‹ Le Pérou économique;Chapitre 17 sur 35 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

I. La populalion; comment elle est répartie. — Mosaïque ethnographique. — III. Caractère des Péruviens, — IV. Qualités et défauts. — V Abus du régime du bon plaisir. — VI. Le padre et l'impôt sur le revenu. — VII. Combats de taureaux. — VIII. Bataille de coqs. — IX. La Liméenne et sa réputation. — X. La dudosa. — XI. Un mot de la Chilienne. — XII. Les Chinois au Pérou. — XIII. Main-d'œuvre appréciée. XIV. La race tj'pique péruvienne, les qiiechuas. - XV. Usages, mœurs et coutumes. — XVI. Le Quechua est-il un sage ? — XVI. Population étrangère.

I. — Depuis 1876 il n'a pas été fait de recensement officiel. Cette opération, exécutée dans des conditions défectueuses, attribua au Pérou une population approximative de 3.000.000 d'habitants, cliillre que tous les géographes continuent à mentionner. Cependant, d'après les calculs faits par la commission de démarcation territoriale de la Société de géographie de Lima, qui rend au Pérou de si grands services, cette population serait actuellement de 4.610.000 habitants. Ce chilïre, peut-être exagéré, est cependant celui qui se rapproche le plus de la vérité.

Cette population est Tort inégalement répartie sur tout le territoire péruvien. Tandis que sur la Costa certaines régions sont relativement très peuplées, la Sierra froide et peu fertile l'est un peu moins; la population est plus dense

dans les vallées de la Sierra, sur les versants orientaux et occidentaux de la Cordillère, où tombe la pluie, où se trouvent les torrents et les vallées propres aux cultures alimentaires et aux cultures tropicales, où les flancs montagneux du versant méridional sont tapissés de vastes forêts.

La Montana est presque déserte, surtout dans la partie la plus proche du Brésil, habitée seulement par quelques tribus d'Indiens ; les centres de population sont rares et éloignés les uns les autres.

Beaucoup de Péruviens se prétendent d'une pureté de sang absolue, et assurent descendre des premiers conquistadors, prétention qui, dans la majorité des cas, paraît contestable. En réalité, le métis, ayant plus ou moins de sang européen dans les veines^ forme la base de la population comme dans toutes les républiques hispano-américaines.

Mais, c'est la race indienne, la race conquise, qui domine au Pérou comme dans toute la région tropicale de la Cordillère; plus des deux tiers de la population sont des Indiens de race pure ou des métis. Cette population indienne a conservé les usages et la langue de ses pères. Les métis participent des deux races ; aussi la civilisation est-elle inégalement développée dans les différentes classes de la société.

Les principales races du monde entrent dans la population du Pérou. La race blanche, représentée par les Européens et leurs descendants ; la race jaune, par les Chinois introduits comme coolies; la race noire, par les descendants des africains emmenés comme esclaves pendant la colonisation ; enfin, comme nous l'avons dit, la race rouge américaine représentée parles Indiens civilisés, les Quechuas (1),

(1) Différents auteurs écrivent Qquechuas ou Quichuas, d'autres Quechuas (on prononce quetchoua); il nous semble que cette orthographe se rapproche leplus de la prononciation indienne.

descendants des sujets de l'empire des Incas, et par les indigènes qui vivent à l'état sauvage dans la Montana.

II. — Toutes ces races, ne se sont pas conservées pures, car la population du Pérou est une véritable mosaïque ; elles se sont mélangées continuellement et dans des proportions indéfinies, si bien que de ces croisements multiples et successifs, il est résulté une multitude de castes connues sous les noms de :

Le Cholo, au féminin chola, issu de blanc et d'indien;

Le Chino-CholOf issu d'indien et de cholo ;

Le Zambo, issu de nègre et d'Indien;

Le Chino-ZambOj issu d'Indien et de Zambo ;

Le Cholo-Zambo, issu de Zambo et de Cholo ;

Le Chino-Oscuro (indien foncé), issu de Zambo et d'Indien;

Le Zambo-Claro, issu de Zambo et de blanc ; etc., ainsi que toute la gamme des croisements avec les nègres, mulâtres, quarterons, produit de mulâtre et de blanc avec 25 pour 100 de sang noir, le quinteron produit de blanc et de quarteron, avec 12 1/2 pour 100, letrigueno ou octavon, avec 6 1/4, etc., etc.

La population est donc composée de la manière suivante : Indiens 56 pour 100; métis 25 pour 100; blancs d'origine espagnole ou étrangère, 19 pour 100.

Le Dudoso (douteux) est un type difficile à classifier, car il n'a plus dans les veines que 10 à 15 pour 100 de sang indien.

Cependant, il existe encore dans la Costa un certain nombre de villages où les Indiens se sont conservés purs de tout mélange avec les autres castes, particulièrement dans les centres de Piura, Eten, Morrope, Huarmey,

HUACIIO, ClIORRILLOS, ChILCA, ctC.

La grande majorité des blancs, noirs, mulâtres, métis

occupent généralement les vallées de la Costa. Les Indiens Quechuas habitent de préférence la Sierra, quoique on y trouve aussi les autres types. Mais beaucoup de villes et villages sont presque uniquement composés d'Indiens, comme dans la région du Gollao (département de Puno) et dans le département de Cuzco, où les blancs et métis sont si clairsemés qu'ils ne représentent guère que la cinquième partie de la population.

Dans une proportion à peine plus élevée, il en est de même pour les agglomérations de la Montana. Dans la sierra, bien que la plupart des Indiens des hauts plateaux péruviens parlent et comprennent suffisamment l'espagnol surtout dans les centres, c'est la vieille langue quechua qui est toujours usitée. Il est préférable de les interpeller dans leur propre langue si on veut avoir raison de leur réserve et de leur défiance.

Le voyageur n'a pas besoin de parcourir les diverses régions du Pérou pour avoir un aperçu de la diversité des races qui y existent : une promenade dans les rues et les faubourgs de Lima suffît.

C'est au marché principal, situé au centre du quartier habité par les Chinois, que l'on peut le mieux faire ces observations. Là, et dans les rues qui y conduisent, on voit des négresses, des cholos, des zambos des deux sexes vendant des morceaux de viande cuite ou rôtie sur de maigres brasiers.

Autour des places publiques, aux abords des promenades, toute une variété de vieux chino-cholo, chinozambo, mulâtres, nègres, trigueno, etc., accroupis et couverts de ponchos de laine rouge ou de couleurs voyantes, demandent l'aumône aux passants.

Des Indiens au visage cuivré, aux longs cheveux plats tombant sur les épaules, échangent, dans les bouti-

ques, les produits de leur chasse ou de leur industrie.

III. — Malgré la diversité des races qui ont contribué à former la population actuelle du Pérou, on peut affirmer que le fond du caractère des Péruviens est une bonté affectueuse qui les fait aimer de quiconque a pu les apprécier. Parmi les vertus principales de leur race, figurent en première ligne une générosité réelle, et la tradition d'une hospitalité affable et sans étalage. En général, il est difficile de trouver un caractère plus franc, plus aimable et plus serviable. Doué d'une imagination brillante, le Péruvien est malheureusement trop souvent indolent et apathique, cela gâte passablement ses belles qualités.

Avec sa taille moyenne, ses traits fins, son visage régulier, le Péruvien, offre l'empreinte de l'affabilité qui est le fond de sa nature même ; son caractère fier mais plein de bonne grâce en a fait un des hommes les plus sympathiques de l'Amérique espagnole (1).

Le Péruvien blanc ou métis pratique envers les étrangers une hospitalité large et amicale comme on n'en rencontre plus souvent dans notre vieille Europe. C'est surtout dans les petites villes de l'intérieur et dans les campagnes, chez des propriétaires plus ou moins fortunés, que cette hospitalité est vraiment digne d'éloges.

Quand, dans la campagne, le voyageur trouve sur sa route une ferme ou une maison de campagne, il n'hésite pas à mettre pied à terre sûr d'être bien reçu et hébergé. Mais comme nous l'avons dit, c'est dans les petites villes

(1) Convaincu que la connaissance du caractère, des qualités et des défauts de la population d'un pays dans lequel on va se fixer ou faire des affaires, est indispensable pour éviter de froisser des préjugés, des coutumes, des superstitions ou des croyances enracinées, et se créer ainsi des relations faciles et des débouchés, nous croyons devoir nous étendre un peu sur le caractère des Péruviens d'origine blanche et Quechuas habitant la Sierra et les Hauts-Plateaux de l'intérieur.

et villages de l'intérieur que l'afTabilité est la plus grande.

Si, hésitant, on s'arrête devant une ferme ou une maison, le propriétaire ou son intendant, entouré des enfants et de la domesticité qui regarde d'un air curieux et bienveillant, s'approche et salue avec courtoisie :

Apease senor, y descanse, aqui esta usted en su casa (1). Une fois que les présentations dusage ont été faites, on est invité à partager la vie familiale et installé dans la meilleure chambre. Il en est de même dans les petites agglomérations, où l'auberge, presque officielle, est la maison du gouverneur, ou celle du curé ; on s'y installe comme chez soi, sans étiquette, et l'on vous comble de prévenances, comme on pourrait le faire envers un ami.

IV. — On trouve cependant des exceptions à cette tendance générale, dans les hautes parties de la Cordillère et dans certaines régions du sud du Pérou; cette hospitalité discrète et désintéressée n'est guère alors offerte et pratiquée que chez les habitants de race blanche, ou ayant dans les veines une forte proportion de sang européen ; car parmi les indigènes de race pure, c'est plutôt avec méfiance et hostilité qu'ils accueillent en général le voj^ageur.

Pour les renseignements, les préparatifs que nécessitent un voyage ou une entreprise, pour obtenir les vivres ou l'abri nécessaire, il faut, lorsqu'on s'adresse à l'Indien des Hauts-Plateaux péruviens, s'armer d'énormément de patience, de douceur et de fermeté à la fois. Le souvenir des exactions subies est resté gravé dans l'esprit de l'Indien.

Aussi le voyageur se heurte-t-il souvent à la phrase

(1) Mettez pied à terre senor, et reposez-vous ici, vous êtes chez vous!

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sacramentelle ûes Indiens quechuas. « Mana ti anclio » (je n'en ai pas) ; ou « No hay senor » (il n'y a rien). Quoi que l'on demande, c'est la réponse de l'Indien qui ne veut rien donner.

Le mieux est de ne rien demander qu'après avoir engagé une conversation banale et d'olfrir un tragOy gorgée d'eaude-vie, à l'Indien, qui, rassuré, s'empressera de mettre ce qu'il possède à votre disposition.

Quelques voyageurs peuvent avoir une opinion moins bienveillante sur le caractère des Péruviens. Quant à nous, nous sommes heureux de répéter que cette hospitalité nous a été douce au cœur ; loin du sol natal, elle est plus appréciable.

On est souvent étonné de se voir reçu avec tant d'égards et de générosité par des inconnus qui vous voient pour la première et le plus souvent pour la dernière fois.

Les Péruviens, de toutes les conditions, ont des mœurs excessivement douces, ce qui fait que certains voyageurs ont pu représenter le Pérou comme une nation sans courage. Cette opinion nous paraît être une grave erreur, car nous avons eu l'occasion d'apprécier la valeur de beaucoup de Péruviens dans des circonstances où la bravoure et le courage ne sauraient être contestés.

Il n'en est pas moins vrai, que hors des grands centres, les rixes et les meurtres sont rares, et dans ce dernier cas, ils sont le plus souvent commis par des étrangers.

V. — Ce sont là les qualités des Péruviens ; il est regrettable que, par contraste, il faille exposer un cernombre de vices ou de défauts. On peut leur reprocher entre autres, surtout dans les villes éloignées, des mœurs administratives, religieuses, commerciales, politiques, qui chez nous, seraient entachées de vénalité et d'improbité ;

là-bas, ces procédés sont considérés comme des habiletés même par ceux qui en sont les victimes.

Les extorsions et les abus d'autorité vis-à-vis des indigènes et en général de tous ceux qui paraissent sans influence, sont assez fréquents.

Ainsi, il arrive parfois qu'un almacenero ou tiendero (1) d'une localité de l'intérieur, se trouve concurrencé par le lieutenant gouverneur ou le gouverneur lui-même ; un jour, il se verra poursuivi, et une partie de ses marchandises confisquées sous prétexte qu'elles sont de mauvaise qualité. Le fonctionnaire, un métis le plus souvent, rachète ensuite ces marchandises à bas prix et les revend avec les siennes. Ou bien c'est le même commerçant qui ne se résigne pas à abandonner une partie de ses bénéfices entre les mains du gouverneur ou autre autorité de second ordre et qui voit mettre toutes sortes d'entraves à son commerce. S'il se plaint, les juges lui donneront tort.

Dans les petites localités éloignées de l'intérieur, c'est le régime du bon plaisir ; le code et les lois sont plus ou moins respectés, suivant qu'il y a plus ou moins de moyens de communication faciles avec le pouvoir central.

Ce sont là des défauts qui ne sont pas exclusivement propres aux Péruviens.

Dans beaucoup de cas, il faut aussi compter avec les coutumes locales, l'ignorance et les préjugés séculaires rendus plus étroits par l'entêtement et la mauvaise volonté.

(1) Propriétaire à.'almacen, ou de tiendas,ce sont des magasins, véritable emporium où l'on trouve les marchandises les plus variées : tout d'abord des liqueurs de toutes sortes, des cotonnades, du pétrole, delà bimbeloterie, du bois, des articles de piété, des pétards, tout ce qui concerne l'épicerie et aussi tout ce qui est nécessaire à l'équipement d'un cavalier; une boite de conserve voisine avec un éperon ou des lunettes. Dans 1 intérieur et même sur la Costa les magasins de spécialités n'existent pas.

Les abus dont se plaignent le plus les indigènes sont ceux commis par les collecteurs d'impôts, sur les tabacs, sel et autres monopoles d'Etat, que le gouvernement s'est vu dans l'obligation d'établir depuis que le Chili s'est emparé des riches gisements de nitrate de soude dont les revenus alimentaient le budget du Pérou.

VI. — Quoique complaisants et hospitaliers pour le voyageur, nous devons avouer que les curés des Hauts-Plateaux péruviens agissent comme un simple gouverneur vénal ou un collecteur d'impôt. Ces padres exploitent de toutes les façons possibles la superstition et la crédulité des Indiens. Certaines cures rapportent ainsi des revenus fort coquets ; ces prêtres ayant institué à leur profit un impôt sur le revenu, on voit que rien n'est nouveau sous le soleil et que nos démagogues n'ont rien inventé.

Les Indiens sont taxés par leur taita. (1) suivant leurs ressources, qui toutes lui sont connues ; le rendement des champs, le nombre des têtes de brebis ou de Hamas, le nombre de soles argent qu'ils ont pu économiser et dissimuler soigneusement. Ils connaissent ces cachettes par la confession et les malheureux Quechuas ont beau prier, supplier, ils doivent verser la somme ou le tribut convenu ; le padre finit toujours par imposer sa volonté en refusant les sacrements, bénédiction, messes, etc. Des tarifs et des taxes officielles, ils s'en soucient fort peu.

En échange de ce tribut volontaire, ils aident leurs ouailles de leurs conseils et les défendent parfois contre d'autres abus. Contrairement aux règlements ecclésiastiques, les padres des villages de l'intérieur ont généralement des mœurs qui laissent à désirer. Pendant les absences du padre, c'est sa servante qui le remplace dans

(1) Synonyme de père, nom donné par les Quechuas à leurs curés.

la confiance des fidèles qui ne s'en portent pas plus mal.

Ces coutumes, auxquelles on a vainement essayé de mettre fin, sont sanctionnées par le temps. Sur le littoral et dans les villes, les prêtres ont plus de discrétion et de dignité, tandis que chez les Quechuas, le relâchement de la règle est un usage établi contre lequel on ne peut réagir, leur pseudo-christianisme étant composé de fortes réminiscences païennes.

Les combats de coqs et surtout les corridas de taureaux sont en grande faveur, non seulement à Lima, mais dans tout le Pérou. Chaque ville, chaque bourg même, possède sa PlsLza de Hacho, généralement la place centrale de la localité, où des toréadors amateurs se livrent, au grand plaisir de tous, à leur sport favori.

VII. — Lima possède son arène qui est une des plus grandes qui existent ; elle est à ciel ouvert et environnée de gradins qui peuvent contenir près de 10.000 personnes, et l'attrait dont jouissent ces corridas est si considérable que les tribunes se garnissent en un clin d'œil.

Mais tandis qu'autrefois, comme en Espagne, ces courses étaient entourées d'une certaine splendeur et de tous les raffinements de l'adresse et de l'agilité, cène sont plus aujourd'hui que de pâles copies, l'arène de Lima ne pourrait être qualifiée que d'abattoir de carnaval, où les matadores ressemblent plutôt à des bouchers. Il n'y a là qu'une lutte sans hardiesse entre des bêtes inoffensives et des hommes couverts de clinquants charlatanesques.

Le cerro San Cristobal et les sommets lointains de la Cordillère occidentale que l'on aperçoit des tribunes, forment à la Plaza de Hacho de Lima un décor incomparable.

VII. — Lespe?eas de gallos (combats de coqs) sont plus qu'une distraction, mais une véritable passion chez les

Péruviens. A Lima, les casas de gallos (maisons de coqs), sont ouvertes plusieurs fois par semaine, quelques-unes mêmes ouvrent toutes les après-midi. La casa de gallo est toujours un cirque en miniature peint de couleurs claires. L'entrée coûte un franc.

La foule animée des parieurs occupe les gradins ; toutes les catégories sociales, tous les types de race, blancs, noirs, Cholos, Indiens, sont confondus sur les mêmes bancs, exaltés, dominés par la même passion, Tamour du jeu. On échange les paris au milieu des cris bruyants, des courtiers inscrivent sur des carnets le chiiïre de ces paris.

Bientôt on introduit les combattants que l'on présente l'un à l'autre, puis on les arme d'espuelas (éperons) ou ergots d'acier acérés qui sont soigneusement ficelés aux 'ergots. Un inspecteur olficiel s'assure que tout est fait suivant les règles et que les chances sont égales pour les deux lutteurs. Puis, le silence s'établit, les deux champions mis en présence se tournent le dos, mais presque aussitôt, ils se rapprochent lentement en becquetant le sable de l'arène, ils s'observent pendant quelques secondes, tout à coup, ils s'élancent l'un sur l'autre, comme poussés par un même ressort, l'œil sanglant, la plume hérissée, se frappant du bec et de l'ergot, les plumes volent. Le combat dure souvent une dizaine de minutes suivant la force et la science tactique des deux adversaires. Nous avons vu des coqs qui, rendus borgnes et blessés par plusieurs coups d'éperons, continuaient à se battre avec acharnement.

Quelquefois la lutte est courte et se termine par la mort d'un des adversaires atteint d'un maître coup d'éperon, ou la tète fendue d'un coup de bec ; parfois aussi, après un premier engagement, un des champions refuse le combat. La victoire appartient au survivant, ou à celui qui a blessé

grièvement ou fait fuir son adversaire. Les enjeux sont souvent condidérables et les hommes de la meilleure société liméenne fréquentent assidûment les maisons de coqs.

IX. — En parlant de la population, nous ne pouvons passer sous silence la Liméenne, à qui tous les voyageurs ont rendu hommage en la représentant comme le type le plus charmant de la beauté exotique. Sans épouser d'enthousiasme l'opinion de ces voyageurs, nous ne ferons aucune restriction en ce qui concerne les femmes issues de la race espagnole, elles n'ont point usurpé leur réputation de gentillesse. Quoi qu'en disent certains, beaucoup même sont fort belles. Mais c'est surtout chez elles, en soirée, au théâtre, que l'on peut vraiment les apprécier ; peut-être sont-elles un peu capricieuses etleur instruction quelquefois négligée, mais elles sont toujours spirituelles, gracieusement accueillantes; elles peuvent être considérées à juste titre comme les Parisiennes de l'Amérique du Sud. Ce qu'on peut leur reprocher, par exemple, c'est un amour immodéré pour le plaisir et une prodigalité excessive ; lorsqu'elles le peuvent, elles dépensent à pleines mains, comme des enfants imprévoyantes.

L'amour, le jeu, la danse et la boisson sont d'ailleurs la passion dominante de toutes les classes de la société péruvienne. Chez les Métis et les Indiens, cette passion est poussée aux extrêmes limites. L'ambition la plus haute d'une Liméenne est d'être vêtue à la dernière mode de Paris, aussi est-il permis de regretter l'abandon de la gracieuse saya, jupe étroite leur allant à ravir. La manta (1) est le seul vêtement original conservé par la

(1) Sorte de châle noir en cachemire qui couvre la tête et le haut du corps, une frange de dentelle se rabat sur le visage en forme de demi-voilette, l'un des pans est rejeté sur 1 épaule ou vient s'attacher sous le menton.

Liméenne. Si la mante elle-même n'a pas été abandonnée, c'est que les coquettes Liméennes se rendent bien compte que ce châle leur sied à merveille et qu'aucun corsage de création européenne ne pourra les faire paraître plus élégantes.

Quelques voyageurs qui n'ont fait à Lima que le séjour d'une courte escale, sont revenus désillusionnés, affirmant que la Liméenne ne mérite pas la réputation qui lui a été faite.

Peu renseignés sur l'ethnographie péruvienne, et sur la diversité des types que l'on peut rencontrer dans les rues de Lima, ils confondent avec la Liméenne, d'origine espagnole, les créoles, désignées en raison de leur teint absolument blanc, les dudosas (douteuses) qui abominablement fardées et plâtrées déambulent dans les rues de la capitale du Pérou, s'efforçant, ce qui est leur plus haute ambition, de n'être pas prises pour des Péruviennes. Quoique le métissage ait donné fréquemment des résultats heureux en ce qui concerne les femmes, ce ne sont pas les dudosas qui peuvent être offertes comme des types de beauté.

XL — A ce sujet, la Chilienne emporte les préférences de ces voyageurs, car à Santiago, il n'y a pas de confusion possible, il n'existe qu'un seul type, produit des multiples croisements entre les premiers conquistadors et les Indiens Changos et Promacaues depuis longtemps disparus. Quoique aussi très belle et d'allure noble et fière, la Chilienne froide et réservée, en raison de sa vie renfermée, patriarcale même, est peut-être moins vive, moins spirituelle et moins sympathique que la Liméenne. La raison de cette différence de caractère réside sans doute dans la différence d'origine; la première descend des Biscaïens et des Catalans qui vinrent au Chili pendant les premiers temps de la colonisation, la seconde est d'origine andalouse.

XII. — A propos de la population, nous sommes naturellement amenés à parler des Chinois qui sont nombreux au Pérou (environ 55.000). Ils y furent introduits en 1850, pour être employés à l'extraction du guano des îles Ghinghas. A cette époque et jusque vers 1890, ils furent à peu près traités (ou maltraités) comme des esclaves. Aujourd'hui, ils ne sont la propriété de personne, ils travaillent à la tâche et à la journée et leur salaire se règle d'après la loi de l'offre et de la demande. Quoique l'émigration chinoise se soit considérablement ralentie, des convois de quelques centaines de coolies, travailleurs libres, arrivent de temps à autre et sont immédiatement répartis sur la Costa.

Les Chinois, derniers venus au Pérou, y ont trouvé une terre fertile, et, malgré les abus dont ils furent l'objet, et les souffrances du début, la plupart se sont fixés dans le pays sans espoir ni désir de retour. Fait remarquable, les Asiaticos, comme on les nomme, fixés au Pérou, ont tous fait le sacrifice de leur queue et de leur costume national et ont adopté le costume et une partie des coutumes des Cholos ; ils ont fait souche avec les femmes indigènes, un nouveau croisement qui n'a pas encore reçu de dénomination est venu compliquer une situation déjà passablement embrouillée.

Contrairement à leurs compatriotes de Californie qui forment une véritable colonie chinoise à San-Francisco, les Chinois du Pérou se sont concentrés dans les villes de la Costa, où ils sont associés par sortes de confréries : patients, laborieux, économes, âpres au gain, quelquesuns se sont fait d'excellentes situations.

XIII. — Les Chinois sont très recherchés pour la maind'œuvre dans les travaux agricoles, dans les villes ils pratiquent tous les métiers. A Lima, le quartier qu'ils

fréquentent n'est pas exclusivement habité par eux, ils vivent côte à côte avec les blancs, les métis et les mulâtres. Quoi qu'on dise sur leur compte, nous ne concevons pas très bien le mépris, la haine qu'ils inspirent à la masse ; c'est sans doute parce que, plus industrieux, faisant tous les métiers, ils sont recherchés par tous les patrons qui ont besoin d'une bonne main-d'œuvre. Nous n'éprouvons pour les Chinois aucune antipathie, au contraire, nous les avons toujours vus, généralement honnêtes et consciencieux ; ils se prêtent à toutes les besognes et, pourvu que l'on soit juste et bon à leur égard, ils sont susceptibles de dévouement.

On ne saurait s'imaginer l'énergie et la résistance au plus dur travail de ces petits hommes. On en rencontre dans les rues de Lima et du Gallao, chargés de fardeaux qu'aurait peine à soulever un blanc ou un noir d'apparence plus robuste. Du lever au coucher du soleil, ils ne chôment que pour absorber leur maigre pitance qui se compose le plus souvent d'un peu de poisson et de riz mal cuit, le tout arrosé d'eau claire.

Achetant de tout, trafiquant sur tout, ces hommes industrieux et tenaces sont parvenus à se tailler une petite place dans ce pays ou naguère ils ont débarqué comme esclaves. A Lima les magasins des Asiaticos sont aussi nombreux que les magasins de mode français ; ils font d'excellentes affaires et sont considérés comme des commerçants honnêtes.

XIV. — Les Quechuas forment la race typique péruvienne. Gomme nous l'avons dit, les Indiens de race pure fournissent plus de la moitié de la population ; la langue quechua, qui possède des conjugaisons très bien définies, est douce, sentimentale et poétique.

Une autre race, celle des Aymaras, occupe, mais dans

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Tine faible proportion, la région qui avoisine le lac Titicaca ; la plus (grande partie de ces Indiens se trouvent répartis sur les Hauts-Plateaux boliviens, formant autrefois le Haut-Pérou, Le langage des Aymaras diffère du quechua; c'est un idiome dur et guttural ; il paraît peu formé mais possède aussi des conjugaisons. Tel qu'il est, c'est cependant un langage énergique et surtout concis. Gomme les relations sont moins fréquentes avec les indigènes de cette race, nous ne parlerons que des Quechuas qui sont intéressants à divers titres.

XV. — Le Quichua, ou Quechua, Indien des hautes régions du Pérou, est de taille moyenne ; le visage est ovale, le nez fort et quelque peu aquilin, le teint cuivré, les pommettes fortes et saillantes. Son costume est très simple et se compose d'un poncho de laine de couleur voyante, d'une veste de laine et d'un pantalon ne dépassant pas le genou ; comme coiffure l'Indien porte un chapeau plat, mais généralement un bonnet de laine pointu à oreillettes. Le polco, qui est l'unique chaussure quechua, est composé d'un morceau de cuir frais découpé suivant la forme de la plante du pied ; cette chaussure légère est fixée à l'aide de lanières de cuir.

Les femmes quechua portent aussi le chapeau et une petite veste de laine échancrée sur la poitrine. Leur plus grand bonheur consiste à profiter de toutes les occasions, pour exhiber toutes les jupes dont se compose leur garderobe. Ces robes sont mises les unes sur les autres, et comme elles sont toutes de la même longueur, chacune laisse apercevoir le bas de celle qui la précède, ce qui permet d'en faire facilement le compte, et présente une gamme savamment variée de couleurs rouges, bleues et vertes. Ce costume est complété par une mante de laine ressemblant au poncho, et, comme ce dernier, tissée par

elles-mêmes; cette mante est retenue sous le cou par une grosse épingle d'argent, affectant plus particulièrement la forme d'une cuillère.

L'Indien de la Sierra forme une race extrêmement prolifique; on est toujours surpris du nombre de mamans que l'on rencontre dans les plus petits villages. En outre les Quechuas ont conservé le respect des vieillards, et ils entourent de soins leurs malades femmes et enfants.

L'Indien quechua de pure race est de caractère doux et pacifique, des plus soumis à toutes les autorités et en même temps aussi honnête qu'il est sale et indolent. Ces indigènes, plutôt sympathiques, vivent dans un état de misère matérielle et morale des plus profondes; ils sont d'humeur taciturne et leur visage semble refléter une incurable tristesse.

Au moral, bons, serviables et doux entre eux, ils se battent parfois lorsqu'ils sont sous l'influence de l'alcool, mais sans que ces combats entraînent mort d'homme ; les crimes commis par les indigènes sont rares.

Lorsqu'un Indien part en voyage, tout le village l'accompagne jusqu'à une certaine distance ; c'est l'occasion de libations sans nombre, ce qui est la raison d'être de toutes les réunions péruviennes ; mais dans cette manifestation, il existe quand même une preuve d'affection.

Traités comme des bêtes de somme et courbés sous le joug d'une servitude abjecte durant toute la durée de la colonisation, les Quechuas virent leur sort s'améliorer quelque peu après que le Pérou eût conquis son indépendance. Depuis cette époque, le terrible impôt de la mitdj ou travail obligatoire dans les mines qui fit mourir des millions d'Indiens, est aboli, ainsi que celui des répartitions (repartimientos) ou achat obligatoire des principaux objets de consommation. Cependant, malgré les lois édic-

tées sous la République, les impôts sont encore fort inégalement répartis, et les Indiens sont toujours ceux qui ont encore à subir les plus lourdes charges. Des contributions injustes sont souvent imposées d'une façon arbitraire par les préfets, les gouverneurs, les chefs de district, et parfois aussi par d'autres indigènes, lorsque ceux-ci sont parvenus à quelque fonction officielle. En outre, le malheureux Indien peut se voir arraché à sa famille pour être enrôlé de force dans l'armée.

II ne faut donc pas s'étonner que l'infortuné Quechua, voyant les autorités prélever une lourde dîme sur son troupeau qui constitue toute sa fortune, ne cherche en aucune façon à augmenter son avoir, craignant toujours un prélèvement plus important. Dans cet état d'esprit, le Quechua ne peut avoir qu'un goût très modéré pour le travail, car il ne cherche à produire que ce qui est strictement nécessaire à son alimentation; celle-ci se compose de chalona. (mouton sec), de cecina, (bœuf salé), et plus généralement de maïs et de chuno (pomme de terre gelée et soigneusement séchée).

Pour fabriquer le chuno, l'Indien expose pendant plusieurs jours des pommes de terre à la gelée ; ces pommes de terre sont ensuite lavées, puis séchées, soit devant un foyer, soit au soleil. La pulpe est ensuite broyée et la farine grossière ainsi obtenue est conservée dans des sacs en cuir fermant hermétiquement. Cette farine et quelques lanières de charqui (bande de viande séchée au soleil) sont les aliments les plus nutritifs et les moins volumineux, ce sont les provisions dont tout voyageur devra se munir abondamment. Ce mets devient des plus substantiels lorsqu'on y ajoute quelques bananes ou des tranches de manioc.

En voyage, l'Indien quechua est très sobre : quelques

bananes grillées et quelques chiques ou acullecos de coca, suffisent à son alimentation. Mais au retour ou lorsqu'il a des aliments à discrétion, il mange abondamment.

Si l'Indien de la Sierra sale fort peu ses aliments, en revanche, ils sont pimentés d'une façon atroce ; le 'dji (piment rouge) et le locoto (piment vert) sont employés sans mesure et à tout propos ; nous devons reconnaître que cette cuisine pimentée active la digestion. La boisson favorite du Quechua, après l'alcool toutefois, estlac/ifc/ia; celle-ci s'obtient à l'aide de maïs que l'on met germer dans l'eau froide; une fois séché et moulu on le fait cuire, puis on le filtre, on y ajoute de l'eau et on le laisse fermenter plusieurs jours. La chichfi 7nascacla (chicha mâchée) se fait de la même façon, sauf que le maïs, au lieu d'être moulu, est trituré et mâché par les dents des vieilles femmes.

L'Indien du Pérou préfère l'élevage à la culture parce que cela lui coûte moins de peine : des poules pour avoir des œufs, une chèvre pour du lait, des porcs et des cochons d'Inde pour avoir de la viande et de la graisse, un âne, un mulet ou un llama comme bête de charge, et il se trouvera riche et heureux.

Sur les Hauts-Plateaux, les Quechuas ont l'habitude d'envoyer leurs troupeaux de moutons ou de Hamas paître dans la montagne ; ils y vivent là, en liberté absolue, pendant trois ou quatre mois. Parfois toutes les bêtes d'un même village sont confiées à un seul pâtre qui a bien voulu accepter d'affronter pendant plusieurs mois une solitude effrayante, et cela contre une rétribution des plus modestes qui lui sera paj^'ée à la fin de la saison ; elle consistera en barils de chicha, alcool, et une certaine quantité de laine. Ces pâtres sont les plus ignorants et les plus

superstitieux des habitants des pueblos (villages). La vie solitaire qu'ils mènent, sans un compagnon pour échanger des idées, les rend stupides, ils retournent peu à peu à l'animalité ; vêtus de haillons sordides et d'une malpropreté repoussante, leur intelligence ne dépasse guère celle des animaux dont ils ont la garde.

XVI. — Si le Quechua est tant soit peu sympathique par sa tristesse apparente, on sent cependant qu'il se résigne trop lâchement à la servitude, et pour être tout à fait impartial, il faut reconnaître que le Quechua ne travaille que lorsqu'il y est obligé pour payer le tribut (souvent aboli), pour exécuter les corvées réclamées de lui, ou pour s'enivrer. Sous le gouvernement des Incas, tout le monde, hommes, femmes et enfants était astreint au travail suivant les forces et les facultés de chacun. Depuis que le Quechua n'est plus asservi ni maintenu par la discipline de fer des Fils du soleil ou des Espagnols, depuis surtout que la loi a supprimé la contribution personnelle, l'Indien n'a profité de sa liberté que pour retourner à la vie primitive, à la paresse insouciante qui domine chez lui. 11 travaille moins, mais il est plus pauvre que jamais. Il est vrai que ses besoins sont restreints et qu'il se trouve heureux ainsi ; peut être est-il un sage, ou craint-il que son travail profite à d'autres qu'à lui-même ?

Il serait cependant facile d'obtenir des Quechuas un travail suivi en leur assurant un bien-être auquel ils ne sont pas habitués, mais qu'ils savent apprécier. S'il faut exiger d'eux une certaine discipline, il faut aussi les traiter avec justice, mais sans faiblesse. L'Indien péruvien est très intelligent ; sa dégradation actuelle est uniquement due à la misère et à l'ignorance.

Lorsque l'Indien se loue pour untravail quelconque, c'est qu'il a besoin de quelque objet à son usage ou à celui de

sa femme ; alors il se fait guide, arriero (muletier), rameur, berger, domestique. Où le Quechua est vraiment remarquable c'est comme porteur : la charge moyenne d'un homme est de trente à quarante kilos; l'Indien, excellent marcheur, peut faire des étapes de quarante à cinquante kilomètres ; c'est là une qualité des plus appréciables dans des régions où les voies de communication font le plus souvent défaut, et où il faut recourir au portage.

L'Indien quechua n'apprécie l'argent que pour se procurer l'alcool nécessaire pour s'enivrer pendant les fêtes nombreuses consacrées par la tradition, jointes à celles plus nombreuses encore du calendrier chrétien. Dans ces orgies favorisées par des prêtres cupides, métis ignorants, superstitieux et fanatiques, aux ordres desquels ils se soumettent aveuglément, les pauvres Quechuas dépensent tout ce qu'ils peuvent posséder, en cohetes (pétards) et en liqueurs dont le padre est souvent le fournisseur. Intéressés à cet état de choses, ces curés avides abandonnent les Indiens à leur dégradation et laissent s'écouler peu de jours entre chaque fête.

L'indifférence de l'Indien quechua de race pure pour l'argent dont il n'a pas un besoin immédiat, est cause que le recrutement des travailleurs est assez difficile. La main-d'œuvre est plus facile à obtenir chez les Cholos et dans toute la gamme des métis et des mulâtres, qui ont plus ou moins d'aptitude pour le travail suivant qu'ils ont plus ou moins de sang européen dans les veines.

En répandant un peu d'instruction parmi les populations indiennes de la Sierra, on obtiendrait sans aucun doute un résultat très appréciable. C'est là l'œuvre de l'avenir et le Pérou y trouvera sa récon^pense dans une excellente main-d'œuvre, car, fait remarquable, contrairement à ce qui se passe dans les Etats de l'Amérique du Nord où la

race indigène va disparaissant chaque jour davantage, au Pérou et en Bolivie, les populations Quechua et Ayraara, loin de décroître, augmentent sensiblement.

XVII. — Les Européens sont relativement peu nombreux au Pérou ; cependant toutes les nations commerciales y sont bien représentées. Les Anglais sont en petit nombre, mais ils occupent une situation importante dans le commerce péruvien et surtout dans les exploitations minières.

Les Allemands sont un peu plus nombreux que les Anglais, ils sont généralement employés des grandes maisons dé commerce. Les Américains du Nord sont en nombre peu élevé, ils sont surtout employés dans la construction et l'exploitation des chemins de fer.

Les Français sont, au Pérou, plus nombreux que les Allemands et même les Anglais ; ils sont établis à Lima et au Gallao, surtout comme boutiquiers et petits commerçants, ils possèdent aussi quelques grandes maisons de commerce. Un certain nombre de nos compatriotes habitent aussi les villes de l'intérieur.

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