‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 183 sur 244 · CHAPITRE SEIZIÈME. ^ 36a · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME. ^ 36a

s'entendit avec l'étranger et convînt d'un prix avec lui. Rose ayant paru, Yenegas lui répéta ce qu'il avait dit à sa mère et lui demanda quand l'ouvrage serait prêt et ce qu'il coûterait. La sainte, après l'avoir écouté, leva les yeux au ciel, et, éclairée intérieure* ment, elle s'écria ' : « ! bon Jésus, que votre patience ))est grande! » Puis, s'adressant au jeune homme, elle ajouta : « Excusez ma franchise, vous avez une in- N tention différente que celle que vous manifestez. Par » condescendance pour vous, je ne dirai pas ce que je »sais, rentrez en vous-même et repentez- vous. Tout wce qui nous éloigne de Dieu, tout ce qui satisfait le » chair, tue l'âme. Votre situation est pleine de périls, iè écartez les pensées mondaines dont vous êtes assailli ! » Marchez dorénavant dans la voie des commandements M du Seigneur, autrement vous périrez. Quelque peine ))que vous vous donniez pour celer vos mauvaises » desseins, vous n'en saurie; dérober la connaissance » à Jésus. »

Frappé de ce discours, auquel il avait été loin de s'attendre, Yenegas rougit, baissa les yeux, et après quelques moments de lutte intérieure, il dit d'une voix émue * : « L'esprit de Dieu me parle par votre » bouche. Rose de Flores, je le reconnais; car seul il » a pu vous découvrir ce qui se passait en moil Désor- » mais je me conformerai à ce que vous venez de me » dire, et j'aimerai de tout mon cœur le Seigneur qui

* Bolland., l. c, ch. xxii,p. 960 etsuiv. — Gonzalez, op. c, ch. XVI, p. 60 et suîv. — Ott, ch. xxii, p. 168 et suiv.

)) s'est servi de vous pour m'appeler à une meilleure » vie. Mais ne me refusez pas la grâce que je sollicite » de votre charité, priez pour moi afin que je demeure » fidèle aux projets que je forme en ce moment. » Rose le lui promit, etVenegas s'éloigna plein de reconnaissance. Il devint un homme nouveau, un fervent chrétien de la conduite la plus exemplaire.

Marie de Mesta, compagne d'enfance de la sainte, et épouse du peintre Medoro Angelini, était excessivement irascible, la moindre contrariété lui causait de violents emportements ; elle jetait alors des cris affreux, cassait ce qui lui tombait sous la main et paraissait hors de sens. Quand les accès étaient passés, Marie de Mesta pleurait, se désolait, se repentait, mais à la première occasion la mauvaise habitude reprenait le dessus. Un jour, elle alla trouver notre sainte dans sa cellule. La chère Rose dirigea adroitement la conversation sur les avantages d^la douceur et de la patience et donna à la femme du peintre d'excellents conseils pratiques touchant la manière d'exercer ces aimables vertus. En quittant Rose, Marie de Mesta était radicalement changée; loin de retomber jamais dans son ancien défaut, elle devint un modèle d'affabilité, au point de désirer les contrariétés afin de ne jamais manquer d'occasions d'exercer la vertu qu'elle devait aux conseils et aux prières de son amie '.

Un prêtre de Lima s'était adonné, dès sa première jeunesse, à l'habitude de fumer; il ne quittait jamais,

' BoUand., /. r., eh. xvi, p. 60 etsuîv. — Gonzalez, op. c, ch. XVI, p. 60 et suiv. — OU, ch. xxir, p. f68 et suiv.

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