CHAPITRE TREIZIÈME. d
pianirent péremptoires à notre sainte ; elle y puisa le courage de dire à son protecteur Gonzalve de la Massa : c4 Le choix d'un ordre religieux n^ dépend pas de » nous y et ne peut jamais être motivé par des consi- » dératioDs humaines; c'est l'œuvre du Seigneur dont » nous devons suivre l'inspiration. Je ne me sens de » vocation que pour celui dont je suis devenue mem* » bre; je vous prie donc de me laisser vivre et mourir » sous son habit. Ce que je désire, c'est de marcher » sur les traces de sainte Catherine de Sienne ^ »
» Je suis sûre, ajouta-t-eile, qu'il y aura un jour un » couvent de dominicaines du tiers ordre à Lima, v quoique j'ignore si je suis destinée à le voir*. »
Enfin on laissa Rose tranquille et libre de suivre la voie à laquelle Dieu l'appelait. Mais aux tribulations extérieures succédèrent les peines intérieures. L'humilité de la pieuse vierge s'effraya de porter le même habit que sa séraphique maîtresse; elle s'en jugeait indigne. Ce qui augmentait son inquiétude, c'est que beaucoup de personnes pieuses la traitaient avec res* pect et parlaient d'elle sur le ton de l'éloge. Or, les louanges humaines avaient toujours inspiré à Rose une insurmontable répugnance^.
* Rolland., /. c, ch. in, p. 908. — Cronzalez, op, c, eh. m, p. 8. — Ott, (^. c, ch. m, p. 29.
* Alors déjà, sans doute, Rose avait eu une première et vague révélation à ce sujet, elle en eut plusieurs encore et traça enfin d'avance le plan du couvent, elle en nomma prophétiquement la fondatrice, la première supérieure et entra dans les détails les plus complets, nous le dirons en son lieu.
* Rolland., /. c, — Gonzalez, /. c. — Ott, /. c.
au SAINTE ROSE DE LIMA.
Dans son angoisse, elle alla se réfugier aux pieds de la statue vénérée de Notre-Dame du Rosaire. Plusieurs sœurs du tiers ordre se trouvaient également dans la chapelle. Elleâ observaient leur nouvelle compagne qui, parfaitement immobile, avait les yeux fixés sur la sainte image, et elles virent son visage, d'abord blanc comme la neige, puis très-coloré, devenir enfin radieux et lancer des étincelles ' . >
Quant à Rose, elle avait reconnu pendant son oraison que son tourment était une simple tentation. Elle se releva vivement et s'écria dans un joyeux transport: (( Courage, mes chères sœurs, remercions le Seigneur » qui daigne demeurer parmi nous et s'unir à nous par » les liens du parfait amour '. »
A partir de ce jour. Rose se vit affranchie du trouble, elle grandit de plus en plus en sainteté et s'appliqua avec une ardeur nouvelle à imiter les vertus de Catherine. C'est alors que son confesseur la vit plusieurs fois, à son grand étonnement, prendre tout à coup les traits et l'expression de cette sainte '•
Rose continua, presque jusqu'à la fin de sa vie, à subir tous les jours, plus ou moins longtemps, les tourments affreux de la désolation intérieure. Mais après ces terribles moments , le Seigneur se communiquait à elle avec un amour de plus en plus vif; La trouvant absolument vide des créatures et morte au monde, il traitait familièrement avec elle et habi-
* Bolland., L c, — Gonzalez, /. c. — Ott, /. c.
^Ihid.
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