‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 161 sur 244 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

prend que son Fiancé céleste ne veut pas qu'elle entre dans la maison de Tlncarnation , et qu'il a d'autres desseins sur elle. Elle promet à la statue miraculeuse de retourner à la demeure paternelle dès qu'elle pourra se relever, et d'y vivre désormais comme dans un couvent. Au même moment, elle voit les images de l'Enfant divin et de la Mère immaculée s'animer et fixer sur elle le regard le plus doux et le plus aimable; la vie et le mouvement rentrent dans ses membres. Elle se relève, revient promptement chez sa mère, et lui rend un compte fidèle de ce qui vient de lui arriver *.

Un autre signe encore fit comprendre à Rose qu'elle devait marcher en toutes choses sur les traces de sainte Catherine de Sienne, et la confirma dans sa résolution. Bientôt après l'événement que nous venons de raconter, elle se vit entourée, dans sa cellule, d'un essaim de papillons aux nustnces éclatantes et variées; l'un d'eux, noir, rayé de blanc, se dirigea vers elle et voltigea lentement autour de sa tète. Rose fut aussitôt ravie en extase; et, éclairée d'une lumière surnaturelle, elle reconnut qu'elle devait prendre l'habit du tiers ordre de Saint-Dominique, dont le mystérieux papillon était le symbole. Ce vêtement se compose d'une robe, d'un scapulaire et d'un capuce blancs, accompagnés d'un voile et d'un manteau noirs ^.

Notre sainte parvint enfin au but de ses désirs. Ses

* Bolland., /. c, cb. m, p. 908. — Gonzalez, op. c, cb. m, p. 8. — Ott, op. €., cb. in, p. 29.

» ïbid.

an SAINTE ROSE DE LIMA.

parents l'autorisèrent à entrer dans le tiers ordre* Elle en prit l'habit à la fête de saint Laurent, en 4606 , — étant âgée de vingt ans, — dans la chapelle du Rosaire, à la place même où elle avait été frappée d'immobi* lité. Son confesseur, qui était alors le père Alphonse Yelasquez, Ten revêtit K Cependant Rose eut encore une épreuve à subir à ce sujet.

Le receveur des domaines royaux , le pieux 6on«> lalve de la Massa, lui avait voué la plus haute estime* Croyant qu'il n'était passéant qu'une jeune et fervente religieuse restât dans une maison particulière, au sein de sa famille , il proposa de la doter et de la faire entrer an monastère des carmélites déchaussées. Marie de Flores, qui avait refusé la proposition de l'arche* vêque, accepta celle du sieur Gouzalve, qu'appuyaient d'ailleurs plusieurs ecclésiastiques de haut mérite. Rose éprouva un cruel embarras; elle ne doutait pas que le Seigneur ne voulût qu'elle restât dans le tiers ordre, et cependant son humilité s'e£frayait à la pen^ sée de soutenir seule un avis contre l'opinion de tant de personnes auxquelles elle devait respect et obéis* sance. Pour se tirer de peine, elle proposa de soumettre la question à la décision des quatre principaux théologiens de l'ordre de Saint-Dominique à Lima; puis elle remit le tout aux mains de son Fiancé céleste et demeura en paix. Les théologiens ne parvinrent pas à s'entendre , mais les raisons de ceux qui estimaient que Rose devait rester dans le tiers ordre

* BoUand., L c.,ch. ni, p. 9as. — Gonzalez, op. c, ch. in,

p. s. — Ott, op. Cn, ch. III, p. 29.

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