‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 145 sur 244 · CHAPITRE DIXIÈME. t^î · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME. t^î

de Dieu en son joyeux ramage; elle en oublie le boire et le manger^ et moi je songe à soutenir mon miser rable corps! » Après avoir prononcé ces mots , elle fat ravie en extase et demeura jusqu'au soir dans la même attitude, abimée dans la plus profonde contem* plation'.

L'amour du Seigneur est nécessairement accompa** gné de zèle pour sa gloire. En toute occasion, Rose s'efforçait de glorifier Dieu en travaillant au salut des âmes qu'il a rachetées. Pour parvenir à cette fin, elle 06 cessait de recommander à tous ceux qu'elle connaissait l'usage des lectures spiritueUes et de l'oraison mentale; ce fut à sa prière que son frère Ferdinand adopta cette salutaire habitude. Elle avait coutunre de dire que la méditation est l'antidote le plus puissant eontre le venin du péché. Elle exhortait les confesseurs et les prédicateurs à beaucoup insister sur la nécessité de ce genre d'oraison; elle ajoutait que les âmes qui s'y appliquaient assuraient leur salut, et que celles qui la négligeaient couraient à leur perte.

Rose recommandait aussi la récitation du chapelet avec la méditation des quinze mystères. L'oraison vocale et l'oraison mentale, la supplication, la louange et Faction de grâces s'y trouvent réunies, disait- elle; ce genre de prière est très- agréable à Dieu K

On eut une preuve frappante du zèle de Rose pour

* Bolland., /. c, p. 930 et saiv. — Gonzalez, eh. ix, p. 30 et suîv. — Ott, eh. XI, p. 84 et suiv.

» Ibid.

la gloire du Seigneur et le salut des âmes à Tépoque de sa vie à laquelle nous sommes parvenus. Dans la première partie de cet ouvrage , nous avons esquissé l'histoire de la conquête du nouveau monde par les Espagnols ; nous avons parlé des haines que la cruauté et l'avarice des conquérants avaient soulevées dans les cœurs d'une foule d'indigènes ^ et nous avons dit aussi que malheureusement cette haine s'était étendue des individus à la religion qu'ils avaient apportée en Amérique. Malgré le zèle des ordres religieux, les infortunés Indiens, légers et ignorants, pleurant leur antique indépendance et voulant s'affranchir du joug qui les écrasait , s'enfuyaient en grand nombre dans leurs forêts vierges et retournaient au culte des idoles. Le vertueux Turribius, archevêque de Lima, que l'Eglise devait placer plus tard sur les autels, les poursuivit jusqu'aux lieux les plus éloignés pour essayer de les regagner à Jésus-Christ; les prières de Rose l'accompagnèrent dans son périlleux voyage; mais en dépit des efforts de l'archevêque et des compagnons de ses travaux, beaucoup d'indigènes persévérèrent dans l'idolâtrie; un de leurs villages, nommé Anco-Anco et situé sur la route de Lima à Potosi, devint le point central d'un culte abominable. La main du Seigneur s'appesantit sur la localité coupable ; elle eut le sort des villes maudites et disparut en une nuit avec ses habitants. Une seule jeune fille, qui avait invoqué la sainte Vierge au moment de la catastrophe, fut sauvée et fit connaître le jugement de Dieu, dont elle avait été témoin.

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