‹ Le Pérou avant la conquête espagnoleChapitre 5 sur 38 · FT AES · texte numérisé non relu

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tant. Laissant donc cette étude à de plus habiles ou à de plus téméraires, nous ne demanderons point a la philologie des preuves qu’elle ne saurait fournir à la légitime exigence des esprits sérieux.

Nous ne dirons rien non plus des rapports physiologiques des races. Parmi les savants, les uns se sont efforcés de saisir des ressemblances, les autres au contraire se sont appliqués à découvrir des différences entre le type américain et ceux des peuples de l’ancien continent. Les premiers ont cru reconnaître certaines analogies entre les races tartare et indienne (ou américaine) ; les seconds soutiennent, au contraire, que la configuration du crâne, les os de la face, la forme du nez surtout, établissent une séparation complète entre ces deux types, — sans parler de a couleur. Nous ne trouvons, à vrai dire, rien qui rappelle d’une manière satisfaisante les principaux caractères physiques de lPAméricain parmi les races de l’ancien continent. Faut-il en conclure que la dérivation des tribus indiennes de celles de l’Asie est impossible? Loin delà! Nous pensons que l’on ne saurait tirer aucune preuve de ce fait physique contre la croyance à une création unique de l’espèce (1). En effet, les peuples d'Asie, d’Afrique et d'Europe ne présentent-ils pas entre eux une plus grande variété et des différences bien plus profondes ? La séparation entre la race caucasique et la

(1; Cette dernière opinion est adoptée aujourd’hui par les savants français les plus compétents en ces matières, comme MM. de Quatrefages et Alfred Maury.

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race nègre est assurément bien plus tranchée que celle qu'on peut observer entre les Américains et les Mongols ou les Malais. Or, il faut en conclure, de toute nécessité, qu'il y a eu autant de créations qu'il existe de races, ou bien que quelque fait surnaturel à présidé à la formation des types divers et a produit les variétés de notre espèce. Nous doutons donc que la science toute seule puisse expliquer par l’effet du temps et des changements de climats des dissemblances physiques aussi frappantes. Garcia rapporte qu'on avait trouvé au Mexique des corps conservés dont l'existence remontait à plusieurs siècles avant la conquête ; oronne pouvait constater aucune altération sensible dans le type des Indiens depuis sept ou huit cents ans : comment supposer que des diflérences aussi considérables que celles qu’on observe entre les races de l’ancien continent et celles du nouveau se soient introduites dans l’espace de temps, si long qu’on veuille le supposer, qui a précédé l’inhumation de ces corps? Aïnsi la science qui, sous peine de perdre tout caractère de certitude, ne doit s'appuyer que sur l'observation, n'est arrivée à aucun résultat satisfaisant touchant la formation des types divers de l’espèce humaine. Nous écarterons donc toute discussion sur les rapports des races, nonseulement comme inutile, mais comme étrangère même à la question de l’origine des peuples américains dont le type diffère moins du nôtre que celui des nègres. On a beaucoup écrit sur cette question, dans ces derniers temps, surtout aux États-Unis. Il

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