XIV. — Les banques suivantes ont leur siège à Lima
Le Banco Internacional del Peru, fondé au capital de 200.000 livres dont la moitié a été versée. Le banquier à Paris de cet établissement est le « Comptoir National d'Escompte ». Son tarif d'intérêt est le suivant : Elle paie:
En compte couranî. ... * 2 pour 100 annuel.
Dépôt à vue 2 — —
— à 3 mois 4 — —
— à 6 mois !j — —
— à9mois, intérêts paya-
— blés chaque 3 mois. D 1/2 — — ^ à 12 mois .,,,,, 6 — —
Les escomptes se font à raison de 8 pour 100 annuels; les avances en compte courant 10 pour 100, et les prêts sur hypothèques à raison de 8 pour 100.
Le BcLïico del Peru y Londres, fondé au capital complètement versé de 2 millions de soles, a aussi comme banquier à Paris le Comptoir National d'Escompte. Elle touche et paie les mêmes intérêts que le précédent, sauf pour le dépôt en compte courant pour lequel elle paie 1 pour 100 annuel.
Le Banco Italiano^ au capital de 2 millions de soles dont la moitié a été versée, touche et paie les mêmes intérêts.
Le Banco Aleman Transatlantico paie et touche les mêmes intérêts que le Banco del Peru y Londres; les avances en compte courant se font à un taux conventionnel.
Le Banco Populai^ del Peru possède un capital nominal de 100.000 livres, dont 72.000 de versées. La Banque des Pauvres est la moins importante ; son capital est de 300.000 soles, dont 100.000 versés. Le tarif des prêts hypothécaires y est conventionnel, et partout un peu plus élevé en général que celui des autres banques. La situation de toutes ces banques est très prospère.
XV. — Nous pouvons exporter avec succès, au Pérou, les vêtements confectionnés, les cuirs ouvragés, l'orfèvrerie et la bijouterie, la bimbeloterie, les meubles, articles de marine, chaussures, le chanvre, carton, articles de corderie, droguerie, bonbons, la gélatine, denrées alimentaires, outils de feret articles de ferronnerie, fil, jouets, machines, substances minérales, métaux et leurs composés, papiers, articles de parfumerie, chapeaux, tissus de coton, de laine, de fil, de soie, les vins et liqueurs, les toiles et papiers à tentures, les verres et cristaux.
Les armes sont très demandées; les plus appréciées sont les fusils carabines à trois coups. Dans la Sierra et dans la Montana, les armes, surtout si elles sont bon marché, trouvent de nombreux acquéreurs parmi les populations indigènes, car cette catégorie d'acheteurs se préoccupe peu de la qualité si l'objet abonne apparence. Les fusils les plus recherchés sont ceux à piston à un ou deux coups. Le fusil à percussion est moins demandé et seulement dans les qualités bon marché ; les Belges ont trouvé là un excellent débouché.
Les chaussures légères, en toile blanche, pourraient faire dès maintenant, et pendant toute l'année, l'objet de grandes transactions.
Il n'existe pas au Pérou de fabriques de conserves, il s'en fait cependant une grande consommation. Elles sont en général expédiées en boîtes de fer blanc, soudées et faciles à ouvrir à l'aide de clefs.
L'emballage se fait ordinairement en caisses de 100 ou 50 boîtes, suivant qu'il s'agit des modèles désignés en Europe sous les dominations de demi-boîtes ou de boîtes entières. Pour éviter que les boîtes s'écrasent, les caisses doivent toujours être remplies de sciure de bois. Pour les conserves envoyées en flacons, chaque unité doit venir dans un pavillon épais, aiin d'éviter la casse, le commerce se plaignant beaucoup du peu de soin aveclequelles colis sont débarqués dans la plupart des ports du Pacifique.
Le prix des conserves sur place varie évidemment en raison de leur valeur au pays d'exportation. Il est à noter que l'article courant, de prix moyen, trouve plus d'acheteurs en raison de son bon marché.
Les machines-outils pour le travail du fer et du bois sont fournies actuellement par les Américains ; mais nous pouvons nous présenter sans crainte sur le marché. Peu im-
porte d'arriver en retard, car il y a encore place pour nous ; le principal, c'est d'arriver.
Les difficultés présentes de nos exportations sont en grande partie dues à nos industriels ; la situation comporte donc des remèdes d'une application facile, à condition que les intéressés se rendant à l'évidence, ne continuent pas à s'effacer (car la réussite nous sourit quand nous voulons bien faire preuve d'initiative et de persévérance), et mettent en œuvre les moyens que tous les rapports consulaires conseillent d'employer, procédés qui sont la raison des succès remportés par nos concurrents. Avec un peu plus d'esprit d'initiative et surtout un peu plus de sens pratique, nous arriverons, nous en sommes convaincus, à regagner une place honorable dans les entreprises commerciales et industrielles qui s'offrent de toute part au Pérou.
Notre intelligence en effet, égale l'intelligence des autres nations, et sûrement notre génie créateur est dans une large mesure supérieur à celui d'autres peuples ; nous avons, en plus, Ir. masse compacte de nos petits et gros capitaux qui nous permet d'envisager la lutte avec une certaine confiance (1).
(1) Par décret du 17 février 1911, un bureau de renseignements et de propagande a été créé à Paris par le gouvernement péruvien; ce bureau est chargé de donner des renseignements verbaux et écrits sur le Pérou, de fournir aux intéressés des échantillons de produits nationaux, de s'occuper de l'enregistrement des marques de fabrique à déposer et des patentes à prendre au Pérou, ainsi que de la surveillance des pensionnaires du gouvernement en Europe et de la représentation de celui-ci aux expositions et aux congrès industriels.
La direction de ce bureau est confiée à M. Carlos Larrabure, fils du premier vice-président de la République pendant la dernière présidence ; intelligent, énergique et consciencieux, M. Larrabure est très qualifié pour remplir ce poste qui demande beaucoup de travail et de multiples connaissances.