait s'instruire de tous les délits et de tous les crimes commis dans sa décurie et en faire le rapport à ses supérieurs. Il envoyait le coupable devant le magistrat de tel ou tel degré suivant la gravité du manquement. Dans tous les centres importants de population, était un juge suprême qui prononcçait en dernier ressort. Quand il s'agissait de différends survenus entre des provinces, l’inca désionait un juge spécial. Le décurion qui ne remplissait pas fidèlement sa charge et ne dénoncçait pas les délits commis dans sa décurie était puni comme le coupable. Grâce à un si bel ordre, il n’y avait ni fainéants, ni vagabonds. Il n’existait pas de peines pécuniaires, et la peine de mort était réservée aux grands crimes. La loi avait donc un caractère vraiment moral. Le coupable ne pouvait pas composer avec l’offensé comme chez les peuples de l’ancienne
mit Éd Germanie, et la société outragée ne se vengait point sur sa personne, mais elle exigeait une réparation de l’oflense au nom de la loi.
Sous le rapport politique, chaque province était administrée par un curaca ou chef. C’est improprement que plusieurs historiens Espagnols désignent le chef sous le nom de cacique, appellation réservée aux peuples Caraïbes des Antilles.
Pour chacun des quatre grands districts, 11 y avait des conseillers de guerre, de finance, de justice, présidés par un vice-roi, délégué par l’inca. Les vicerois devaient être du sang royal et formaient à eux seuls le conseil d'État du Cuzco. Tous les emplois supérieurs étaient, autant que possible, confiés à des parents de l’inca. Les fonctions subalternes étaient laissées aux indigènes.
Lorsqu'un peuple était soumis par les armes de l’inca ou des chefs militaires qu'il avait désignés pour le commandement des armées, il recevait la loi religieuse du Cuzco, et était placé dans Ia même condition politique et civile que les anciens sujets de l'empire.
Le gouvernement des incas parait avoir été assez débonnaire, aussi les révoltes étaient-elles fréquentes. Nous les voyons souvent recommencer les mêmes expéditions, et soumettre plusieurs fois les nations déja vaincues. Lorsque leur longanimité était poussée à bout, ils avaient recours à la fransportation en masse des peuples rebelles, comme cela
avait lieu chez les Romains, C’est ainsi que plu-
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steurs tribus de la côte furent contraintes de s’expatrier et de s'établir dans la Cordillère où les nouveaux colons recevaient des terres à proximité de la capitale. Ils prenaient alors le nom de Mitimaës ou plutôt Mitticak (celui qui s’enfuit ou qui s'éloigne).
IlI. Vie civile. Usages. Le mariage n’était, à proprement parler, qu'une cérémonie civile. C’est l’inca qui, tous les deux ans, mariait les jeunes filles du Cuzco. Il fallait qu'elles eussent au moins dix-huit ans, et les garçons vingt-quatre. Il faisait approcher successivement un jeune homme et une jeune fille, leur joignaient les mains et le mariage était conclu, Pour chaque ménage nouveau, l’on construisait une maison, et les parents fournissaient le mobilier. Les noces, célébrées chez les parents de l'époux, duraient de quatre à six jours. L’inca mariait les curacas avec les filles d’autres curacas qu'il demandait comme pour lui-même. Quelquefois aussi il leur donnait pour épouses ses filles naturelles. Dans les provinces, c'étaient les curacas de chaque district qui faisaient les mariages. Les habitants d’une province ne pouvaient contracter d'alliance avec ceux d’une autre province. Autant qu'il se pouvait, on se mariait dans sa décurie et même dans sa famille. On ne pouvait changer sa résidence, de sorte que les tribus ne se mélaient jamais, et que les nationalités subsistèrent après la conquête des incas. C’est ce qui explique comment les révoltes étaient continuelles.
L'héritier du sang royal devait épouser sa sœur
ainée, et, a défaut de sœurs, sa plus proche parente. S'il n'avait point d'enfant de la première, il épousait la seconde, puis la troisième; aussi les sœurs de l’inca était-elles réservées à la couche royale ; personne ne pouvait prétendre à leur alliance.
La dignité des curacas était héréditaire. Quand ils n'avaient pas de fils, elle passait à leurs frères. L’inca avait un grand nombre de concubines; ses enfants naturels formaient le second degré des princes du sang royal.
Une loi défendait aux veuves de se remarier si elles avaient des enfants. Si elles n’en avaient pas, elles pouvaient contracter une autre alliance après un an de veuvage. Le frère du défunt était tenu, comme chez les juifs (1), d’épouser sa bellesœur (2).
L'éducation des enfants était très-soignée. Ils étaient soumis à une sévère surveillance.
Les femmes mariées filaient et tissaient, mais elles cousaient peu. Les hommes s’occupaient de Ia culture de la terre. Dans quelques provinces les femmes partageaient ces travaux pénibles,
L'usage de la monnaie était ignoré au Pérou. Les transactions commerciales consistaient en échanges. On ne vendait pas la terre; l’inca était, comme le pacha d'Égypte, l'unique propriétaire du sol. I le donnait en investiture aux habitants, et ceux-ci
{1) Deutéronome, c. XXV, 5.
(2) Torquemada, !. XIF, c, 4 et 9,
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n'étaient à proprement parler, que ses vassaux ou ses fermiers. On ne vendait pas d’habits, ils étaient fabriqués dans les maisons de chaque particulier pour l'usage de la famille.
Les fils ou quipos (1) servaient à faire les comptes. Il y en avait de différentes couleurs, et tous avaient leur signification. Les nœuds représentaient des nombres. Les fils jaunes étaient employés pour les comptes relatifs à l'or ; les blancs, pour les comptes relatifs à l'argent; les rouges servaient pour le dénombrement et les répartitions des gens de guerre. Il y avait des Indiens préposés aux quipos. C'étaient des espèces d’agents comptables.
IV. Sciences. De toutes les sciences la plus perfectionnée était l'astronomie, Les Péruviens connaissaient l’année solaire de 365 jours, ainsi que la division en 12 mois. Ils étaient même plus avancés sous ce rapport que les Mexicains qui divisaient l’année en 18 mois. Ils avaient étudié avec soin les phases de la lune, et avaient aussi une année lunaire correspondante à la révolution de 354 jours 8 heures et 48 minutes. Pour la faire coïncider avec l’année solaire, ils ajoutaient 11 jours, qui étaient répartis dans les 12 lunes. D’après un édit de l’inca Pachacutec, il y avait trois fêtes régulièrement espacées dans chaque mois lunaire. C'était en même temps des jours de foire ou de marché, pendant lesquels on devait faire trève à toute espèce de travaux. Ce temps de repos tombait tous
(1) Qquipu, quipo est le nom espagnolisé.
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les 9 jours comme les nondines des Romains. C'est donc par erreur que Garcilaso dit que les Péruviens connaissaient la semaine de 7 jours, d’après la révolution lunaire. Le P. Acosta à fort bien remarqué que la petite période de 7 jours ne correspond pas exactement aux phases de la lune, mais que notre semaine tire son origine du nombre des planètes.
L'année s'appelait huata, mot qui dérive évidemment du verbe hualani, lier. Or, chez les Indiens, le demi-siècle de 52 ans était figuré par l'hiéroglyphe d’un paquet de roseaux liés ensemble au moyen d’un ruban.
I y avait huit tours à l’ouest du Cuzco et huit à l’est. Chacune de ces huit tours était placée à 18 ou
20 pieds l’une de l’autre. Elles indiquaient le point où le soleil paraissait et disparaissait à l’horizon, à l’époque du solstice (1). Ces tours étaient encore debout en 1560, et les débris en subsistent même aujourd’hui.
Pour vérifier les équinoxes, les prêtres avaient disposé dans les cours des temples du Soleil des colonnes richement sculptées. Quand l’équinoxe approchait, ils observaient l’ombre que projetaient les co-
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cercle partagé, de l'est à l’ouest, par une ligne dont
jonpes. Elles étaient placées au centre d’un
l'expérience leur avait indiqué la direction exacte. Lorsqu'ils voyaient que l'ombre prenait cetie ligne par le milieu et qu'à midi la colonne ne projetait
(1) Pedro de Cieca , c. 92; P: Acosta, 1, VE, c. 3.
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plus aucune ombre, 1ls annonçaient que c'était le jour de l’équinoxe. Alors ils ornaient ces colonnes de fleurs et plaçaient dessus la chaire du Soleil. Les Amautas avaient remarqué qu à mesure que les conquêtes des incas s’étendaient vers le nord, l’ombre projetée par les colonnes que l’on dressait dans les nouveaux temples diminuait de plus en plus. Ils en conclurent que ces résidences , et surtout le Quito, étaient plus agréables au Soleil, Les éclipses de soleil étaient regardées comme un signe de la colère céleste; celles de lune leur faisait craindre que cet astre ne mourût. Aussi cherchaient-ils à le rappeler à la vie en sonnant de la trompe, en battant le tambour et en frappant les chiens pour les faire aboyer. Car la lune aimait les chiens comme la triple déesse des Romains.