‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 127 sur 244 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

sur la création, que notre premier père exerçait avant sa chute.

Il arriva un jour qu'une pieuse fille se rendit an jardin avec Rose à Taube du jour. Au moment où elles y entrèrent et où notre sainte adressa à la nature son invitation habituelle, les arbres et les buissons se baissèrent jusqu'à terre. L'étrangère était stupéfaite à ce spectacle, mais elle le fut bien plus encore lorsqu'elle vit Rose continuer tranquillement sa marche comme si rien d'extraordinaire n'était arrivé. Celle-ci lui dit alors : « Chère sœur, croyez-vous qu'on puisse assez » bonorerie Maître du monde, et ne devons-nous pas » le louer et le servir, lorsque nous voyons que tout » ce qui verdit et fleurit lui rend grâces à sa façon ? »

Rose ne vivait pas seule dans sa cellule; cette humble

retraite était visitée matin et soir par une innombrable

quantité de moustiques, qu'attiraient Thumidité du sol

et l'ombrage touffu des arbres aux pieds desquels le

petit ermitage s'élevait. Mais aucun de ces moucherons

n*incommodait la sainte, ils entraient et sortaient par

la porte et la fenêtre sans jamais la loucher. Lorsqu'au

contraire Marie de Flores ou quelque autre personne

pénétrait dans sa cellule avec l'autorisation du con^

fesseur, les moustiques se jetaient sur les visiteurs

avec une sorte de fureur et leur mettaient le visage et

les mains en sang. Marie s'étant étonnée un jour que

Rose pût demeurer si tranquille au milieu de cette

horde ennemie, elle lui dit avec ce calme séraphique

qui lui était habituel : « Lorsque je suis venue ici pour

» la première fois, j'ai conclu un traité avec ces bes-

25a SAINTE ROSE DE LIMA.

» tioleSy il a éié convenu que jamais elles ne me feraient )) de mal, et que de mon côté je les laisserais en paix» » Jusqu'à présent la convention a été fidèlement a observée; non-seulement les moustiques ne me là piquent pas, mais iU S:'associent à moi pour célé- » brer les grandeurs et la bonté de Dieu'. » En effet, lorsque Rose entrait de bonne heure dans sa cellule, elle appelait les moustiques qui passaient les nuits sur les parois du frêle édifice; aussitôt, ces insectes commençaient à voltiger autour d'elle en formant un cercle parfaitement r^olier et en s'associant, par un bourdonnement doux et plein d'iuirmonie, à F hymne que notre sainte entonnait en Thon* neur du Seigneur. Ce qu'il y avait de plus merveilleux, c'est que les moustiques se divisaient en deux cbeenrs, dont l'un restait silencieux tandis que l'autre chantait. Cela durait jusqu'au moment oà Rose donnait le signal du départ, en disant : « Partez à présent, petites sœurs,^ allez chercher votre nourriture en bulî&antsttr les fleurs du voisinage; vous reviendrez ce soir, et ncKis célébrerons ensemble les buanges de celui qui nous a donné rètre^. » L'armée ailée disparai^ait aussitôt; mais, fidèle à Tordre reçu, elle revenait à l'heure du coucher du soleil et recommençait sa ronde et ses chants; elle les interrompait au moment où ta sainte l4ii disait : « Maintenant allez vous reposer ^ »

* Bolland., /. c, p. 925 et 92a. — Gonzalez, op. c, p. 26. — Ott, op. c, p. 72, 73.

*Ibid.

* Ibid.

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