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américaines surtout dont les idiomes sont infinis; car il en existe autant que de tribus indigènes. On sait en effet que le qquichua n’a été parlé dans tout le Pérou qu'après la conquête des Incas, et que, primitivement, chaque peuple, chaque vallée, chaque montagne, avait son langage : plusieurs subsistent même encore aujourd'hui. Il ne faudrait pas croire non plus que la langue otomie ait été répandue de tout temps dans l'empire du Mexique. En supposant que l’on eùt la connaissance raisonnée et approfondie des cent trente ou cent quarante langues principales du nouveau continent et que l’on possédât à fond celles de l'Asie, il faudrait encore, pour établir des rapports certains entre les unes et les autres, que l’on connût parfaitement la prononciation et l’accent qui ont dü nécessairement varier suivant les lieux et les temps. Ainsi les révolutions politiques et le changement de climat, qui ont produit des altérations profondes dans la manière de prononcer les mots, en ont introduit, par suite, dans les langues ellesmêmes; car elles ne peuvent avoir rien de fixe chez les peuples qui ne connaissent pas l’écriture, et elles subissent, dans leur constitution même, des variations identiques à celles de la prononciation. Nous croyons donc, en raison de si grandes difficultés, qu’on risque fort de prendre des rapports dus au hasard pour des analogies grammaticales, et nous ne craignons pas d'affirmer, avec M. de Humboldt, que la comparaison des idiomes des deux continents
n'a donné, jusqu'à ce jour, aucun résultat impor-