‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 185 sur 244 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

CHAPITBE DIX-SEPTIÈME.

Esprit pr(^hëtiqiie de Rose. — Prédictions relatives à la fondation du couvent de Sainte-Catherine à Lima. — Culte de cette sainte.

Depuis plusieurs années la ville de Lima était en instance auprès de la cour d*Espagne, à l'effet d'obtenir un décret autorisant rétablissement dans la capitale du Pérou d'un couvent de dominicaines, placé sous l'invocation de sainte Catherine de Sienne. Le décret n'arrivait pas; d'insurmontables difficuFtés semblaient s'opposer à l'exécution de ce projet.

Toutefois, dès l'an 1612, Rose aflSrmait que le monastère en question serait bâti un jour, et telle était sa confiance à ce sujet qu'elle disait que, si l'autorisation du roi arrivait de son vivant, elle se chargeait seule, s'il le fallait, de la construction du nouvel édifice '.

Sa mère, l'entendant émettre cette pen§ée en présence de quelques amies, s'en impatienta et lui dit d'un ton brusque : « Taisez-vous, Rose^ vous n'avez )) pas le sens commun; où prendriez vous l'argent pour » fonder un couvent, avez-vous quelques centaines de » mille livres à votre disposition ? — En effet , ma chère » mère, répondit la sainte, si je ne comptais que sur » des moyens humains la chose serait impossible, mais >) Celui sur lequel je m'appuie dispose de tout, quicon- » que place son espoir en lui n'est jamais trompé*. »

La confiance de Rose, ou plutôt la certitude qu'elle

* Bolland., /. c, ch. xxiv, p. 969. — Gonzalez, eh. xviii, p. 67. — Ott, ch. XXIV, p. 192.

lémoignaity reposait sur une base inébranlable , elle avait eu à ce sujet plusieurs révélations; douée de rintelligence des choses saintes et éclairée par Tesprit d'en haut, elle en avait saisi le sens mystérieux.

Les biographes et la bulle de canonisation font à ce sujet le récit qui suit ' :

(( Rose cueillait un jour des fleurs dans son jardin. Après en avoir rassemblé une grande quanti té, elle leva les yeux au ciel , et intérieurement poussée , elle commença à lancer dans les airs, rose après rose, comme pour en faire à Dieu une offrande d'agréable odeur. Son frère Ferdinand, étant arrivé sur ces entrefaites., assista pendant quelques instants, sans rien dire, à l'exercice auquel se livrait sa sœur, puis il lui demanda ce qu'elle prétendait faire. « Mais vous le voyez,» répondit Rose en souriant, sans cesser de lancer ses fleurs. Ferdinand, croyant qu'il s'agissait d'un simple jeu, répliqua : « Permettez-moi de jeter aussi quelques roses en l'air, à qui arrivera le plus haut. Notre sainte le laissa faire, mais les roses de Ferdinand retombèrent toutes à terre; celles de sa sœur demeurèrent suspendues dans les airs, de manière à y former une croix d'une merveilleuse beauté. »

Ferdinand de Flores, stupéfait, ne comprit pas ce que signifiait ce miracle; Rose au contraire en eut la par* faite intelligence, et lorsque plus tard son confesseur la questionna à ce sujet, elle lui répondit : u Les » roses étaient le symbole des vierges qui vivront

* Bolland.^ /. c, ch. xxv, p. 970 et suiv. — Gonzalez, ch. XVIII, p. 68 et suiv. — Ott, ch. xxv, p. 193 et suiv.

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