‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 119 sur 244 · CHAPITRE SIXIËMEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIËMEL

Obéissance et amour filial de Rose. — Oa Yeul la forcer à ae marier.

— Conséquences de son refus.

Rose avait fiait un puissant efiTort sur elle-même pour résister aux ordres de sa mère, car elle était la plus soumise et la plus respectueuse des filles. Sachant qu'un acte de désobéissance avait précipité les anges du haut du ciel et bâti l'enfer, et que la rédemption du genre humain avait eu pour principe l'obéissance parfoite de la mère de Dieu , exprimée par les paroles : F%(U mihi secundum verbum tuum, — qu'il me soit fait iuivant votre parole^ elle tenait cette vertu en singulière estime* Jamais elle ne négligeait les occasions de la pratiquer, ou plutôt encore elle les recherchait avec autant de soin que d'autres en mettent à s'en affranchir. Elle obéissait même aux domestiques et aux gens de peine lorsqu'ils se déchargeaient sur elle d'une partie de leurs travaux. Quand elle éprouvait le besoin impérieux de fompre le terrible jeûne auquel elle s'était condamnée , elle demandait à sa mère la permission de manger ou de boire, et quelquefois celle-

* BoUand., /. c, p. 906. — Gonzalez, op. c, p. 5. — Ott, p. 24.

ci , distraite ou ennuyée , ne répondait pas. Rose alors ne renouvelait pas sa requête, et plusieurs fois elle resta ainsi pendant cinq ou six jours sans prendre ni nourriture ni boisson.

De même y avant de se mettre au travail, elle priait Marie de Flores de Tautoriser à user de la soie, du fil, des laines et des autres objets dont elle avait besoin. L'humeur irritable de cette dernière n'accueillait pas toujours ces requêtes avec bienveillance. « Pourquoi , dit-elle un jour à Rose, me fatiguez-vous de la sorte; tout ce qu'il vous faut se trouve dans une armoire ouverte ; qui vous empêche de l'y prendre ? — Mon travail n'a guère de prix, répctodit humblement la sainte, je m'efforce de lui en donner en y joignant le mérite de l'obéissance ^ »

Voulant mettre cette vertu à l'épreuve, la dame de Flores commanda un jour à sa fille, occupée à broder des fleurs en soie, de les reproduire à l'envers, contrairement à toutes les règles de l'art. Rose ne répondit pas et se soumit à cet ordre bizarre. Quelques heures après, la mère revint, examina le travail fait en son absence et s'écria avec une feinte surprise : « Avez-vous la prétention d'avoir représenté des fleurs ? Ce sont des monstres qui n'existent pas dans la nature, de véritables horreurs; hâtez-vous de défaire cet ouvrage et de le recommencer en sens inverse. — 11 me semblait aussi , répliqua tranquillement Rose en obéissant à cette nouvelle injonction , que cette manière de

* Bolland., /. c. — Gonzalez, /. c. — Ott, /. c.

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