‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 175 sur 244 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

dant quelques instants, incapable de répondre. Enfin elle retrouve la faculté de parler; prosternée dans la poussière, elte s'écrie : « Je suis votre servante, ô » Seigneur 1 Roi de gloire, je suis la dernière de vos » esclaves, je vous appartiens, je ne veux être qu'à » vous, je vous serai éternellement fidèle, et je désire » mourir pour vous*. » L'amour briMant qui la remplit, la claire vue de la condescendance infinie du Seigneur ne lui permettent pas d'en dire davantage. La Vierge Marie lui fait entendre à son tour ces mots : « ma Rose, tu vois et tu comprends la faveur que te » fait mon Fils ! »

L'extase de Rose se prolongea , et son céleste Époux — ajoutent les biographes*, — lui fit don à cette occasion d'une plénitude de grâces que la parole humaine est impuissante à exprimer.

Notre sainte se proposa de se fiaire faire une bague et de la porter comme anneau de mariage, afin de conserver toujours un souvenir matériel de l'immense faveur dont elle avait été l'objet. Elle chargea son frère Ferdinand de commander la bague, mais sans lui parler de l'événement miraculeux; car elle voulait que ce mystère demeurât enseveli au fond de son cœur*. Ferdinand prit la mesure du doigt de sa sœur, traça le dessin de la bague sur une feuille de papier,

^ Bolland., /. c, ch; x, p. 927 et suiv. — Gonzalez, eh. vm, p. 28 et suiv. — Ott, eh. x, p. 75 et suiv.

* Ihid.

^ Le secret de cette alliance céleste ne fut divulgué qa*après la mort de Rose.

et Rose le pria d*y faire graver une inseription. Le jeune homine resta un moment pensif , puis, comme éclairé soudainement d'une illumination intérieure , il saisit une plume et écrivit les mots : Ro^ be mou COEUR, SOIS MON ÉPOUSE. Notro saïute, stupéCaite de celte coïncidence, dans laquelle elle reconnaissait lin^ preuve nouvelle de Tamour de s(m céleste Époux , acquiesça d'ua joyeux signe de tête à la proposition de son frère.

Lorsque la bague fut pcéte, — c'était dans la mati^ née du jeudi saint, — Rose la porta à l'église des dominicains et pria le père sacristain de la déposer au tien où Ton gardait le très-saint sacrement, et de l'y laisser jusqu'au samedi suivant. Elle désirait ensevelir ainsi le gage de son amour dans le saint tombeau, pour exprimer à son Époux divin qu'elle voulait être à lui dans le temps et dans l'éternité. Durant la matinée du dimanche de Pâques, Marie de Flores et sa fille étaient toutes deux à genoux devant l'image de la chapelle du Rosaire ; tout à coup , Rose vit que l'anneau 6e trouvait à son doigt, sans qu'elle ni sa mère eussent aperçu la main qui l'y avait placé ^

Ajoutons ici, en devançant les années, qu'après la mort de Rose, son anneau, son cercle d'argent et quelques objets qui lui avaient appartenu devinrent la propriété de Marie de la Massa. Un pieux vieillard, grand serviteur de Dieu, vint voir cette dame et la pria de lui montrer la couronne et la bague de notre

* BoUand., /. «., ch. x, p, 927 et suîv. — Gonzalez, ch- vin, p. 28 et suiv. — Ott, eh. x, p. 75 et suiv.

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