CHAPITRE SEPTIÈME
tifications, «Ue se iratnadt souvent avec difficQlté et était oblige de s'arrêter de temps en temps pour {Mreodre haleine. A peine retirée au logis ^ elle se retirait dans sa cellule et y restait jusqu'à une heure avancée de la nuit. £t lorsqu'alors sa mère rengageait à mangisr quelque chose, elle répondait que cela lui était impossible, étant plein^nent rassasiée. Elle resta ainsi une fois huit jours sans prendre aucune nourriture \
Après sa communion du vendredi , notre sainte avait coutume de s'enfermer dans son ermitage pour méditer sur la passion de Notre -Seigneur; elle y demeurait jusqu'au samedi, quelquefois jusqu'au dimanche^ ei elle suppliait qu'on l'y laissât pariaitement tranquille quoi qu'il pût arriver. Gomme on lui en demandait le motif, elle répondit avec simplicité que, pendant tout ce temps, elle était immobile et qu'il lui serait impossible de se lever pour ouvrir sa porte si quelqu'un venait y frapper'.
Cependant beaucoup de personnes qui connaissaient ia fervem* de Rose trouvaient dngulier qu'elle ne parût aux élises que les dimanches et fêtes et rnnement pendant la semaine, et lui en exprimèrent leur étonnement. «r Les nombreuses ocoipations de ma jraère.né lui permettent pas de me conduire tous les jours à la messe^ répondit Rose, et mon direcl^r me défend de fréquenter les églises sans elle. €e n'est donc pas l'amour de ma cellule, mais f'obéissance qui me
* fi^Ilsnd., /. €., p. ^59.
.* ièid.
relient ici. Mais Dieu ne m'a pas abandonnée, et grâce à sa bonté, j*ai le bonheur d'assister chaque jour à plusieurs messes. » Le confesseur de Rose, ayant eu connaissance de ces dernières paroles, en demanda l'explication à sa pénitente et apprit que tous les matins elle se trouvait transportée en esprit aux églises de THôpital, du Saint-Esprit et de Saint- Augustin , tandis que Ton y célébrait le saint sacrifice '.
Cette faveur n'était pas la seule que Rose eftt obtenue; le Seigneur la comblait des grâces les plus exceptionnelles. La terre étant pour elle un lieu d'exil, le ciel, sa véritable patrie, s'inclinait vers elle, et ses habitants venaient la visiter et la consoler. Ils convertissaient ainsi sa cellule en un vrai paradis.
Lorsque Rose lisait, la seule vue du très-saint nom de Jésus imprimé dans le volume ouvert devant elle provoquait Textase, et, pour nous servir de l'expression de ses historiens, ce nom, semblable à un dard acéré, pénétrait jusqu'au plus profond de son cœur, Fembrasait du plus ardent amour et la mettait hors d'elle-même*. Alors, Jésus lui apparaissait sous la forme du plus beau et du plus aimable des enfants, se plaçait devant elle , couvrait les feuillets du livre et caressait aflFectueusement Rose. De même , lorsque notre sainte travaillait à l'aiguille, l'Enfant divin venait s'asseoir sur son coussin, lui tendait les bras avec amour, avait avec elle de charmants entretiens et lui
* Gonzalez, /, c, — Ott, op. c, p. 72.
^ Bolland., /. c.^ p. 939, 940 et suiv. — Gonzalez, op. c, eh. II, p. 39 et suiv. — Ott, op. r., ch. xiv, p. 108 et suiv.