‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 11 sur 244 · CHAPITRE PREMIER. Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. Î

produit de la chasse et de la pèche et échangent les belles plumes de leur pays contre des haches, des couteaux et divers ustensiles qui se fabriquent dans les provinces voisines.

Les Mocétènes font eux.*ménies leurs armes; leur industrie se borne d'ailleurs à la confection des radeaux qui leur servent à parcourir les rivières et les torrents , au tissage et à la teinture en violet ou en rouge d'une étoffe de coton assez fine qu'ils portent en tuniques, et à la culture de la terre. «

Ils ont comme les Yuracarès l'habitude de suspendre leurs couteaux à leurs longs cheveux; ils se bariolent le visage de raies bleues et se font de briU lants diadèmes en plumes de perroquet. .

Les Tacanas de M. d'Orbigny, que les Espagnols nomment Atenianos^ Isiamos et CarinOiS, composent avec quelques petites peuplades de même origine une tribu de six mille à six mille cinq cents individus. Ils vivent sur les pentes boisées et humides des Andes boliviennes occidentales'. Aujourd'hui les uns sont chrétiens, et les autres vivent encore à l'état sau* vage comme aux temps qui précédèrent la conquête. C'est une race fière, irritable, vaniteuse à l'excès. Les Tacanas ont les mêmes traits et les même^ taches que les Mocétènes, mais leur teint est plus brun, et leur langage est le plus dur, peut-être, et le plus guttural de ceux qui se parlent dans l'Amérique du Sud. Ils sont pécheurs, chasseurs et agriculteurs;

* Du 1 3" au 1 5* degré de latitude méridionale ; entre le 70* et le 71* degré de longitade à l'ouest du méridien de Paris.

tî LE PÉROU.

leur fertile pays fournit aisément à tous leurs be« soins. Les l^canas chrétiens portent une chemise sans manches , les autres vont entièrement nns et se bor* nent à orner leurs tètes de plumes lorsqu'ils dansent. Chaque homme de cette nation est tenu, sous peine d'être déshonoré, de construire lui-même et sans assistance étrangère la hutte qu'il doit habiter avec sa fiimille.

Il reste à peine un millier d'individus de l'ancienne peuplade péruvienne des Maropas, qui occupait autrefois les rivages boisés du rio Béni et les derniers degrés des Andes boliviennes , et qui fut transportée au dix*huitième siècle sur le bord oriental de la même rivière. C'est une race douce, docile, pacifique, parlant un idiome assez euphonique. Les Haropas sont plus petits et plus bruns que 1^ Mocétènes^ avec lesquels ils ont d'ailleurs beaucoup de rapports^

Les débris de la nation des Apoli$tas habitent aujourd'hui le bourg d'Apolobamba, situé sur le rio d'Apolo, affluent du rio Béni, et la petite ville de Santa-Cruz. Les Indiens de cette tribu sont au nombre de trois mille six cents environ. Leurs traits ont de l'analogie avec ceux des Mocétènes, mais leur nez est court et épaté, et ils parlent un idiome particulier. Les Apolistàs sont gais, francs, avides de plaisirs, intelligents, sociables et susceptibles de civilisation. Aujourd'hui ils ont tous embrassé la religion catholique. Par leur petite taille et leurs formes vigoureuses, ils ont de l'analogie avec les peuples qui habitent les plateau^ élevés j tandis que leurs traits

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