‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 147 sur 244 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

» pas si délicate, mon révérend père; je ne me Fatigue » pas lorsque je travaille de nuit pour mon céleste » Fiancé. Est-il une femme qui refuse de sacrifier » quelques heu]l*es de sommeil pour préparer ce dont » son maria besoin le jour suivant, et moi j*hésilerais » lorsqu'il s'agit de l'époux des âmes * ? »

La vénération de Rose pour la croix avait le caractère de la passion. La principaîe décoration de sa cellule consistait en un crucifix grand comme nature; elle l'avait demandé ainsi, afin qu'il fftt pour elle la représentation fidèle de la croix du Calvaire, et qu'à l'imitation de sainte Madeleine, elle pût le serrer dans ses bras, le baiser et l'arroser de seslarmes*. En quelque lieu qu'elle aperçût le signe sacré de la rédemption, elle le saluait avec la plus vive et la plus profonde dévotion. Sa ferveur éclatait particulièrement pendant la semaine sainte; elle passait de longues heures agenouillée auprès du cmcifix exposé à l'adoration des fidèles, et sa contenance indiquait qu'elle assistait en esprit au sacrifice sanglant du Golgotha *.

Les représentations même fortuites du signe de la croix recevaient des marques de respect de Rose. Souvent Ferdinand, frère de la sainte, l'accompagnait aux églises Ibrsque Marie de Flores se trouvait empêchée. Pendant longtemps il ne comprit pas pourquoi

* Rolland., /. c, p. 959. — Gonzalez, ch. xy, p. 58, 59. ' BoUand., /. c, ch. xx, p. 954 et suiv. — Gonzalez, ch. xv, SS. — Ott, ch. XX, p. 15t) et suiv.

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sa sœur s'arrêtait fréquemment, se baissait et le faisait attendre. Enfin ii remarqua que Rose relevait les pailles et les petits morceaux de bois qui se trouvaient, par hasard, à terre en forme de croix, a Croyez- vous, )) ma sœur, lui dit-il avec un peu d'humeur, qu'il soit » séant à une jeune fille de lever à tout moment son » voile et de se livrer à une aussi puérile occupation ? » Que doivent penser les passants qui vous voient » vous baisser pour ramasser des fétus de paille et des » petites branches mortes? Les enfants même qui » jouent dans les rues se moqueront de vous. » Rose lui répondit doucement : « Vous ne sauriez vous figu- » rer, cher frère, la peine que j'éprouve en aperce- » vant exposée à être foulée aux pieds l'image de la » croix sur laquelle mon Sauveur a été suspendu pen- » dant trois heures et a versé son sang pour mon » salut! Beaucoup de gens, je le sais, n'y font pas » attention; je ne veux pas les en blâmer. Mais, » tant que je vivrai , je veillerai à ce que la croix du » Seigneur soit respectée dans sa représentation la » plus fortuite. C'est peut-être une dévotion puérile, )) mais elle a pour moi un tel attrait que je ne saurais n y renoncer * . »

Notre chère sainte cultivait trois romarins dans son petit jardin. Elle les avait taillés de façon à les faire croître en forme de croix; ils prospéraient, étaient couverts de verdure et de fleurs. Rose donna l'une do ces plantes à son confesseur; la vice-reine dû Pérou

* BoUand., L c, eh. xx, p. 954 etsuiv. — Gonzalez, ch. xy, p. 55. — Ott, ch. XX, p. 150 et suiv.

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