CHAPITRE DIXIÈME
Créateur. Elle y invitait le ciel et la terre , les anges et les hommes, les animaux et les plantes et s'écriait dans son transport : « Aimons Dieu, célébrons ses » grandeurs! » Puis elle entonnait des chants d'une beauté, d'une pureté, d'une suavité inexprimables, et dont le caractère surnaturel arrachait de douces larmes à ceux qui avaient le bonheiir de les entendre. Souventces chants ravissantsduraientplusieurs heures. Quelquefois aussi Rose saisissait une harpe, et bien que jamais elle n'eût appris à jouer de cet instrument, elle s'en servait pour s'accompagner, et elle en tirait des sons qu'on eût dits empruntés aux luths d'or des séraphins'.
Nous savons que Rose avait deux manières de prier; que l'une, a laquelle elle consacrait douze heures par jour, consistait à demeurer immobile, perdue en Dieu et fermée au monde extérieur; que pendant l'autre, au contraire, elle vaquait à ses travaux, sans cesser pour cela de s'occuper un seul instant de son bienaimé , car, semblable à sainte Catherine de Sienne , V elle avait préparé à son divin Fiancé, dans le lieu le » plus reculé de son cœur, une cellule solitaire, et elle » y conversait avec lui constamment, sans distraction, » tandis que son corps et ses sens étaient occupés ail- » leurs ^. » Elle réunissait ainsi les mérites de Marthe à ceux de Marie, elle se tenait aux pieds de Jésus
* BoUand., /. c, ch. xi, p. 930 et suiv. — Gonzalez, eh. xiii, p. 49 et suiv. — Ott, eb. xvii, p. 180 et sulv.
^ BoUand., /. c, p. 930 et suiv. — Gonzalez, ch. ix, p. 30 et suiv. — Ott, ch, XI, p. 84 et suiv.
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avec la seconde, elle travaillait pour lai avec la première.
Tous les jours la sainte consacrait trois heures à remercier Dieu de ses bienfaits : une le matin , une à midi et une le soir. Elle considérait les grâces dont le Seigneur l'avait comblée , et elle lui adressait un bymne de reconnaissance ^
Rose se plaisait aussi à contempler les perfections de rÉternel. A sa prière, le P. de Lorenzana , Tun de ses confesseurs, lui avait dressé une liste composée de cent cinquante atUibuts divins. Notre sainte la divisa en quinze versets qu'elle récitait lentement, et en accompagnant chaque verset d'un Gloria Patriy etc. Elle assurait que les esprits infemaus. redoutaient beaucoup cette prière *.
Les ^causes en apparence les plus insignifiantes Qntretenaieni l'ardeur de Rose et lui servaient de stimulant pour élever son âme à Dieu. Ainsi, en revenant un jour de l'église, accablée de fatigue et en proie à de vives souffrances, elle se disposait à préparer son misérable potage, composé d'herbes amèr^, pour se restaurer un peu. Mais tandis qu'elle était occupée à allumer du feu, elle entendit un petit oiseau qui, perché sur un toit voisin, chantait avec un admirable entrain. Notre sainte demeura immobile pour Fécoùter; puis, poussant un profond soupir, elle
s'écria : « Cette aimable créature célèbre la grandeur . . . ■ ^ • • ■ . - . .
' Bolland., /. €., p. 930 et suiv. — Gonzalez, di. ix, p^ 30 et suiv. ^- Ott, ob. xi, p. a4 et suiv.