CHAPITRE QUINZIÈME
sainte. Marie céda à ce désir; Téiranger kmcba d'abord la couronne; au moment même, il se sentit teflement pénétré des ardeurs de l'amour divin qu'il lui semblait goûter par avance les joîes éternelles ^ Lorsque vint le tour de l'anneau , il s'écria avec ù*ansport et comiifê hors de lui ^ : « Béni soit le Seigneur, » qui a opéré de si grandes choses dans Rose , sa ser^ » vante l Bénie soit la très-sainte Trinité, qui a placé » Rose à côté de son trône dans la gloire céleste ! »0 très-chère Rose, vous^tes l'élue du Seigneur, » voœ êtes l'épouse de l'agneau de Dieu, vous êtes » grande et glorieuse, vous brillez d'un incomparable «éclat au milieu de la troupe des bienheureux! » Tandis que ces paroles brûlantes s'échappaient des lèvres du visiteur, son corps devint complètement immobile; sa main droite, qui tenait la bague, était appuyée sur le bras d'un fauteuil et semblait couvertie en im bloc de marbre; il avait placé sa main gauche sur son oœor, pour essayer d'en contenir les battements, et ne pouvait plus l'en retirer; cependant il continuait à louer Dieu, à glorifier Rose, et de chaudes larmes coulaient le long de ses joues* La dame de la Massa , après avoir contemplé quelque temps cet attendrissant spectacle, appela son époux. Lorsque le receveur des domaines royaux entra , son ami , inea^ pable de se lever et de le saluer, continuait à épandier sa joie et s'écriait : a douceur qu'aucune parole
* Bolland. , /. c, eh. vu, p. 918. — Ott, eh. vu, p. i»6* ^BoUand*, /. c, ch. x, p, 929. — Gonzalez, ch. vin, p. 29. — Ott, ch. X, p. 81.
)) ne saurait rendre! ô feu divin qui pénétrez jusqu'à » la moelle de mes osl ô puissant lien d'amour, avec )) quelle force pleine de suavité tu enlaces les âmes' 1 » Gonzalve, presque effrayé de Tétat du saint homme, voulut lui reprendre la bague; il ne parvint qu'avec la plus grande peine à lui ouvrir la main; mais quand Tanneau ne fut plus en possession de l'étranger, son extase cessa, sa joie surnaturelle se dissipa, et la faculté de se mouvoir lui fut rendue ^.
Retournons à Rose. S% dévotion pour l'image de la chapelle du Rosaire prit un caractère encore plus profond après l'événement miraculeux raconté dans ce chapitre.
Toutes les fois que notre sainte avait à implorer une grâce pour elle-même ou pour le prochain, elle allait prier dans ce sanctuaire, et presque toujours elle était exaucée. L'épouse de Gonzalve, examinée après la mort de son amie, aQirma sous la foi du serment que souvent elle en voyait revenir Rose le visage illuminé de l'expression d'un ineffable bonheur, et qu'alors elle ne pouvait s'empêcher de lui dire : « Aujourd'hui » encore, vous avez été comblée de célestes faveurs. » A quoi la sainte ne manquait pas de répondre avec une profonde humilité : « En effet, l'auguste Reine » du ciel est pleine de condescendance envers la plus » misérable des créatures*. »
* Bolland., /. c, ch. x, p. 929. — Gonzalez, ch. viii, p. 29. — Ott, ch. x,p. 81.
* Ibid.
» Bolland., /. c, eh. xix, p. 951, 952. — Ott, ch. xix, p. 143, 147.