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mérent aux ordres de Viracocha et se répandirent dans toutes les contrées, s’arrêétant aux lieux où se trouvaient des pierres en grand nombre; là, ils disaient à haute voix : « Sortez et peuplez cette terre ; car telle est la volonté de Viracocha qui a fait le monde. » — Et les hommes sortaient en foule des cavernes, des rivières, des fontaines et des montagnes, et ils peuplaient la terre. Viracocha partit lui-même pour la vallée où fut plus tard le Cuzco, il traversa la montagne de Casamalca (aujourd’hui Cajamarca), et, partout où il passait, il appelait les hommes qui sortaient à sa voix des sources et des rochers. Étant arrivé à un lieu appelé Cacha (ou, peut-être, Cocha, lac), à 18 lieues du Cuzco, des hommes tout armés sortirent de 11 montagne, et, méconnaissant leur créateur, ils se jetèrent sur lui pour le tuer ; mais Viracocha, pénétrant leurs intentions, fit tomber à l’instantune pluie de feu qui désola la Cordillère. Les Indiens, effrayés de ce prodige, se prosternèrent devant le Dieu pour l’adorer. GCeluici, voyant leur repentir, prit une baguette, la passa sur la flamme qui s’éteignit aussitôt. Il dit alors aux Indiens : « Je suis le Seigneur votre Dieu ; c’est moi qui ai créé le soleil et les étoiles. » En mémoire de cette apparition, les Indiens élevèrent dans cet endroit même une huaca (1), ou maison sacrée,
(1) Huaca signifie , en langue vulgaire, saint, sacré. Par extertsion, ce mot désigne tous les lieux consacrés par la religion, comme
les temples, les idoles, les tombeaux. Aujourd’hui, il ne s'emploie guère que dans ce dernier sens. BA:
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dans laquelle ils firent des offrandes d’or et d'argent au puissant Viracocha. Ils enseignèrent ce culte à leurs enfants. Viracocha, se rapprochant toujours du Cuzco, arriva dans un lieu appelé aujourd’hui Tambo-de-Urcos (1) qui n’en est distant que de 10 lieues (6 ou 7 lieues castillanes). Étant parvenu sur la cime de la montagne, il appela les Indiens qui vinrent l’adorer. Dans la suite, ils construisirent en ce lieu une huaca et y placèrent l’image en or de Viracocha, sur un banc, également en or massif. Lorsque le Dieu fut arrivé dans la vallée célèbre ou devait s'élever la capitale du Pérou, il désigna un chef pour commander à toute la contrée. Ce lieu fut appelé Cosco et, plus tard, Cuzco. De ce chef est
(1) Le nom ancien est Z'ampu : Tambo est une altération que les Espagnols ont fait subir au mot indien. 7'ampu en qquichua, tambo, en créole du Pérou, veut dire auberge ou lieu de repos. C’estce qu’on appelle en Espagne venta ou meson. Beaucoup de noms de villes, au Pérou, se terminent par la désinence tampu ou tambo, ce qui provient sans doute de ce que ces villes se sont formées autour des {ampu ou tambos dont elles ont pris le nom. C’est comme le mot château ou ses équivalents qui entre dans la constitution de tant de noms de villes eu Europe. Il se présente souvent, dans les auteurs espagnols, des noms de localités terminés par tampu on tambo qu’ils appliquent à des montagnes, à desfleuves, etc. ; correctement, il faudrait : [a montagne de.….., la rivière de... Gertainement la montagne en question ne s’appelait pas T'ampu ni Tambo-de-Urcos, mais bien la montagne de Tampu-de-Urcos, parce qu’elle se trouvait située près de la localité de ce nom. Le lieu appelé aujourd’hui 7'ambo-de- Urcos est dans la vallée et sur la rivière de Fucai dans le lieu qu’habitait sans doute la peuplade des Urcos, l’une de celles qui, par faveur spéciale, étaient autorisées à porter les oreilles plus ouvertes qu’aucune autre de l’empire des Incas ( Garcilaso ; Commentar. reales, HEC AND), CAS
sortie la race des Incas, fils du soleil. De là, Viracocha se rendit dans le pays baigné par la mer, il s’avança sur les flots, où 1l marchait comme sur la terre ferme, et disparut à l'horizon.
Une autre tradition rapporte qu’au commencement, un personnage appelé Con, sans os ni nerfs, ni membres, fils du soleil et léger comme l'air, remplit la terre d'habitants et les combla de tous les biens imaginables; mais qu'ayant été mécontent d'eux, illes priva de pluie. C’est alors que toute Ia côte de la mer du sud devint aride: Un autre fils du soleil, plus puissant et meilleur que Con, vint des régions du midi: il s'appelait Pachacamac, ce qui signifie créateur du ciel et de la terre (1). Le premier acte des hommes créés par Pachacamac fut de lui élever un temple à l'entrée de la vallée de Lurin, du côté du sud et à 4 lieues de l'endroit où les Espagnols fondèrent Lima. Plus tard, les prêtres de ce temple rendirent des oracles. Les princes et les seisneurs du pays furent inhumés en ce lieu : on enterrait avec eux celle de leurs femmes qu'ils avaient
(1) Garcilaso, Commentar. reales, 1.1, c. 1; Pedro de Cieca, c. zxr. — Les Indiens du Pérou donnent une autre origine au nom de Pachacamac, en le faisant dériver des mots ppaccha, qui veut dire source, fontaine, origine, et Cama qui signifie {out pris dans un sens absolu. En effet, les Indiens de la côte prononcent Pachacama et non Pachacamac. D’après cela, Pachacama vouûrait dire source de toutes choses. Cette étymologie me paraît préférable à Pautre, car Île culte de Pachacama était propre aux Indiens de la côte et c'était d’eux que les peuples du Cuzco l'avaient empruntée en quelque sorte par transaction, confondant Pachacama avec leur Firacocha.
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po ANEE le plus aimée, leurs principaux domestiques et les insignes où attributs qui rappelaient leur dignité. Tel est le récit de Gomara et de Levino Apolonio sur l'origine des peuples du Pérou (1). Il est évident que cette dernière fiction est empruntée aux habitants de la côte qui adoraient Pachacamac. Le récit merveilleux que nous avons rapporté plus haut sur Viracocha a été recueilli parmi les nations de la Cordillère, des environs du Cuzco et du‘lac Titicaca. Ces deux traditions n’ont rien de contradictoire : elles appartiennent seulement à deux pays différents, à deux religions distinctes, fondues, plus tard, en une seule par suite des conquêtes des Incas. IL est digne de remarque qu’elles parlent l’une et l’autre de deux créations successives et dela destruction dé la race humaine par suite de sa désobéissance.
Le P. Acosta (2) raconte que Viracocha, fit sortir les premiers seigneurs du Cuzco d’une grotte appelée Pacaric-Tampu (3). Mais cette tradition paraît se rapporter seulement à l’origine des Incas qui ne sont pas, comme on sait, les premiers dominateurs du Pérou.
Dans la plupart des contrées de l'Amérique, ces
(1) Voy. aussi Garcilaso, Comiment. reales, 1. x, c. 1; et Zarate, Hist. de la conquête du Pérou, 1.1, c. x.
(2) Liv, I, c. 25.
(3) Pacurec-Tampu (Garcilaso, Commentarios reales, 1. I, c. 15). 11 faut se défier un peu de cette orthographe Pacaric, car les dictionnaires , faits, il est vrai, après la conquête et sous l'empire des idées catholiques, donnent un mot écrit ainsi : Pacarik{qui voudrait dire Le péthé originel (évidemment de formation modcrne)}, L:A,
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indigènes avaient conservé des croyances semblables, en plusieurs points, à celles que nous venons de rapporter sur la création de la race humaine. Nous ajouterons à cela la tradition universellement répandue d’un déluge. Les Indiens du Pérou racontent, à ce sujet, que, lorsque les eaux couvrirent toute la terre, les habitants se réfugièrent dans les hautes montagnes, et fermèrent l'entrée des cavernes après avoir fait une grande provision de vivres et avoir pris avec eux une couple de chaque espèce d'animaux. Lorsque les eaux commencèrent à se retirer, les hommes, réfugiés dans les cavernes, lâchèrent les chiens qui revinrent tout mouillés, ce qui les avertit qu'il n’était pas temps de quitter leur retraite ; les ayant lâchés une seconde fois, ils revinrent crottés, mais non mouillés ; les hommes sorti rent alors de leurs cavernes et repeuplèrent la terre (Garcia). Nous retrouvons cette croyance parmi les habitants de Santa-Fé-de-Bogota. Elle existe également au Mexique avec des particularités fort remarquables consignées sur les peintures qui nous sont parvenues. D’après la cosmogonie de ce peuple, la mère commune des hommes déchut de son premier état de bonheur et d’innocence et ses descendants, ayant mal vécu, furent détruits par un déluge : une seule famille s’échappa sur un radeau. Le manuscrit mexicain, copié par Pedro-de-Los-Rios, en 1566, et conservé au Vatican sous le numéro 3738, nous représente, par des signes symboliques et des figures quinont rien d'impénétrable, les quatres äges du
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monde. Le troisième âge, qui aurait duré 4008 années, fut terminé par un déluge. Cette peinture représente un homme et une femme enfermés dans un tronc d'arbre flottant sur la surface des eaux qui couvrent la terre (1). Get homme s'appelait Coxcox (2). D'après un autre récit mexicain, sept individus séulement s'étant retirés dans des’ cavernes, échappèrent à la mort, ce qui s'accorde assez bien avec la tradition péruvienne. Ces personnages étaient des géants comme tous les hommes qui vécurent avant le déluge. Les os de mastodontes, que l'on trouve en grand nombre dans les environs de Mexico, ont dù servir de prétexte à cette légende sacrée. Les Indiens de ces contrées désignent encore aujourd’hui les molaires des animaux anté-diluviens qu'ils trouvent dans le sol, sous le nom de dents des géants. Les sept géants sortirent de la caverne et l’un d’eux appelé Xelhua, se dirigea vers Cholollan. En mémoire de la montagne Tlaloc qui l'avait abrité ainsi que ses frères pendant l’inondation, il construisit dans cette vallée une colline artificielle en
(1) Voy. la très-curieuse histoire du Mexique écrite en langue aztèque par Fernando de Alva (Ixtlilxochit}); — Gama, $62, p. 97; — Botturini, Catalego del Museo, etc., S VIII, n°13; — De Humboldt, ue des Cordillères. |
(2) I faut se défier des anciens manuscrits espagnols pour ce qui à rapport aux lettres figurées ainsi : X ; ce sont , le plus souvent, des R. Lorsque les Espagnols voulaient rendre lé son de notre X, ils écrivaient cs; quelquefois cependant le caractère X représentait bien pour eux un X ; mais se prononçait comme la Jota ; ainsi Jerez s’'écrivait autrefois eres. EL, À,
Coxcox est l’orthographe adoptée par M. de Humboldt.
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forme de pyramide dont la cime devait atteindre les nues. Les dieux irrités de l'audace de Xelhua, lancérent la foudre sur ce monument. L'ouvrage ne fut pas achevé et on le consacra dans la suite au Dieu de l’air, Quetzalcoatl. Sur une autre peinture mexicaine, on voit la barque de Coxcox arrêtée sur une montagne, le pic de Cholhuacan. Les peuples de Méchoacan racontent que T'ezpi qui est le même personnage que Coxcox ou Noé, s’'embarqua sur un acalli spacieux avec sa femme, ses enfants, plusieurs animaux et des graines précieuses. Le grand esprit Tezcatlipoca ordonna que les eaux se retirassent. Alors Tezpi laissa sortir de son arche un zopilote ou vautour. L'oiseau qui se nourrit de cadavres ne revint pas; Tezpi envoya d’autres oiseaux parmi lesquels était un colibri qui rapporta dans son bec un rameau garni de feuilles. « Les hommes nés après le déluge, dit M. de Humboldt, étaient muets : une colombe, du haut d’un arbre, leur distribua les langues. » Cette fausse interprétation du manuscrit est de Clavigero. L2 peinture ne représente rien autre chose que le départ d’une colonie : on voit, en effet, un oiseau perché sur le sommet d’un arbre, et, au pied, des hommes tournés tous du même côté comme une troupe qui se met en marche ; or le nom et le cri de cet oiseau signifient départ. C'est à M. Ramirez, directeur du musée des antiques à Mexico, que nous devons cette importante restitution du sens du manuscrit. Les récits que nous venons de rapporter sont empruntés aux monuments
indigènes CD 1 A supposant que quelques détiuls aient
été mal interprétés, rien de plus avéré, de plus répandu au Mexique, que cette croyance ancienne au déluge et à l'origine de la pyramide de Cholollan. Nous croyons qu’en présence de pareils témoignages, 1l est impossible de douter des rapports qui ont dû exister entre les contrées orientales de l’ancien continent et Amérique, bien longtemps avant la seconde découverte de l'Amérique par Colomb (1). Il ne parait donc plus permis aux esprits les plus sceptiques de conserver quelque incertitude à: cet égard et d’oser écrire que « la manie d'attribuer à Ja civilisation aborigène de l'Amérique une descendance apostolique de l’ancien monde nous à valu l’histoire imaginaire des émigrations opérées du continent asiatique sur les côtes du Nouveau-
Monde (2). »
(1) Nous ne parlons pas de la découverte des terres du Nord par les Normands pendant le moyen âge, car l’action civilisatrice de ces peuples paraît avoir été fort restreinte. Il est impossible du moins de retrouver, dans les latitudes méridionales, la moindre trace de leur influence permanente: c'est du moins l’opinion de M. César Daly, architecte, directeur de la Revue de l’ Architecture, etc. Il a passé trois années à étudier les monuments des aborigènes, depuis le Canada jusqu’au Panama. I] à fait, non des croquis ou des vues pittoresques, mais des relevés mesurés à la manière des architectes et des antiquaires. Il a relevé, dans l'Amérique centrale, des villes entières avec tous leurs monuments peints et sculptés. Il ressort de ces travaux, qui ue tarderont pas à être publiés, que les Indiens avaient un système propre d’architecture , peinture et sculpture tant en haut qu’en basreliefs, que leur habileté dans les arts plastiques était fort remarquable , et que les peuples de l'Amérique, avant la conquête, viennent à leur tour confirmer l’universalité du système de Parchitecture polychrome si discuté naguère à propos de l’antiquité grecque et romaine. E: D.
(2) Hermann KE. Ludewig; Lettre a AL. Jomard, New-York, 23 sep-
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On trouve dans les sermons d’Avendano(f), écrits moitié en espagnol, moitié en qquichua , une singulière tradition sur l’origine de la race péruvienne. Or, on doit ajouter d’autant plus de foi à l'existence de la légende religieuse que nous allons rapporter, que le moine espagnol n'en parle, dans son instruction, que pour la combattre comme un souvenir idolatrique. Dans une certaine contrée du Pérou, l’on croyait que trois œufs étaient tombés du ciel : Pun en or, le second en argent, le troisième en cuivre. Du premier, étaient sortis les curacas ou chefs; du second , les nobles; du troisième, le peuple.
Ces fictions, qui rappellent à la fois la Bible et les religions de l'Égypte et de l’Inde, ont assurément un grand intérêt; mais il faut se contenter de semblables récits pour toute la période qui précède les Incas, au Pérou. Ce n'est guère que 400 ans avant la conquête que l’on aborde l’histoire probable de ce pays. Presque tous les historiens espagnols s’accordent à reconnaître que, dans le premier âge, il n’y avait que désordre et confusion, ét que Ja civilisation de cette contrée ne date que de l’arrivée de Manco Capac, premier Inca et législateur de Cuzco. D’après ces écrivains, toute cette époque légendaire aurait été comme l’âge de fer du Pérou. Les peuples, encore barbares , sans lois, sans moralité, étaient hvrés à leurs instincts grossiers. Ignorant même les
tembre 1854 ( Voy. le Bulletin de la Société de Géographie de Paris, janvier et février , 1855), (4) Serm. IX, p. 100.
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arts utiles, ils ne construisaient que de rustiques habitations et ne jouissaient d'aucuns des bienfaits des sociétés policées. Ils adoraient tout ce qu'ils voyaient : les plantes, les pierres, les grottes, les montagnes, — les animaux, les uns, pour leur férocité, afin de les conjurer; les autres, pour leur ruse,
es autres enfin, pour le hien qu'ils en retiraient. Le condor, le faucon, l'aigle, la chauve-souris étaient au nombre de leurs divinités. Quelques tribus adoraient la terre; célles de la côte , la mer qu'ils appelaient Mamacocha (1). Ils faisaient t us des sacrifices humains, immolaient même quelquefois leurs propres enfants et s’adonnaient à la magie. Ils se construisaient des maisons en terre ou habitaient des cavernes. La promiscuité des sexes était générale et sans distinction. Tel estle tableau queGarcilaso nous
(1) De mama , mère, nourrice, dame, maîtresse, et kocha, lac : lac mourricier, ou, peut-être, grand lac; en effet, dans les langues primitives , où les mots expriment, avant tout, des faits et des idées matérielles, on trouve souvent que les qualités des choses les plus remarquables sont exprimées par le nom lui-même de ces choses en y joignant celui des objets auxquels on veut appliquer ces mêmes qualités. Or les père et mère sont d’abord plus grands et plus forts que leurs enfants, et ce n’est même que tant que cette disproportion existe que la paternité est sensible à l'œil, C’est ainsi que dans le créole français de Saint-Domingue, qui n’est qu’une application des mots français à la langue nègre, les mots papa et maman deviennent de véritables adjectifs, servant à exprimer que les objets auxquels on les applique sont grands et forts: papa-bäton, gros bâton; mamanbouteille, grande bouteille, etc. Cela est tellement dans le génie de la langue qquichua que, pour n’en citer qu’un exemple, ceinture-se dit chumpi,et, pour désigner une ceinture forte et large, on dit mama-
chumpi. Je crois donc que mamacocha veut dire grand lac, ou la mer, plutôt que lac nourricier. L: A.
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trace de l’état du Pérou avant l’arrivée des Incas, et presque {ous les autres écrivains, venus après Jui, conforment leurs récits au sien. Un seul diffère sur ce point : c'est Montesinos qui considère Pirhua- Manco, père de Manco-Capac, comme le civilisateur du Pérou, mais qui le place plusieurs siècles avant les Incas. 1] dresse ensuite une longue liste de rois, auxquels il attribue un grand nombre d'institutions. Il croit que ces rois sont les vrais civilisateurs de ce pays, il donne même à entendre que la civilisation des Péruviens, pendant ces anciens âges historiques, était supérieure à celle des Incas. Sans accorder trop de confiance à cet écrivain, nous n’hésiterons pas à dire dès à présent que l’étude que nous avons faite des monuments semble jusqu’à un certain point justifier son opinion au moins d’une manière générale. Nous ajouterons qu'il a dû s’accomplir au Pérou une révolution analogue à celle du Mexique, où les Toltèques ont laissé des traces non équivoques d’une civilisation incontestablement plus parfaite que celle des Aztèques qui étaient en possession de cette contrée lors de l’arrivée des Espagnols. Ce fait, connu de tous ceux qui se sont occupés de l’histoire de cette dernière contrée, est entièrement nouveau pour le Pérou ; aussi tâcherons-nous d’en faire ressortir l’importance dans la dernière partie de ce travail.