‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 121 sur 244 · CHAPITRE SIXIÈME. t · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME. t

pfaoose de Lombrera ( porte* éiendard royal), qui l'avait partieulièreiiient eonniie. Ces témoins dépo* aèretti que les ouvrages de Rose étaient d'une incomparable beauté; qu'au moment où elle ie« terminait, ils étaient aussi blancs et itôts que ai les anges seuls y avaient touché, et qu'on voyait naiire sous ses doigts agiles des fleurs qui, par le velouté et la richesse du coloris, rivalisaient avec les produits de la nature. La dame de la Massa dit encore que souvent, lorsqu'elle voyait Rose soufirante, accablée, épuisée de fotigue, elle l'exhortait à accorder un peu de repos à son pauvre corps. « Mais, ajouta-t-elle , Rose me répondait que ses parente avaient besoin du produit de son travail , et que par conséquent jamais elle ne l'interromprait, à moins de nécessité absolue'; en effet les broderies de Rose trouvaient toujours des acheteurs, et souvent elle ramenait l'aisance dans la demeure paternelle. -» Non contente de secourir les siens de cette manière, elle eut recours à une antre industrie pour leur être utile. Il n'y a pas de ville où la passion des fleurs règne autant qu'à Lima. Rose profita de ce goût dominant de ses compatriotes dans l'intérêt de ses parents. Elle arrangea plusieurs des plates-bandes du jardin et y cultiva des fleurs qu'elle faisait porter au marché par la fidèle Marianne. Or Dieu bénissait les plantes que soignait Rose* Les fleurs des diverses saisons arrosées par elle s'épanouissaient toutes ensemble, sans observer

* Bolland., /. c. — Gonzalez, /. c. -?- Ott, p. 21.

les lois habituelles de la nature; leurs couleurs étaient plus brillantes ; leurs parfums plus suaves que dans les autres jardins de Lima, et dès qu'elles étaient mises en vente, les amateurs se présentaient en foule. Un ecclésiastique ayant demandé un jour à Rose si son commerce pouvait être de quelque utilité à sa famille, elle lui dit avec un doux sourire : « C'est, à la vérité, un fort petit commerce; mais la miséricorde de mon fiancé céleste en augmente les bénéfices \ »

La charité de notre jeune sainte éclatait surtout lorsque son aïeule , son père , sa mère ou quelque autre membre de la famille tombait malade. Elle leur pro^ diguait les soins les plus touchants, veillait auprès de leurs lits et leur donnait les potions dont ils avaient besoin avec une sollicitude craintive ; mais en même temps son cœur était toujours auprès de Dieu; tandis qu'elle agissait extérieurement, elle ne perdait pas la solitude intérieure et n'interrompait jamais son oraison *♦

Toutefois ce dévouement absolu , ces soins si constants et si tendres furent oubliés souvent encore par ceux qui en étaient les objets. Marie de Flores, tout en permettant à Rose d'adopter son simple vêtement gris écru et en la dispensant de l'accompagner aux assemblées qu'elle fréquentait, n'avait pas renoncé aux ambitieux projets d'établissement que l'incoraparable beauté de sa fille lui faisait espérer, et elle exigeait qu'elle fût présente lorsque des étran-

, * Bolland., /. c. — Gonzalez, /. c. — Ott, p. 21. > Ibid.

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