CHAPITRE PREMIER
pères et ioimoleiit souvent la moitié de leurs enfonts , uniquement pour s'éviter la peine de les élever. Ennemis de toutp suborcfinfitioa , ne rcooanaissant aucun gouvernement^ ils ne vivent que par familles, et encore dans celles*ci on n'a aucune idée d'égards ou d'obéissance. Les femmes sont aussi cruelles que leurs maris.
n Les mœurs des Yuracarès sont en harmonie avec leur caractère : ils sont restés ce qu'ils étaient avant l'arrivée des Espagnols et eontinuent à résider au plus épais des bois.... Marié après uue orgie, le Yurac^irès se sépare de ses parents, s'établit auprès d'un ruisseau au sein des plus sombres forêts, abftt des arbres, se construit une vaste cabane, ensmaenoe un champ et vit de la cbaçso et de la pèche en attendant la récolte. Après quelques années, il change de lieu , charge sa femme de tout le bagage enfermé dans une sorte de filet et n'emporte que sop arc et les flèches.
)) Le costume des Yuracarès est assez original i il
consiste en une tunique sans manches faite en écoroe
d'arbre. Les hommes portent les cheveux carrément
coupés sur le devant, et longs par derrière, en forme
de queue, afm d'y pouvoir attacher leur couteau.
Ils s'épilent la barbe et les sourcils, se peignent le
front de rouge et de noir, portent des plumes sûr
la tête et mêlent à leur chevelure le duvet Uanc
de l'oiseau nommé grande harpie. Ils portent tous
une bandoulière à laquelle sont suspendus des sifflets
et divers petits ornements.
» Ces sauvages n'ont, à vrai dire, pas de religion, et bien qu'ils n'adorent aucune divinité j ils ont une histoire mythologique des plus compliquées : toutefois, loin de révérer aucun des êtres qu'ils y placent, ils les détestent, se plaignent d'eux et les menacent de leurs flèches. Ils sont persuadés que toutes choses se sont formées d'elles-mêmes dans la nature, et que, par conséquent, ils n'ont à en rendre grâces à personne ; de même ils affirment que l'homme natt matire absolu de ses actions bonnes ou mauvaises, sans que rien puisse jamais le retenir. Lorsqu'on leur demande quel est leur dieu, ils montrent leurs armes, parce qu'ils leur doivent la nourriture. Cependant ils croient à une vie future dans laquelle tous les Yuracarès se retrouveront, pour jouir éternellement du plaisir de la chasse.. »
L'ancienne nation des Mocéiènes^ forme de nos jours une tribu de deux mille à deux mille cinq cents individus, dont les uns sont sauvages et les autres chrétiens. Ils habitent des villages bâtis au milieu des forêts les plus sombres et les plus humides, dans les montagnes que sillonne le rio Béni*. Les Mocétènes sont blancs et tachés comme les Yuracarès, mais trapus et plus petits que ces derniers; ils ont le nez court, plat et là physionomie efféminée. Ils sont sociables, parlent une langue très-douce; leurs mœurs sont aimables et simples; ils vivent du
I Les Espagnols les nomment Chunrhos, * Entre les 15* et 16« degrés de latitude ; 69* et 71 • de loiigltade à Tonest da méridien de Paris.