‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 15 sur 244 · CHAPITRE DEUXIÈME. t · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME. t

des AymdraS) établie auprès de ce même lac Titicaca et la plus anci^nement policée de rÂmérit]ue mérididuale.

Les récits iadigènes fixent l'arrivée des enfants du soleil à quatre siècles avant la conquête espagtioie} cependant ils ne comptent que douze souverains dans cet ititervalie, ce qui donnerait à chaque règne une durée moyenne d'Un peu plus de trente-trois ans.

Quoi qu'il en sbit^ Manco-Capac, comprenant que, pour consolider son œuvre, il fallait grouper les tribus jadis errantes autour d'un centre commun, fonda la ville de Cùzco, qui devint là capitale du nouvel em* pire. Cet empire naissant embrassa d'abord un espace de huit à dix lieues carrées seulement^ mais il prit prmnptement de plus vastes pi*opdrtions , et au temps de l'arrivée des Européens il englobait un immense territoire.

Lorsque i'Inca eut pourvu aux. choses dB première nécessité, il s'occupa à donner atix Péruviens des institutions propreis à perpétuer parmi eux la dvilisation qu'il leur apportait: il créa une administraUon, fonda «me hiérarchie ^ publia des Ibis, déterinina les devoirs ées sujets entre eux et vis-à-vis de leurs chefs, et disdplina si habilement lès indigènes qu'un ordre de choses régulier succéda bientôt à l'anarchie de l'état sauvage;

Manco^Gapac paria toujours aux Indiens au nom du soleil son père, et trouva en eux une docilité absolue. Le système de gouvernement qu'il établit avait pouk* seule base les erbyances religieuse ; eli^ dëvinrebl

le pivot unique de rorganisation sociale des Péruviens. — L'historien Robertson présente à ce sujet de trèsjudicieuses observations. — « L'Inca, dit-il, n'était pas seulement un législateur, mais un envoyé du ciel; par conséquent, on ne pouvait pas considérer ses préceptes comme de simples ordres venant d*un supérieur, c'étaient des oracles sortis de la bouche d'un être divin. Il déclara sa famille sacrée, y établit a perpétuité le sacerdoce, et pour la mettre à jamais à l'abri de tout mélange avec un sang moins pur, il statua que ses rejetons épouseraient leurs propres sœurs ou, à défaut de sœurs, leurs plus proches parentes et qu'ils ne monteraient sur le trône qu'après avoir prouvé leur descendance des seuls enfants du soleil. Cette disposition constitua le titre des Incas, le peuple les considéra comme des personnes divines. Il les croyait placés sous la protection immédiate du soleil, leur auteur, et considérait toutes les volontés du souverain régnant comme l'expression de celles de son ancêtre céleste. Il en résulta que l'autorité de Tlnca était, dans toute la force du terme, absolue et illimitée. Lorsqu'un gouvernement est établi sur la base d'un commerce avec le ciel, et que les décrets d'un prince sont envisagés comme des commandements de Dieu, s'y opposer n'est plus un simple acte de révolte, c'est un acte d'impiété; l'obéissance, le respect le plus aveugle deviennent dès lors des devoirs de religion auxquels on ne saurait se soustraire sans commettre un sacrilège. De là cette soumission absolue des Péruviens envers Manco-Capac et ses descendants; les plus élevés et

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