‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 125 sur 244 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

de Ténergie avec laquelle Rose s'était efforcée de maintenir en toute occasion la domination de la partie supérieure de son être sur la convoitise et les inclinations terrestres. Sa victoire avait été complète, et Dieu l'en récompensa en la comblant de ces dons merveilleux , de ces grâces signalées dont on trouve de si frappants exemples dans la vie d'un grand nombre de saints. Nous en constaterons les fréquents effets à mesure que nous avancerons dans notre étude.

L'épreuve que notre sainte avait subie à l'occasion de la proposition de mariage dont il a été question ci-dessus lui avait inspiré un amour de plus en plus ardent pour la solitude. Cet amour était souvent contrarié, car toutes les personnes qui venaient chez Marie de Flores lui demandaient à voir sa fille.

Rose, espérant se soustraire à ces importunités et voyant l'humeur de sa mère adoucie, la supplia de lui permettre de se construire, dans le jardin dépendant de la maison, une petite cellule isolée, longue de cinq pieds, large de quatre et munie d'une fenêtre étroite. Elle lui dit encore que Dieu lui avait inspiré la pensée de se retirer dans cette cellule et de s'y consacrer à son service par la prière et le travail; qu'elle désirait s'y renfermer, et que sa mère seule en eût la clef. Marie de Flores répondit par un refus absolu, ne voulant pas que sa fille s'enterrât vive '.

Toutefois, Rose ne perdit pas courage ; suivant sa

* Rolland.^ l. c., p. 924 et saiv. — Gonzalez, op. c, p. 2à et suiv- — Ott, ap, c, p. 69 et suiv.

S5i SAINTE ROSE E^E LIMA.

coutume 9 elle eut recours à Dieu ei à ses saints. Elle supplia Jésus et Marie de lui venir en aide et de rendre le cœur de sa mère favorable à son désir; elle avait la certitude d'être exaucée, cependant elle demanda au S^gnenr de daigaer lui manifester par un signe que sa demande était agréée.

Or, la sainte avait un fort beau chapelet en corail qui lui venait d'une amie de Marie de Flores. C'était ce qu'elle possédait de plus précieux; Elle se rendit à la chapelle du Rosaire de l'église des dominicains , dans laquelle se trouvait l'image miraculeuse de la Vierge tenant l'Enfant Jésus dans ses bras, et aux pieds de laquelle elle avait obtenu une grâce signalée dès son enfance, alors que son double nom d'Isabelle et de Rose était une cause de perpétuelle désunion entre sa mère et son aïeule.

Notre sainte avait conservé la plus tendre dévotion pour cette image, qui était en très-haute vénération à Lima. Elle remit son chapelet à l'un des religieux dominicains, le pria de le suspendre au cou de la Madone, puis elle s'éloigna. Mais l'image était placée fort haut, et le bon père, n'ayant pas trouvé d'échelle, ne put remplir le désir de Rose. Quand elle vint à la chapelle le jour suivant pour y assister au saint sacrifice de la messe, elle fut attristée en retrouvant son chapelet à la place même où elle l'avait déposé la veille; s' adressant alors au père sacristain, elle le supplia de le suspendre lui-même au cou de Marie; (( car, ajoula-t-elle, il m'importe d'enlacer de ce lien » sacré la bienheureuse Mère de Dieu, afin qu'elle

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