‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 118 sur 244 · CHAPITRE CINQUIÈME. Ml · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. Ml

des colliers, des bracelets , des franges de couleur pourpre et du fard, pour faire ressortir la blancheur de ses dents , les contours gracieux de sa bouche et l'éclat de ses yeux qu'ombrageaient de magnifiques cils noirs \

Rose comprit qu'en se soumettant aux injonctions de sa mère elle offenserait Dieu; aussi elle n'hésita pas, et, pour la première fois de sa vie, elle osa lui dire avec une humble fermeté qu'il lui était impossible de lui obéir. Marie de Flores, emportée par caractère, éclata. Elle accabla sa fille de reproches et finit par la souffleter. « Vous voulez vous singulariser, s'écria- » t-elle; vous affectez de ne pas vous vêtir comme les » personnes de votre condition ; vous êtes une hypo- » crite, et vous vous donnez les airs de faire la leçon » aux autres. Vous vous plaisez à désoler votre mère, »en évitant tout ce qui pourrait vous procurer un » établissement avantageux, auquel votre beauté et » votre naissance peuvent vous faire prétendre , mal- » gré votre manque de fortune ^. » Cet argument ne pouvait avoir de valeur pour Rose, décidée dès l'enfance à consacrer sa virginité au Seigneur, et plus désireuse de détruire sa beauté que de la faire valoir. Elle écouta les rudes paroles de sa mère les yeux baissés , et ne lui répondit pas.

Celle-ci , après avoir épanché sa bile , se calma un peu et essaya d'une sorte de compromis; sans parler

* Bolland., /. c, p. 905. — Gonzalez, op. c, p. 5. «» Jbid.

fit SAINTE ROSE DE LIITA.

dayantage des colliers, des bracelets et du fard, elle tendit le voile brodé à sa fille et lui enjoignit de s'en couvrir la tète et de lui donner cette preuve d'obéissance. Rose, craignant une nouvelle scène, le prit respectueusement et supplia sa mère de lui permettre de consulter son confesseur avant de porter ce riche vêtement. Une semblable requête ne pouvait être repoussée; notre sainte alla donc trouver son pèrt^ spirituel et lui raconta ce qui s'était passé. Ce sage directeur se rendit immédiatement chez Marie de Flores et Texhorta fort sérieusement à ne plus contrister le cœur de sa fille en s' efforçant d'y faire germer la vanité, et à ne pas oublier que c'était le Saint- Esprit lui-même qui avait dirigé dès ses plus jeunes années celte âme prédestinée dans les \o\eé étroites de la perfection chrétienne. Ces paroles, prononcées d'un ton sévère, firent rentrer Marie de Flores en elle-même; confuse et humiliée, elle reprit le voile brodé et ne proposa plus à sa fille de le porter.

Mais Rose, désirant demeurer à jamais affranchie de semblables obsessions, demanda à sa mère l'aii* torisalion de ne plus se vêtir désormais que d'une robe d'étoffe grossière, de couleur écrue, entièrement dépourvue d'ornements, telles que les portaient certaines femmes respectables vouées au célibat et aux bonnes œuvres , sans avoir embrassé cependant la vie religieuse. Marie de Flores , qui était encore sous l'impression des reproches que lui avait adressés le confesseur de sa fille , y consentit.

Rose accueillit cette autorisation avec la joîe^la

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